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Prince Kum'a Ndumbe III: Le contexte historique dans lequel arrive l’évangélisation à Cameroons Town (Douala)

kum'a ndumbe III

A l’occasion du Centenaire de l’Eglise primatiale St Jean de Deido à Douala et sur invitation de Mgr. Paul Nyaga, Recteur de l’Université Catholique St Jérôme de Douala, le Prince Kum’a Ndumbe III, professeur des universités, a prononcé le 3 janvier 2014 un discours très applaudi sur « Le contexte historique dans lequel arrive l’évangélisation à Cameroons Town (Douala) », en présence de Son Eminence le Cardinal Christian Tumi, de l’Archevêque Métropolitian de Douala Mgr Samuel Kleda et de plusieurs invités.

I- L’évangélisation du Cameroun commence seulement après l’abolition de l’esclavage
Une question fondamentale sur l’arrivée de l’Evangile de Jésus Christ au Cameroun demeure, et les chercheurs devraient s’atteler à nous apporter une réponse : pourquoi l’Evangile de Jésus Christ n’arrive-t-il dans la région du Cameroun que 19 siècles après la naissance de Jésus, pendant qu’en Ethiopie naîtra la plus ancienne église chrétienne après celle de Jérusalem, un pays africain où le Christianisme sera déclaré religion d’Etat déjà en l’an 330?
Que s’est-il passé entre l’an 1 et 1452, donc pendant la période avant l’esclavage transatlantique pour que le message de Jésus Christ n’arrive pas dans notre région du Cameroun ?

Pour la période de la traite négrière, la bulle papale du Pape Nicolas V « Divino Amore Communiti »  du 18 juin 1452 légalisait le commerce des esclaves, le Pape Grégoire Ier  lui-même avait quelques centaines d’esclaves, la bulle papale d’Alexandre IV, « Inter Coetera »  du 4 mai 1493  légalisait le colonialisme, et le Vatican n’abolit l’esclavage qu’en 1838. Dans ce contexte, où un auteur blanc pouvait sans problèmes intituler le chapitre d’un de ses livres publié en 1900, donc il y a seulement 113 ans, ainsi : « preuves bibliques et scientifiques de ce que le Noir n’appartient pas à la famille humaine » , une évangélisation en Afrique ou au Cameroun par des Européens n’aurait pas pu être programmée.

Ce n’est qu’avec l’abolition de l’esclavage en 1833 (GB), 1848 (France), 1865 (USA) qu’il sera possible à notre pays d’accueillir ses propres fils ayant traversé le calvaire de l’esclavage aux Amériques, mais libérés grâce à leur résistance, à la foi fervente et à la lumière de l’Evangile, pour apporter la « Bonne Nouvelle » au Cameroun.  

Les Noirs de Jamaïque, premiers missionnaires chrétiens du Cameroun
Le christianisme au Cameroun est un phénomène très récent, au vu de l’histoire générale du Christianisme depuis la naissance de Jésus-Christ il y a 2014 années car il aura fallu attendre le 6 novembre 1843 pour que les Noirs de Jamaïque, les missionnaires  Joseph Merrick, Prince et Alexander Fuller ne mouillent le port de Cameroons Town, Douala, pour apporter l’Evangile de Jésus-Christ chez nous. Il faut retenir que ce sont les Noirs ayant traversé le chemin de la croix de l’esclavage transatlantique, conscients de leur origine et appartenance africaine, et non pas les Blancs d’Europe, qui ont apporté en premier l’Evangile de Jésus-Christ au Cameroun. Ceci est souvent occulté dans nos mémoires car pour le chrétien camerounais, ce sont les Européens qui ont apporté l’Evangile de Jésus chez nous. Or, comment les choses se sont-elles enclenchées ?

« La mission (en Afrique) a ses origines dans l’esprit du peuple de la Jamaïque. La nuit même où la liberté fut proclamée sur cette île, la nuit où le cou fut brisé au joug, où les chaînes se cassèrent en morceaux, ils eurent recours à la maison de Dieu pour le bénir de cette liberté temporelle, et cette même nuit, ils résolurent que l’Afrique, la terre de leurs ancêtres, jouira des bénédictions de l’Evangile. » C’était en 1842, donc quarante deux ans avant la colonisation allemande et l’arrivée des missionnaires de la mission de Bâle.

