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Bericht über das Deutsch-Kamerunische Film-Koproduktionsforum

Bericht (auf französisch) von Jean Ndoumbe über das deutsch-kamerunische Forum zum Thema Film Koproduktionen, organisiert vom Goethe Institut in Jaunde, 3.-4. Juni 2009. Deutsche und Kamerunische Filmemacher/innen und Produzent/innen kamen zusammen, um ihre Filmprojekte zu berichten und über Möglichkeiten der Kooperation und Ko-Produktion zu diskutieren. AfricAvenir präsentierte ein Filmprojekt über "Hitlers Afrikapläne", gemeinsam mit Bettina Ehrhardt.

 

Rapport du forum de coproduction germano-camerounaise

Du Mercredi 03 au Jeudi 04 Juin 2009, l’institut Goethe de Yaoundé a organisé un Forum de coproduction entre les producteurs Allemands et les producteurs Camerounais. Les deux camps devaient échanger leurs expériences, présenter leurs projets et voir les possibilités d’une éventuelle coproduction. La Fondation AfricAvenir était représentée par un projet de film sur les ambitions de Hitler en Afrique.

L’ouverture du forum a lieu à 11h28. Marc-André Schmatel, employé à l’Institut prend la parole et donne le mot de Bienvenue. Ensuite commencent les présentations des structures nationales qui oeuvrent dans la production audiovisuelle et cinématographique.

Le Ministère de la Culture du Cameroun (en abrégé Mincult), crée en 1992, était représenté par le chargé de la cinématographie, le directeur Wang Sonné. Celui-ci présente les différents départements du Mincult, entre autres, les archives, la technique, les arts, la cinématographie. Concernant le 7ème Art, il soulève que le ministère dispose d’un budget de soutien aux artistes de 1 milliard de francs CFA. Le Mincult a comme projets la création de la carte d’artiste, la création d’un répertoire des films Camerounais, et la légalisation des vidéoclubs (Très petites salles de cinéma situées dans les quartiers, libres de toute diffusion). Cependant, le Mincult aimerait cette fois-ci avoir un œil sur la qualité de films diffusés dans ces petites maisons.

Son exposé entraîne la réaction du Réalisateur/Producteur Eloi Bela Ndzana, qui explique que le Cinéma est un art complet qui intègre les autres, cependant il est le plus mal traité, même dans le partage de ce budget d’un milliard. Il ajoute aussi que les procédures pour obtenir l’autorisation et tourner un film sont très longues, et tous les réalisateurs quels que soient leur lieu de provenance, doivent venir à Yaoundé, au siège du ministère. Il serait mieux si les délégations des différentes régions avaient ce même pouvoir, ce qui faciliterait la tâche du Ministère. La conséquence de cette centralisation est que plusieurs films documentaires sont tournés au Cameroun sans que le Ministère ne soit au courant. Cyrille Masso, Réalisateur et Producteur Camerounais, fait comprendre au public tout entier qu’il aimerait qu’il existe un accord de coproduction entre le Cameroun et l’Allemagne, comme c’est le cas avec la France depuis 1993.

La CRTV (Cameroon Radio and Télévision) fait son entrée au travers de la chargée des programmes, la directrice Margaret Fombe Fube. Elle informe l’audience que les premières images de la télévision nationale ont été diffusées en 1985, et que la création de la CTV (Cameroon Télévision) s’est faite en 1986, et le 17 Décembre 1987, la CTV devient la CRTV. Elle continue par la présentation des départements et des ressources de la Télévision. L’on retient que cette télé possède 6 bancs de montages, 32 Cameras, et emploie entre autre 40 réalisateurs, 24 preneurs de son et 20 Cameramen. L’on apprend également que la CRTV entre souvent en coproduction avec des organismes internationaux comme CIRTEF ou la Francophonie. Son budget : 17 milliards CFA. A la question qui lui est posée par un participant sur la somme réservée pour l’achat des productions camerounaises, elle répond en disant tout simplement que seul 17 millions sont mis à l’écart pour la production, ce qui surprend plus d’une personne.

