Prince Kum'a Ndumbe III.: L’Afrique bouge et tire la sonnette d’alarme - De la nécessité d’une solidarité entre les peuples

Prince kum'a ndumbe iii

En ce mois de mars 2011, l’Afrique bouge, les fondements anciens sont renversés, en Tunisie, en Egypte, au Soudan, en Libye, en Côte d’Ivoire, et les grondements au sud du Sahara s’annoncent en onde de choc. Personne ne peut plus faire comme si rien ne se passait, comme si rien n’était remis en question. Le Prince Kum'a Ndumbe III, Professeur des Universités, prend clairement position. (1)

Par le Prince Kum’a Ndumbe III, Professeur à l’Université de Yaoundé I, Président de la Fondation AfricAvenir International (www.africavenir.org; www.exchange-dialogue.com)

Dédié à la jeunesse sawa, camerounaise et africaine du Canada
Dédie à la jeunesse du Canada,  à la jeunesse de l’occident et à la jeunesse du monde

© Kum’a Ndumbe III et Editions AfricAvenir/Exchange & Dialogue

Di ma tese mboa su o tei tei, to e be nde nje, o nded’a Loba ! Ba mbambe pe ba ma dipa biso mikekele o miende ! To nja so nu ta nu dia a ma ko iyo, a tele miso mao, ombwe neni bolo bo ma nongo no bodu ! Esimo, esimo e !

Nous arriverons à bâtir notre pays avec équité, quelque soit le cas, par la grâce de Dieu ! Nos ancêtres nous encadrerons, Que celui qui dormait encore ouvre les yeux et regarde comment la pirogue s’est déjà lancé sur l’eau, pagayant vers  la rive de  la victoire !


I - Nos peuples sont déjà descendus dans les rues

Le 21è siècle est le siècle de l’Afrique. Cela a été annoncé depuis la fin du vingtième siècle par plusieurs personnalités, dont le Pape Jean XXIII ou Nelson Mandela. En ce mois de mars 2011, l’Afrique bouge, les fondements anciens sont renversés, en Tunisie, en Egypte, au Soudan, en Libye, en Côte d’Ivoire, et les grondements au sud du Sahara s’annoncent en onde de choc.

Personne ne peut plus faire comme si rien ne se passait, comme si rien n’était remis en question. Nous avons dit et écrit, depuis des décennies, que la marmite qui boue dans les pays africains dirigés par ceux que les occidentaux qualifient de « sages » va faire sauter le couvercle, inévitablement, avec fracas, pas pour un simple bruit ou glissement de façade, mais pour des changements fondamentaux.

Ces mouvements de changement sont là, les peuples réclament des dirigeants en lesquels ils se reconnaissent, en qui ils donnent ou retirent leurs mandats. Les peuples africains se lèvent et meurent pour mettre à la tête de leurs Etats modernes des leaders qui ne doivent leur pouvoir ni des puissances étrangères, ni des multinationales, ni de la « communauté internationale » d’où l’Afrique est exclue, mais qui parle de l’Afrique et veut décider sur elle à la place des Africains.

Les peuples africains érigent des barrages monstres, pour que l’étranger qui persiste à placer les dirigeants à la tête de nos Etats ne touche pas à nos fils, à nos filles que nos peuples ont reconnu comme leurs porte - paroles authentiques et légitimes. La bataille fait rage en Afrique, cette décennie connaîtra des secousses terribles, car ceux qui, depuis cinq siècles ont fait de l’Afrique leur plantation privée, leur chasse gardée de matières premières, de matières énergétiques, et leur dépotoir d’objets et machines non recyclés au nord, oui, ceux qui ont fait de nos pays les poubelles monnayées de leurs détritus, oui, tous ceux qui font des profits exorbitants dans leurs relations avec nos pays, eux avec leurs représentants locaux dont nombre de nos propres fils et filles, oui, personne ne voudra lâcher du lest.

Personne n’acceptera de perdre la moindre parcelle de pouvoir, le moindre avantage financier, économique, monétaire ou social. Or nos peuples sont déjà descendus dans les rues, et même là où ce n’est pas encore visible, perceptible, l’horloge marque des tic tac à chaque seconde, jusqu’au denier qui déclenchera l’explosion. On censurait les penseurs et écrivains qui prédisaient les grands chamboulements d’aujourd’hui, on les emprisonnait, les torturait, les faisait taire ou les éliminait, comme si c’est le prophète qui déclenche ce qu’il voit dans sa vision. Il est né pour dire ce qui viendra, même si cela indispose celui qui maintient les rênes du pouvoir. Il en a toujours été ainsi.