En effet, le 1er août 1834, l’esclavage fut aboli dans tout l’Empire Britannique, donc aussi en Jamaïque. 4 ans plus tard, le 14 janvier 1938, Joseph Merrick se fait baptiser, le mois qui suit, le 16 février  1838, il est consacré au ministère pastoral à Jéricho au sein de la Baptist Missionary Society et 9 ans plus tard, le 6 novembre 1843, il débarque comme pionnier des missionnaires chrétiens au Cameroun.  Théologien, journaliste, imprimeur, sténographe et linguiste - il parlait le grec, l’hébreu, le latin, le français, l’anglais, l’espagnol, plus tard le duala- son objectif était précis :

« Le seul mot Afrique touche une fibre qui vibre dans le plus profond de mon être. Etant moi-même africain d’origine, je suis fier de cette parenté… Il m’est impossible de penser à ce pays (l’Afrique) sans sérieusement vouloir que l’Evangile qui contient la Bonne Nouvelle de grande joie, soit annoncée à travers ce continent, de long en large »

Les accords sur la liberté d’évangéliser au Cameroun depuis 1852
Merrick décède cependant le 22 octobre 1849, après une mission d’évangélisation d’à peine six ans, à Douala, Bonabéri et Bimbia. Le mécanicien et conducteur de bateau Alfred Saker devenu aide missionnaire jusqu’en 1848, rejoindra l’équipe des Jamaïcains noirs pour continuer l’œuvre d’évangélisation de Joseph Merrick. Trois ans après ce décès, deux traités du même contenu sur la protection des missionnaires, des chrétiens et le droit à la diffusion de l’Evangile seront signés par le consul anglais John Beecroft et le Roi Akwa (29 avril 1852) d’une part, et le Roi Bell (1er mai 1852) d’autre part.

« 8. Entière protection sera accordée aux missionnaires ou ministres de l’Evangile, de quelque nation que ce soit, accomplissant leur vocation de propagateur de la connaissance et des doctrines du christianisme, et répandant les bienfaits de la civilisation dans le territoire du roi et des chefs de Cameroun.
Ces missionnaires ou ministres seront encouragés dans la poursuite de leur activité, et dans la construction de bâtiments pour leur résidence, les écoles et les chapelles. Ils ne seront ni empêchés, ni molestés dans leurs efforts pour enseigner les doctrines chrétiennes à toutes personnes consentantes et désireuses d’être instruites. De même, aucun sujet du roi ou des chefs de Cameroun qui désireraient embrasser la foi chrétienne ne sera pour ce motif molesté ou troublé d’aucune manière. Le roi et les chefs de Cameroun acceptent en outre de mettre à part un terrain, à une distance convenable des principaux villages, pour servir de cimetière pour personnes chrétiennes. Les funérailles et sépultures des défunts ne devront être dérangées en aucune manière, sous aucun prétexte. »  C’était en 1852, donc trente deux ans avant la colonisation allemande.

La Native Baptist Church sera créé à Akwa en novembre 1849 par Tobbo Deido, Josué Dibundu, Adolphe Lotin Samé et Alfred Saker. A Hickory Town (Bonabéri), le roi Priso Bell (Mbap’a Bedi ba Doo) cédera du terrain aux Baptistes pour la construction d’une église en 1864, érigée sous l’impulsion du Noir de Jamaique J. Fuller, des missionnaires Joseph Dybol, Robert Smith et des anciens de l’église George Nkwe et Angwa.