Lambert Ndzana, producteur indépendant Camerounais, ancien président de l’APIC (Association des Producteurs Indépendants Camerounais) prend la parole et soulève les problèmes de la production au Cameroun ; il dit que nous avons de bonnes cameras, mais la qualité du son n’est pas au top, vu le manque de matériels adéquats. Il ajoute que très peu de producteurs fonctionnent avec des contrats écrits, ce qui pose très souvent de sérieux problèmes, et que la plupart des documentaires tournés au Cameroun ne sont pas bien élaborés, parce que les structures d’Etat ne consacrent pas le temps qu’il faut pour la recherche.

Ensuite, Bärbel Mauch, Coproductrice de « Le Malentendu Colonial » et membre de L’Association des Producteurs de Documentaires Allemands, en abrégé AGDOK (Arbeitsgemeinschaft Dokumentarfilm) souhaite la Bienvenue au Prince Kum’a Ndumbe III, à l’acteur Gérard Essomba, puis au reste du public. Elle fait comprendre à tous que les producteurs Camerounais ne doivent pas penser que la présence de leurs homologues allemands signifie l’arrivée de l’argent pour la production des films camerounais ; il s’agit d’échanger les idées et rendre possible le rêve commun.

La journée continue par la présentation des projets Allemands. Tour à tour, chaque producteur présente son projet et répond aux éventuelles questions du public concernant son dit projet. Sophie Haus, Assistant réalisatrice, a ouvert le bal avec « Climate Keepers », un film qui sera filmé au Cameroun et dans le Bassin du Congo. Elle affirme que la partie Congolaise a déjà été tournée et qu’il est maintenant temps qu’on filme au Cameroun.

A ce propos, elle est à la recherche des ONG qui oeuvrent sur la protection du climat. Le film mettra 90 minutes, ou alors il sera divisé en deux parties de 45 minutes. Bern Bernhardt, à son tour, a présenté un projet de film sur l’apologie de l’Ouganda. Il aimerait au travers de son film, montrer une image bonne et attrayante de l’Ouganda, afin d’essayer d’effacer la mauvaise image que l’opinion a de ce pays. Il soulève qu’il a remarqué que malgré une forte présence des organisations internationales, les Ougandais préfèrent œuvrer d’eux-mêmes.

Bettina  Ehrhardt de son côté, voudrait réaliser une série de 4 documentaires sur les plans des Nazis et leur politique concernant l’Afrique. Montrer ce que l’Afrique serait devenue si Hitler avait gagné la guerre, en Afrique du Nord, en Afrique au sud du Sahara, en Afrique australe et en Afrique du sud. Et faire parler les Africains sur cette période de la Deuxième Guerre Mondiale, déterminante par la suite pour les indépendances. Pour réaliser un tel projet, elle travaille avec les recherches du Prince Kum’a Ndumbe III, co-auteur et narrateur de ce film. Le quotidien camerounais Mutations, dans son numéro 2417 du vendredi 05 Juin a publié une interview faite par le journaliste Parfait Tabapsi à Bettina Ehrhardt.

Prenons enfin le cas de la Réalisatrice Germano-ghanéenne Mo Asumang. Cette femme a présenté au public son film Roots Germania, qui est une histoire vraie, vécue par elle-même. Tout commence quand elle reçoit des menaces de mort publiques de la part d’un groupe de Rock Nazi. Ce groupe avait sorti un titre dans lequel il chantait « Asumang, cette balle est la tienne… ». C’est alors qu’elle décide d’aller au fond du problème. Elle est de père ghanéen et de mère allemande.

En Allemagne, le groupe raciste la persécute et lui fait comprendre qu’elle n’est pas chez elle, que « l’Allemagne, c’est pour les Allemands ». Puisqu’on dit d’elle qu’elle n’est pas une Allemande, elle va donc aller au Ghana, à la quête de son identité. Ici, elle est accueillie par tous ; la famille, les amis, l’entourage. On lui fait comprendre ici que la famille n’a pas le même sens qu’en Europe ; en Afrique, la famille est très élargie. Lorsque l’enfant est dans le ventre, il est l’enfant de sa mère, mais lorsqu’il naît, il devient l’enfant de tout le monde. Asumang est heureuse de voir son nom donné à un bar, ce qu’elle ne pouvait imaginer en Allemagne. Elle explore la spiritualité de son village en allant rencontrer les chefs des villages et en assistant aux rites traditionnels. De retour en Allemagne, elle recherche ses racines germaniques profondes, avec les rites anciens.