Nos richesses d’abord au service de nos populations !
 
En ce mois de mars 2011, les Africains en ont ras le bol de vivre la contradiction d’accepter d’être pauvres et démunis, de vivre comme d’éternels assistés de la dite « communauté internationale », de se voir traités comme d’éternels mendiants incapables de se prendre en charge, pendant que leurs pays respectifs regorgent d’immenses richesses à partir desquels les pays du Nord et leurs collaborateurs locaux construisent la suprématie de leur bien-être. Les Africains disent clairement ceci dans la rue, dans les taxis communs, sur les motos - taxis, dans les trains, dans les marchés, dans les entreprises, dans les écoles et universités :

« Ça suffit, les richesses que Dieu nous a données sur nos terres, dans nos sous-sols, dans nos mers et nos fleuves, nous voulons les utiliser pour nous-mêmes et pour nos enfants ». Puis, ils ajoutent : « nous ne partons chez aucun peuple lui prendre ce que Dieu lui a légué, que l’Occident et sa « communauté internationale » nous laissent tranquille. Nous voulons déterminer nous-mêmes nos formes de gouvernement, les structures de nos Etats, l’utilisation de nos ressources, nos amis et nos partenariats internationaux et comment nous voulons vivre heureux. Nous ne voulons plus être de mauvaises et pâles copies des autres. Aujourd’hui que nous disons notre ras le bol, nous voulons faire éclore nos génies, en toute liberté, nous pencher sur nos problèmes sans l’interférence des multiples conseillers techniques de la « communauté internationale ». Laissez-nous avec vos multiples agences de coopération  qui nous inventent les mots d’ordre, les directives, les guidelines, vos agences qui pointent nos points faibles qu’ils voudraient redresser. Oui, maintenant que nous sommes descendus dans les rues, nous demandons à l’Occident : depuis quand sommes-nous venus d’Afrique pour vous dire ce qui cloche chez vous ? Sommes-nous un jour venus vous dire de supprimer vos asiles de vieux, de partager la nourriture et le bonheur avec votre voisin que vous n’avez même jamais vu depuis toutes ces années qu’il habite-là, juste en face de vous ? »

Les Africains qui dorment à la belle étoile sur les places publiques pour dire leur mécontentement peuvent, aujourd’hui, remplir des bibliothèques entières avec leurs paroles. Ils remettent en cause les mots-clés même qui leur ont été offerts de l’extérieur pour assurer leur bonheur : « développement », « démocratie », « multipartisme », « décentralisation », « libéralisme économique », « capitalisme ».

Ils disent qu’ils ne peuvent pas être heureux avec les mots d’ordre des autres, qu’ils veulent inventer leurs propres termes et bâtir leur bonheur au 21è siècle à partir de ce qui jaillit de leur propre génie, à partir de ce qui fait battre leurs cœurs et qu’ils voudraient librement appliquer sur leur propre terre, sans interférence. Ils disent à la « communauté internationale » de cesser de vouloir être le maître-penseur de l’Afrique.

Tout le monde, dans nos pays, se surprend à demander : « comment les Occidentaux qui nous ont imposé des leaders depuis nos indépendances truquées, qui les ont courtisés, qui les ont soutenus de manière indéfectible, oui, comment eux qui ont régulièrement mangé sur la même table que nos cause - souffrances, leurs dictateurs protégés chez nous, comment dès que nous les chassons par notre colère de la rue, ces amis d’hier de la « communauté internationale » deviennent des malpropres dont les avoirs seraient à geler et le Tribunal Pénal International devrait recevoir ces nouveaux clients ? »

Ici chez nous, on murmure que ce tribunal a été crée pour tous ces petits-nègres et leurs négresses  qui ont commis des actes graves ou qui ont dit non au diktat de l’Occident. Tu es Américain ou Européen, alors, tu peux bombarder toute l’humanité avec les armes les plus sophistiquées, tu peux exterminer des peuples entiers et continuer à vivre dans la paix, dans le luxe insolent, dans le bonheur et être assuré d’une retraite tranquille. Personne ne viendra t’inquiéter, même pas un Tribunal Pénal International, pourvu que tu ne sois pas un Africain, un petit Européen des pays de l’est ou un homme de couleur d’un pays insignifiant. Le TPI aussi a un besoin d’un champ d’expérimentation, n’est-ce pas ?