Désaccords sur les coutumes camerounaises et représailles anglaises
Des malentendus et conflits issus de différentes pratiques spirituelles et religieuses conduiront à la signature d’autres traités entre les consuls anglais et les rois duala :

29 avril 1852 :
« 7. Le roi et les chefs de Cameroun déclarent qu’aucun être humain ne sera, en aucune occasion, sacrifié sur le territoire, pour cause de religion ou autres cérémonies, et qu’ils veulent empêcher les coutumes barbares consistant à massacrer les prisonniers de guerre »

D’autres conventions contre certaines coutumes et les sacrifices humains seront signés entre les consuls anglais et les rois duala, le 19 mai 1958 : « pour abolir la coutume de notre pays dite « makoko », sous réserve que les esclaves, sous le commandement de Yellow Akwa ainé et Yellow akwa cadet, renoncent à la coutume du pays, dite « manganga » le 8 juillet 1859 : « c'est-à-dire que tous les sacrifices humains, en vue d’un culte païen, ou de toutes autres cérémonies ou coutumes, seront à partir de ce jour, entièrement supprimés ou abolis. » 

ou encore le 13 décembre 1861 : « que la pratique du meurtre par représailles, ou en accord avec la coutume barbare et inhumaine du pays, ou quel qu’en soit le mobile, sera, à compter de ce jour abolie et cessera pour toujours. » 

Par ces conventions, nous constatons que les Anglais, depuis qu’ils ont aboli l’esclavage surtout à cause des indépendances successives de leur possessions coloniales en Amérique du nord (USA , 1776) et du sud, seront de plus en plus en position de force sur le territoire camerounais car leur menace est claire, autant pour stopper la vente des esclaves, pour influer sur la spiritualité des Camerounais par le christianisme que pour supprimer des coutumes qu’ils estiment barbares.

« King Bell fera une proclamation ou une loi interdisant à tous ses sujets ou personnes dépendant de lui de vendre un esclave, de transporter, ou d’aider, encourager ou assister à une telle vente, sous peine d’une sévère punition »  Mai 1841.

Ou encore : « Dans le cas où un tel meurtre serait commis, le chef du groupe ou du quartier qui a participé à ce meurtre, s’il est convaincu d’y avoir prêté la main, sera passible d’emprisonnement sur un des bateaux de Sa Majesté et d’être transféré à Fernando Poo. »  Décembre 1861

Cette faiblesse des Camerounais vis-à-vis des Anglais poussera les rois Bell et Akwa à demander sous conditions le transfert de leur souveraineté à la couronne britannique dès le 7 août 1879 pour King Akwa et le 8 mars 1881 pour King Bell.

II- Les institutions camerounaises après le commerce des esclaves et avant la colonisation allemande
Il serait judicieux de rappeler le contexte des institutions politiques et économiques de Cameroons Town lors de cette entrée de l’évangélisation chrétienne sur notre sol. King Bell était jusqu’en 1815 le seul souverain royal à Cameroons Town, débaptisé par les Allemands ville de Douala en 1901. A côté des rois Bell et Akwa, prendront leur autonomie au fur et à mesure les Deido au sein des Akwa et les gens de Hickory Town ou Bonabéri au sein des Bell. Structure unique, quatre rois règneront dans une seule ville. Celui dont la capitale n’est pas au bord du fleuve Cameroons ou Wouri et se retrouvera à l’intérieur du pays dépendra d’une façon ou d’une autre de celui qui est à Cameroons Town ou Hickory Town (Bonabéri). Les quatre rois ont donc leur territoire à l’intérieur, mais leur siège de capitale est au bord du fleuve Wouri. Jusqu’aujourd’hui, les territoires de l’intérieur en moins. A cause des grands enjeux économiques.

En effet, le commerce export-import, source principale de richesse à côté de l’agriculture et de la chasse est le monopole de ces quatre rois. Ils établiront quatre douanes, sur les rives de ce qu’on appelle aujourd’hui Bonanjo, Akwa, Deido et Bonabéri.