En plus, elle décide de rencontrer le chef de ce groupe de Rock raciste. Elle arrive en  son absence, et l’attend en vain pendant plusieurs heures. Peut-être se cachait-il ? Peut-être était–il mort ? Elle n’en savait rien. Les membres de son groupe ne lui ont donné aucune information. Plus tard, elle participe aux marches sur l’égalité des races, avec d’autres expatriés et Allemands blancs. Pour elle, l’Allemagne n’est pas un Etat raciste, mais un Etat multicolore. Plusieurs autres projets de films seront présentés côté allemand.

Les Camerounais prennent ensuite le micro pour faire la présentation de leurs projets de film. Ces présentations clôturent la première journée et amorcent la deuxième. Le premier jour, les Réalisateurs Isidore Modjo et Tchogmo Joseph présentent respectivement des projets de films sur les Bayam Sellam et les Chargeurs.

Le Prince Kum’a Ndumbe III, voyant que ces deux sujets parlaient du secteur informel, secteur sur lequel travaille la Fondation AfricAvenir depuis plusieurs années, se lève et manifeste un désir de collaboration avec ces deux auteurs. Il leur présente aussi le court métrage « Moi, Fanny, Callboxeuse », produit par la Fondation AfricAvenir.

L’acteur-Réalisateur Alphonse Beni, autrefois visible dans les films Occidentaux et Asiatiques, a présenté le projet du film « METCHE » ; il s’agit d’une danse Camerounaise qui a lieu une seule fois tous les dix ans. La préparation commence à 20 ans et il faut en avoir au moins 60 ans pour la danser. L’on a aussi écouté les projets de Cyrille Masso, Kisito Mvondo, Sophia Mempuh, Eloi Bela Ndzana, etc.

Au milieu de l’Après-midi, on écoutait les réactions des participants sur le Workshop. Tout le monde était content de cette rencontre. Bettina Haasen, Réalisatrice de Hôtel Sahara, déclare que ce forum n’aurait pas été appelé un forum de Coproduction Germano-Camerounaise. Il s’agissait plutôt d’un forum d’échanges.

Bärbel Mauch propose aux Camerounais de faire des films aussi sur les réalités en Allemagne, comme eux ils le font en Afrique. Cela permettra aux Allemands de découvrir une autre vision de leur territoire. Une participante Camerounaise lève le doigt et propose aux Allemands de les aider en donnant les thèmes qui plairaient au public allemand. Bettina Ehrhardt réplique en disant qu’il ne faut pas faire pour plaire à l’autre, il faut dire ce qu’on pense de la manière dont on le décide.

Après cette étape, toute l’équipe se dirige dans les studios de la CRTV, pour une visite guidée. Ici, on voit la maquette de cette haute bâtisse allemande, puis on entre dans les différents studios d’enregistrement, les salles de montage, la documentation. Une fois la visite terminée, l’équipe rentre à l’Institut Goethe pour dialoguer avec un avocat sur les questions de droits à l’image. Ici, l’Avocat explique qu’il est nécessaire que tous les participants à un projet (acteur, réalisateur, producteur) signent un contrat, et que seul le contrat écrit est valable aux yeux des tribunaux.  

Le Forum a été un grand moment de rencontre et d’échanges. Il a permis même aux créateurs camerounais de se rencontrer et échanger. Pour un Camerounais, il est avantageux de bâtir un projet avec un Allemand, ceci facilitera l’obtention des financements du côté de l’hexagone. Cependant comprenons qu’il est dangereux de créer pour plaire et obtenir le financement pour produire. Ceci serait une autre forme d’esclavage, et la coopération au sens propre du terme n’existera pas. Dans ce monde qui est devenu un grand village, il est important que la coopération ait lieu dans d’autres domaines de la connaissance, une coopération qui permettra de véritables échanges entre les cultures et les peuples, une coopération qui permettra de bâtir ensemble un monde meilleur.

Jean Ndoumbe
Chargé des projections

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