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Le Colonialisme condamné comme crime contre l’humanité par un Tribunal Spécial à Berlin

Le tribunal du 125 è anniversaire de la conférence africaine de Berlin sur le partage de l’Afrique exige des réparations

Berlin 27. 2. 2010

Un tribunal historique a été organisé  par le Conseil Africain de Berlin-Brandebourg en collaboration  avec la section allemande du Congrès Mondial Africain, ce en présence du Professeur Kapet de Bana, coordinateur international du Conseil Mondial  de la Diaspora Panafricaine, agissant à titre de plaignant au tribunal.

Plus de 300 participants prirent part à ce tribunal, de même que des experts et témoins tant allemands qu’étrangers. La Secrétaire d’Etat en charge du Travail et de l’Intégration au Sénat  de Berlin, Mme Liebich, a adressé à cette occasion un court message de bienvenue.

Des Africains et des personnes d’origine africaine issus des quatre coins du monde se sont rencontrés les 25 et 26 février (2010) à Berlin, afin de mener une réflexion critique sur la conférence africaine de Berlin durant laquelle les Européens se partagèrent le gâteau africain. Selon le verdict du tribunal, le partage arbitraire de l’Afrique il y a 125 ans par les puissances européennes sans prise en considération aucune des lois, de la culture, de la souveraineté et des institutions africaines est un crime contre l’humanité. La balkanisation actuelle du continent africain en est la conséquence.

Dans son mot de bienvenue, la Secrétaire d’Etat Liebich  a déclaré : « Tout un continent ainsi que les hommes qui l’habitent furent humiliés ». Ceux qui ont assisté au tribunal venaient de la Mauritanie, de la République Démocratique du Congo, du Cameroun, de l’Erythrée, de l’Ethiopie, du Rwanda, de  la Tanzanie, de la Guinée Equatoriale, de la Namibie, du Bénin, de Haïti, de la Jamaïque,  du Canada, des USA, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Espagne, de la Suisse et de l’Allemagne.

Il ressort du verdict de ce tribunal que la Conférence Africaine de Berlin/Conférence du Congo de 1884/85 est un crime contre l’humanité. Selon le droit international, tout crime contre l’humanité est passible de punitions telles que les réparations et les restitutions. Et les crimes contre l’humanité ne sont pas prescriptibles. C’est la raison pour laquelle les Africains et les personnes d’origine africaine exigent réparation et restitution. Le tribunal reconnaît de ce fait le droit des Africains d’exiger des réparations.  Les participants à cette conférence du Congo ou les Etats poursuivis, se doivent sans restriction et sans condition de s’excuser pour ces crimes. La demande de réparation comprend entre autres le financement de la construction des monuments sur des sites historiques ; l’introduction de l’histoire africaine et des personnes d’origine africaine dans les curricula scolaires ; le soutien des Africains qui ont été déracinés de leurs pays et chassés de leurs lieux d’habitation ; la restitution des terres et autres ressources volées ; la reconnaissance du colonialisme et du crime colonial comme étant des crimes contre l’humanité ; la restitution des artefacts volés ; la mise à disposition des ressources pour la recherche et la documentation en vue de la réhabilitation de l’histoire africaine, de l’appréciation du colonialisme et de ses conséquences. Le tribunal désigne en l’occurrence Haïti et exhorte la France à rembourser les réparations  que Haïti lui a payées afin d’être reconnu internationalement en tant qu’Etat souverain. La France est également exhortée à payer des réparations pour la mise en esclavage des Africains.

Le tribunal exige par ailleurs la mise en application immédiate de la Déclaration de Durban et de son programme d’action. L’ONU est aussi appelée à allouer des moyens pour Durban +10 et à créer un forum permanent pour les personnes d’origine africaine, tel le forum des peuples indigènes.

Comme plan d’action, le tribunal adopte une demande formelle à adresser aux Nations Unies et aux Etats membres afin d’identifier les criminels et d’exiger des réparations. Plus loin, le tribunal exige la reconnaissance de la forme spécifique du racisme contre les Noirs ainsi que l’évaluation de son étendue et l’interdiction de nier et de légitimer le colonialisme et ses horreurs, l’esclavage ou le commerce des esclaves.

Pour plus d’amples informations, n’hésitez pas à contacter M. Yonas Endrias, Secrétaire Général du Conseil Africain « Afrika-Rat » et coordinateur du tribunal.
E-Mail: contact(at)tribunal-afrikakonferenz.org

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