« 13. Tout bateau arrivant dans le fleuve pour y commercer payera au roi du quartier devant lequel il veut jeter l’ancre, ou à son représentant, la valeur de 10 krus d’origine par 100 tonnes de capacité du bateau … en outre, ledit roi ou représentant devra fournir audit bateau un magasin convenable, contre payement de 4 krus. »   La douane s’appelait Coumi ou Kumi à l’époque. En 1885, juste au début de la colonisation allemande, la douane rapporta à King Bell (Ndumb’a Lobe) 500 Kru camerounais, soit 10.000 Marks allemands, à King Akwa (Dika Mpondo) 300 Kru camerounais, soit 6.000 marks allemands, à King Lock Priso (Kum’a Mbape) 150 Kru, soit 3.000 Marks allemands, et à King Dido (Jim Ekwalla) 110 Kru, soit 2.200 Marks allemands. Cette douane rapporte toujours plus de 95% des recettes de toute la douane du Cameroun qui en 2012 a encaissé des recettes de 594 milliards de FCFA ….Ces rois rebaptisés chefs de canton par le système colonial et devenus auxiliaires de l’administration même après l’indépendance reçoivent de l’Etat camerounais en 2014 un salaire de 200.000 FCFA, salaire ainsi revu à la hausse en 2013 avec motion de soutien…

Comme nous le constatons, l’unité monétaire à Cameroons pour le commerce international s’appelait Kru, et 1 Kru camerounais valait 20 Marks du Reich allemand.

Le Kru était ainsi subdivisé :
1 Kru = 4 keg = 8 piggins = 16 bar = 20 Marks allemands

Avec 1 kru camerounais ou 20 Mark allemands, on pouvait en 1885 s’acheter 4 sacs de sel à 60,25 Kg, avec 1 bar, soit 1,25 Mark allemand, on pouvait acheter 1 poulet ou 1 bouteille de bière étrangère de Hambourg.

Pour le commerce local et avec l’intérieur du pays, l’unité monétaire était le Nbom avec une valeur de

1 Nbom = 12 bar

Les prix des biens au marché étaient strictement réglementés par écrit , en langue duala, et il existait un tribunal de commerce international géré en anglais et duala par une « Cour d’Equité » établie par la loi du 14 janvier 1856 . Avant la colonisation allemande, au moins 57 sociétés britanniques, 26 sociétés allemandes et 1 société franco-belge commerçaient à Douala, exportant en 1880 un total de 800.000.000 Kg d’huile de palme, 7.500 kg d’ivoire, 8.000 tonnes de noix de palmiste, etc.

III- La poursuite de l’évangélisation sous le drapeau colonial allemand
Les négociations pour le transfert de souveraineté en contrepartie d’une modernisation du Cameroun aboutiront au traité du 12 juillet 1884 entre les sociétés allemandes au nom du Reich allemand et les rois Bell, Akwa et Deido. Seul Lock Priso (Kum’a Mbape) refusera de signer, demandant par écrit qu’il préfère garder sa souveraineté et insistant qu’il refuse l’argent de corruption qui lui est proposé pour signer ce traité.  La première guerre entre Camerounais et un colonisateur s’en suivra de décembre 1884 en janvier 1885. Il sera obligé de signer un traité dicté le 13 janvier 1885 pour reconnaître la souveraineté allemande.

Parmi les restrictions imposées par les rois Bell, Akwa et Dido dans le traité, on note la garantie des Allemands qu’ils ne toucheront pas à nos terres, que la douane continuera à être payée aux rois et non pas à l’administration coloniale, et que les coutumes camerounaises continueront à être respectées, ne serait-ce que dans un premier temps. En parlant de coutume, on pensait aussi spiritualité et religion. Or toutes ces restrictions garanties par les Allemands dans le traité du 12 juillet 1884 voleront très rapidement en éclats, les Allemands vont toutes les ignorer et imposer une mainmise totale par une administration non pas de protectorat, mais de pur style colonial. Duala Manga Bell, Ngoso Din et tous ceux qui voudront se référer à ce traité paieront de leur vie. Lock Priso (Kum’a Mbape) qui a intronisé Duala Manga Bell est alors apparu comme celui qui a vu loin à temps, mais il était isolé au moment crucial. Le système colonial imprégné de racisme et de classification des êtres humains se définissait par une exploitation maximale de la colonie au profit de la métropole, par une extraversion de tous les secteurs de la vie. On travaille pour envoyer les richesses à l’extérieur, on est soi-même mauvais, sale et païen, tout ce qui est bien ne peut venir que de l’extérieur, donc de la métropole, y compris le salut divin. Même Dieu devient blanc, et Satan devient noir. « Mukala e bwan, mundo e bobe » Le Blanc est bon, le Noir est mauvais, méchant. Dit-on en duala.