Votre démocratie qui nous déstabilise

Oui, votre entendement de la démocratie nous déstabilise et crée des conflits meurtriers dans nos sociétés au lieu de les réduire. Les Anglais ont leur reine qu’ils vénèrent et leur premier ministre qui dirige les affaires courantes du royaume. Nous aimons aussi et vénérons nos rois, gardiens de nos valeurs sacrées, de trésors légués par nos ancêtres, depuis des générations. Mais le pouvoir politique leur a été arraché depuis la colonisation et la post-colonisation, et nous devons accepter des mascarades de participation du peuple surtout depuis la chute du mur de Berlin où l’ennemi de l’est a perdu de sa puissance.

Nous avons observé avec stupeur que dans nos pays, multipartisme et élection n’ont jamais rimé avec participation du peuple à la gestion de la chose publique. Et la « communauté internationale » ne cesse de nous marteler que ceci serait la seule voie du salut, comme si depuis la nuit des temps, nous n’avions pas nos systèmes avérés de participation des différentes couches de la société à la vie publique. Chaque Africain qui vit sur notre sol sait que le jour où il devra franchir le cap pour l’au-delà, il sera ramené chez lui, même dans un village très retiré, et on lui dira alors, quand le cercueil reposera dans la tombe: « que la terre de tes ancêtres te soit légère ».

Or la démocratie importée de l’Occident avec son « one man, one voice » fera des autochtones qui ont bien voulu accueillir les fils et filles venant d’autres régions du pays des minorités exclues de la gestion de la cité sur leur propre sol, car lors du vote, chacun élira le candidat de sa terre natale vivant sur le nouveau sol d’accueil, et non pas le candidat au programme politique le plus convainquant. Comment dans une ville comme Douala où les autochtones accueillants sont devenues au fil des siècles ou des décennies une infime minorité, un natif pourrait-il gagner une quelconque élection quelque soit la pertinence de son programme politique ?

Les rois des autres régions viennent installer leurs représentants  dans la grande ville cosmopolite, non pas comme leurs ambassadeurs auprès des rois duala, mais comme leurs représentants face à l’administration républicaine dans la ville, et ceux-ci s’autoproclament rois à côté des rois duala. Le jour des élections à la mairie ou à la députation, être natif duala à Douala assure la perte des élections dans le système démocratique. C’est pour cela que nous devons inventer des systèmes de représentation dans la gestion de la chose publique où chaque citoyen a le sentiment de participer effectivement, de faire partie du jeu électoral et d’être sûr qu’il est convenablement représenté dans la gestion de la cité.

II -  De la solidarité envers l’Afrique qui bouge

Dans cette Afrique qui bouge en ce début 2011, une question essentielle taraude les esprits : comment exprimer sa solidarité vis-à-vis des peuples africains ? Deux garçons de dix ans venus passer les vacances de Noël chez moi discutaient le premier soir de leur arrivée, et j’entendis l’un deux dire d’un opposant qui aspire au pouvoir dans un pays africain : « La France lui dit : je t’assure le pouvoir dans ton pays, et toi, tu me donnes ton pays », puis ils éclatèrent de rire tous les deux.

Qui est soutenu par la communauté internationale et dans quel but ?

En ce mois de mars, après les manifestations dans les places publiques en Tunisie, en Egypte, en Libye ou après des élections du fameux système démocratique en Côte d’Ivoire, la guerre ouverte a déjà éclaté dans deux pays. Dans les discussions des populations, certaines questions reviennent sans cesse : « Qui est soutenu par la communauté internationale et dans quel but ?