Quand les Allemands prennent le pouvoir au Cameroun, les missionnaires baptistes britanniques refusent de rester, ils disent clairement que dans un contexte colonial, l’évangélisation doit suivre le drapeau national. Le Chancelier Bismarck, impliqué dans un „Kulturkampf“ (combat des cultures), conflit avec l’église catholique sous Pius IX, mais aussi en mal avec l’église protestante, ne trouvera un arrangement avec celle-ci qu’en 1887/1888. Il se tourne alors vers les protestants suisses pour prendre le relais au Cameroun devenu allemand en 1884, donc avant la fin du « Kulturkampf ». C’est ainsi que la mission de Bâle prend le relais des Baptistes anglais. Avant de quitter les affaires en 1890, Bismarck accorde en 1889 par le biais de son Ministère des Affaires Etrangères l’approbation pour que l’Eglise catholique s’investisse au Cameroun.

« Vous avez bien vu les garçons nègres qui de la Bavière, sont venus ici. Je me suis entretenu avec eux et j’étais surpris des progrès qu’ils ont réalisés. Nous voyons donc que ces nègres sont aptes à être éduqués. Oui, les nègres de nos colonies sont des hommes comme nous, à eux aussi Dieu a donné une âme immortelle pour laquelle le Christ a versé son sang. De ce fait, nous devons tout mettre en œuvre pour que la lumière de l’Evangile les éclaire. »  Voilà le résultat d’une rencontre entre les jeunes camerounais Kwa Mbangue et Timba avec le parlementaire catholique Ludwig Windthorst, adversaire acharné de Bismarck. Nous sommes donc des êtres humains. En 1888. Les Européens peuvent donc nous apporter l’Evangile.

Les Pallotins embarquent en 1890 pour le Cameroun. Un jeune Camerounais, Kwa Mbangué, envoyé en Allemagne, formé comme boulanger et premier baptisé catholique camerounais, recevant les prénoms Andreas Ludwig Johann Maria lors de la fête des Rois mages le 6 janvier 1889 à Eresing en Allemagne, rentrera au Cameroun le 6 juin 1891 et rejoindra les Pallotins à Marienberg pour l’évangélisation du Cameroun. Ici aussi, comme de Jamaïque, nos enfants rentrent d’Europe pour porter l’Evangile à leur peuple dès la première heure.
Le nouvelle structure politique, le colonialisme, venu d’un pays surtout protestant et catholique comme l’Allemagne, va déterminer l’administration, l’économie, le droit, l’art militaire, l’école, la spiritualité, l’église, en fonction des traditions historiques et des besoins de la métropole européenne, au nom de la civilisation et des bienfaits des pères bienfaiteurs aux enfants africains à éduquer et à emmener vers Dieu. Tout sera dorénavant tourné vers l’extérieur, les références, les repères économiques, juridiques, philosophiques et spirituels devront venir de la métropole européenne. L’extraversion deviendra une institution majeure et durable qui va gérer le Camerounais dans tous les aspects de sa vie quotidienne. Au lieu de concilier le Camerounais avec son terroir, son environnement, ses acquis scientifiques, sa culture, son histoire et sa spiritualité, il est plutôt appelé de manière durable à effacer les acquis de sa culture et de sa civilisation millénaires, d’en avoir honte, et d’embrasser sans esprit critique, pour ne pas dire de déifier tout ce qui vient de l’Europe et de l’extérieur.

Ce n’est pas seulement en économie, en droit ou en politique que nous nous sommes embourbés dans des chemins tracés par d’autres pour leurs peuples, mais aussi en religion et spiritualité, le Camerounais ou l’Africain cherche en 2014 comment se réconcilier avec lui-même tout en adaptant les acquis venus de l’extérieur. Voilà où réside le défi que nous, Africains, avons à relever en ce 21è siècle. Que chacun, dans son domaine, s’y attele.

Par le Prince Kum’a Ndumbe III, Professeur des Universités
www.africavenir.org, www.exchange-dialogue.com, fondation(at)africavenir.org

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