Les soutiens visent-ils une solidarité ayant pour but le renforcement des efforts des peuples africains à gérer enfin leurs propres affaires avec souveraineté ou les soutiens visent-ils plutôt la main mise sous une nouvelle forme avec de nouveaux leaders africains soumis aux diktats de l’extérieur en contrepartie de leur pouvoir ? » Quand les bateaux de guerre étrangers côtoient le large de la Libye ou de la Côte d’Ivoire et soutiennent telle ou telle faction, s’agit-il du contrôle de champs pétroliers et de ports d’exportation pour que telle ou telle nation ou multinationale s’impose sur ces territoires ou s’agit-il de l’amour que ces pays auraient pour les Libyens et Ivoiriens qui aspirent à la liberté, à la justice et au bonheur ?

Les Africains ne sont plus dupes, même les femmes au marché vous lancent à la figure : « Bakala ba ma takise biso jita, ba ma pula nde miam mabu bukate o mboa su » (Les Blancs nous ont déjà trop dérangés, ils ne cherchent que leurs richesses sur notre terre).

Les anciens schémas d’intervention égoïste de l’occident vont-ils se répéter ? Les peuples Africains n’ont pas oublié l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo en 1960, en présence de l’ONU complice, l’envoi des parachutistes belges et français en 1964, les opérations Shaba I et II en 1977 et 1978 pour maintenir l’agent de la CIA Mobutu Sese Seko au pouvoir, l’un des hommes les plus riches de la planète en son temps, dans un pays complètement plumé et mis à genoux.

La devise selon laquelle l’Afrique n’a le droit d’avoir des  leaders au pouvoir que quand ceux-ci garantissent les intérêts des puissances extérieures, les avantages des gouvernants locaux et mettent au second plan les intérêts de leur propre pays, triomphera-t-elle encore cette fois-ci pour les décennies prochaines ? Les grondements de la rue sont plus profonds en ce début de 21è siècle, les peuples décryptent mieux les mécanismes qu’en 1960 ou 1970, les intellectuels et les cadres montant n’ont pas connu la colonisation directe et s’insurgent de plus en plus contre le système de domination indirecte, ils aspirent de plus en plus à être maîtres chez eux, sans avoir des comptes à rendre à l’extérieur.

Ce qui est certain, c’est que les grands bouleversements actuels dans les pays africains vont nous mener à de nouvelles formulations de la gestion de la chose publique, empreintes d’une authentique originalité africaine. Une nouvelle philosophie politique est en gestation un peu partout, à la recherche de formules plus adaptées au citoyen africain moderne, une nouvelle politique économique et monétaire est en débat, et cette décennie connaîtra sans faute des théories de gestion politique et économique qui feront école en Afrique parce qu’elles trouveront l’adhésion des Africains qui reconnaîtront  enfin des repères qui les stabilisent.

L’autonomie de penser et d’inventer des peuples africains

Alors, les intellectuels occidentaux, les institutions occidentales, les institutions internationales qui ont pris l’habitude d’inventer les voies modernes pour l’Afrique, vont-elles digérer cette autonomie de penser et d’inventer des peuples africains ? L’Afrique ne bouge pas seulement dans les rues, elle bouge aussi dans les laboratoires de pensée, dans les laboratoires d’inventions, dans la formulation de voies originales africaines, indépendantes et souveraines.

Ceux qui sont habitués à être les maîtres penseurs des Africains depuis l’hexagone, ceux qui ne peuvent avoir confiance aux leaders africains que quand ceux-ci sont membres fidèles de leurs confréries contrôlées par l’occident, exprimeront –ils une solidarité active envers cette Afrique qui s’émancipe et qui monte ou se mettront-ils en travers du mouvement de nos peuples pour maintenir la vieille domination sous - tutelle ?

L’Afrique qui bouge offre une chance exceptionnelle aux Africains et au monde entier pour un changement de cap capable de rééquilibrer le monde. Quand on voit un Chef d’Etat comme Evo Morales de Bolivie, un autochtone indien, descendre de l’avion à Dakar le 6 février 2011 en pantalon jean, tennis au pied, en bras de chemise pour participer au forum social mondial, on ne peut s’empêcher de constater que le monde est en pleine mutation.

La question fondamentale de l’Afrique en cette année 2011 n’est pas si nos systèmes de gouvernement sont des systèmes démocratiques ou pas. La « communauté internationale » nous a habitué à une démocratie à géométrie variable en Afrique. Quand un président qui assure la continuité de l’exploitation de nos richesses par les structures étrangères gagne des élections truquées, même si ses mains sont couvertes de sang de ses citoyens, il est applaudi et félicité, et nous devons nous soumettre. Quand c’est un patriote qui refuse de se soumettre au diktat de ces mêmes structures étrangères et qui se porte candidat, il est couvert d’opprobre, tout est fait pour qu’il perde les élections, et si par malheur il arrive à les gagner, le pays est déstabilisé.

Nous connaissons la démocratie élective à géométrie variable depuis le bourrage des urnes dans les années soixante, lorsqu’il s’agissait d’installer au pouvoir des agents des puissances étrangères à la tête des Etats africains au moment des indépendances. C’est pour cela que les peuples africains disent tout haut : ras-le-bol dans les pays africains avec la démocratie à géométrie variable de la « communauté internationale ».

La maîtrise dans la gestion de nos ressources au profit des peuples africains

La question fondamentale des pays africains en ce 21è siècle est de savoir si les peuples africains parviendront à court terme à s’imposer sur leur propre territoire pour exploiter dans la souveraineté nationale ou panafricaine leur génie et leurs richesses au profit des peuples africains d’abord.

Nos peuples se battent pour ceci aujourd’hui: nous voulons utiliser les richesses du continent africain pour les peuples africains qui ont le droit de vivre dans la dignité. Les immenses ressources du continent africain doivent être essentiellement au service des peuples africains, et les gouvernements africains ont la mission première de mettre un frein définitif au pillage de nos ressources par des puissances et structures étrangères.

Cela n’exclut ni échange, ni coopération avec les autres peuples et nations dans ce monde globalisé. Nous ne voulons plus que nos Chefs d’Etat nous soient imposés par des coups d’Etat tolérés, par des élections démocratiques mais truquées d’avance, par la corruption des agents de l’Etat.

Nous voulons aujourd’hui pouvoir dire clairement à nos Chefs d’Etat, à nos ministres, à nos ambassadeurs : « Nous, peuples africains, nous sommes derrière vous, nous ne laisserons plus ni des puissances étrangères, ni les multinationales, ni les organisations internationales vous dicter votre politique sur la terre d’Afrique ou ailleurs, nous ne tolérerons plus que ces structures vous inquiètent même un seul jour de plus. Mettez nos ressources et nos intelligences au service de nos pays,  et l’étranger qui vous cherchera nous trouvera amassés sur son chemin, déterminés à lui barrer la route pour vous protéger ».

Voici donc la volonté générale des peuples africains en ce début du 21è siècle, et c’est dans le cadre de cette volonté africaine que nous attendons une solidarité des autres peuples et nations.

III - La solidarité de l’Afrique envers le monde du 21è siècle en pleine mutation

L’humanité a vu le jour en Afrique il y a 5,5 millions d’années selon Cheikh Anta Diop (2). Le premier « homo sapiens » a pu être attesté il y a 150 000 ans avant J.C., et il est représenté par un noir. Nous oublions facilement que jusqu’à 32 000 ans avant J.C., l’humanité entière n’était représentée que par des noirs, et que la différenciation de la couleur de la peau ne commence que vers 20.000 avant J.C. en Europe, par les migrations dans ces zones glaciales.

Grâce à la recherche scientifique, l’Afrique peut se prévaloir aujourd’hui d’être la mère de l’humanité, d’avoir accumulé les expériences humaines les plus variées jusqu’à ce 21è siècle des temps modernes, d’avoir expérimenté les modes de vie, de gouvernement, les systèmes de pensée, les systèmes économiques, juridiques, sociales et militaires des plus diversifiés.

L’ignorance voulue et organisée sur l’Afrique au 19è et 20è siècle a voulu réduire l’histoire de l’Afrique aux 5 derniers siècles de la domination à outrance sur l’Afrique, de sa déchéance, de sa soumission et de son déclin économique. Les Africains ont été soumis à une cure obligatoire de mémoire effacée de soi-même, et les peuples dominateurs eux-mêmes ont effacé leur mémoire sur l’Afrique pour mieux se justifier et asseoir une domination aveugle et une exploitation sans merci des ressources du continent africain.

Le 7 juillet 2010 à Bruxelles, dans le cadre de la présidence belge de l’Union européenne, le Ministre bruxellois de la recherche a inauguré à la Place de la Monnaie une réplique de 7 mètres de haut de l’Os d’Ishango comme symbole de l’éveil humain à la logique scientifique, incarnant à la fois l’évolution de la science et de la technologie, mais aussi le nécessaire et fécond rapprochement entre les cultures.

A partir d’octobre, il fut placé Boulevard de l’Empereur. En effet, l’ « Os d’Ishango » qui porte la démonstration arithmétique la plus ancienne du monde, et datant de 22.000 ans avant Jésus Christ, a été retrouvée au bord du Lac Albert à Ishango, en République Démocratique du Congo, au sein d’une « route des mathématiques » découverte dans cette région. Il n’y a donc rien de surprenant que l’Afrique soit le berceau des mathématiques et de la science, d’autant plus qu’avant l’an 20.000 avant Jésus Christ, l’humanité entière était encore peuplée essentiellement de Noirs.  

La philosophie et l’esprit de la solidarité africaine

Depuis la nuit des temps, l’Africain s’est posé la question centrale du rapport de l’homme à l’univers dans son ensemble. Ce dont nous, hommes d’Afrique du 21è siècle avons hérité de nos pères et de nos mères est ceci : l’être humain est un élément de l’univers, une petite partie qui s’intègre dans l’ensemble et qui doit veiller à ce que son comportement sur la planète terre s’insère dans l’harmonie de la création, une création dont le maître suprême est le Dieu créateur, invisible à l’œil nu.

L’homme n’est donc ni l’origine, ni le centre, ni l’objectif principal du monde, il est l’un des multiples éléments dotés d’intelligence qui doit se soucier de l’équilibre et de l’harmonie sur cette planète dont il peut se servir, mais dans le respect d’un univers dont il n’est point le créateur. Il arrive sur terre par la volonté de Dieu à travers un père et une mère, dans une famille, dans un village, dans une ville, dans un pays donné. Il est porté par ces groupes depuis sa tendre enfance et en fait partie intégrante jusqu’à sa mort.

Il est initié pour découvrir les potentialités insoupçonnées qui lui ont été données à sa venue sur cette terre, pour qu’il soit capable de les exploiter, de les utiliser et d’exceller pour permettre un mieux être à lui-même, à son groupe et à l’humanité entière. Sa conscience profonde lui rappelle comme une boussole que dès qu’il s’érige en créateur, dès qu’il se met au centre de tout, dès qu’il glorifie sa propre individualité, il apporte le déséquilibre dans le fonctionnement de lui-même, du groupe, du pays et de la planète qui l’héberge. Il se met en travers des règles immuables du cosmos qui finissent toujours par sévir.

La solidarité première de l’homme d’Afrique du 21è siècle envers les siens et les autres peuples, c’est de rappeler l’urgence de la modestie à l’être humain qui a été crée et qui n’est pas créateur, qui a été doté d’intelligence et de potentialités multiples dont il exploite à peine la moitié pendant toute sa vie sur terre, de rappeler à l’être humain qu’il est responsable de l’équilibre et de l’harmonie vis-à-vis de la nature et de l’univers, qu’il est responsable de cet équilibre et de cette harmonie dans le groupe, dans le pays, entre les pays et entre les peuples.

Les grandes crises de ces derniers siècles qui culminent au 20è et 21 è siècle ont pour cause essentielle la glorification de l’individu placé au centre, un individu qui doit primer par la force sur le groupe, sur le pays, sur la nature et sur l’univers. Cette glorification engendre un esprit d’accumulation et de profit excessifs d’un individu ou d’un petit groupe d’individus au détriment de la nature, de tout un peuple et de peuples étrangers soumis à une exploitation aveugle, féroce, sans merci et très souvent meurtrière.

La terre n’est pas là pour être soumise à l’homme, mais pour aider l’homme à assurer sa vie sur terre, et l’homme reconnaissant doit déceler et respecter les règles de l’harmonie de l’ensemble du cosmos. Puisque l’homme drogué par l’excès d’individualisme se laisse même fêter comme un dieu, pourquoi meurt-il alors au lieu de rester éternel ? Le groupe doit mettre à la disposition de l’individu les possibilités optimales pour qu’il remonte à la surface de sa vie le maximum de potentialités inséminées en lui par le créateur suprême, le groupe doit emmener l’individu à exceller, mais l’individu doit mettre son génie au service du groupe et de l’humanité entière, dans le respect des règles du cosmos et dans l’humilité devant le Dieu créateur.

C’est cette voie qui peut nous permettre d’éviter la dérive mortelle que vit l’humanité depuis bon nombre de siècles. Voilà le chemin de la solidarité première que la mère Afrique peut suggérer pour sortir de l’aveuglement du siècle de l’excès de l’individualisme et du profit.

La solidarité du partage des ressources économiques

Depuis la séparation des continents il y a 135 millions d’années et surtout la formation du continent africain il y a 100 millions d’années, la partie que nous appelons aujourd’hui le continent africain regorge de richesses que les autres connaissent à peine ou dans une intensité bien moindre.

Les minéraux comme l’or, le diamant, les pierres précieuses, le cuivre, le cobalt, le fer, le nickel, le plomb, le zinc, l’étain, le niobium, le manganèse, la bauxite, le chrome, la platine, le coltan, s’alignent sur le continent, surtout au sud du Sahara, à côté d’abondantes ressources énergétiques que sont le pétrole, le gaz, le charbon et l’uranium. Selon L. Stuart Notholt, un analyste des affaires cité par le magazine African Business en février 2009, « les potentialités minières de la République démocratique du Congo (RDC) par exemple sont évaluées à 24.000 milliards de dollars – l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) cumulé de l’Europe et des Etats-Unis.

Mais victime de toutes les convoitises, le pays ne s’appartient plus. Les combats pour l’accaparement des ressources et l’instabilité politique ont interrompu la maintenance de ces installations d’Inga et sapé le développement économique » (3). Conséquence générale, plus de 3 enfants africains sur 4 n’ont pas accès au courant électrique et 2 enfants sur 3 n’achèvent pas l’école primaire, malgré le scandale géologique des ressources minières et  énergétiques sur leur continent !
 
La solidarité de l’Afrique envers les autres continents consiste à trouver les moyens et règles de jeu pour gérer elle-même ses ressources, définir les objectifs, les priorités, et les mécanismes de production et de distribution des richesses au sein des populations africaines.

Cette Afrique qui exploitera ses ressources d’abord pour ses propres besoins et qui commercera avant tout avec elle-même dans ses différentes régions trouvera les règles de jeu pour approvisionner les pays des autres continents dans un échange équitable, avec un commerce véritablement gagnant - gagnant. Les ressources terrestres sont là afin que les êtres humains s’en servent pour leur évolution et leur bien-être, mais dans le respect de la nature et du cosmos.

Que la géographie détecte tel ou tel gisement à tel ou tel endroit de la planète, cela favorise ceux qui habitent à cet endroit, mais comme ils ne pourront jamais consommer seul l’ensemble de ces ressources, ils échangeront nécessairement avec les autres peuples de la planète. La solidarité de l’Afrique envers les autres continents consiste à fixer elle-même  d’abord les règles de jeu de ces échanges, en refusant de se faire déséquilibrer, mais en partageant avec les autres les ressources que le créateur a bien voulu mettre dans sa terre.
 
La solidarité du génie africain envers le monde du 21è siècle

Mais l’Afrique n’a pas que les ressources du sol, du sous-sol, des forêts, des mers et des océans. Le génie africain du 21è siècle est entrain de transformer le continent et de fructifier les autres pays du monde. On s’est tellement concentré sur la misère des pays africains qu’on arrive régulièrement à oublier l’excellence produite par les Africains et par les personnes d’ascendance africaine de par le monde. On se souvient à peine que les Noirs ont inventé la lampe électrique (Nichols/Latimer), l’antenne parabolique (Woods), l’aiguillage des trains (Burr), l’ascenseur (Miles), le réfrigérateur (Elkins/Stenard), la machine à écrire (Burridge/ Mashman), le feu rouge de signalisation (Morgan), la guitare (Flemmings Jr.), le dosage de la mélanine (Diop), le shampoing et le savon (Carver), la camera-spectographe transportée par Apollo 16 (Carruters), etc. (4)

Qui se souvient encore que Cheikh Modibo Diarra, d’origine malienne dirigea l’opération Pathfinder sur Mars, que le Dr. Ernest Simo, d’origine camerounaise, chercheur à la NASA, fut semi finaliste dans les groupes 15 et 16 de la NASA? Parmi les astronautes noirs de la NASA, on a pu observer  Guion S. Bluford, Jr, colonel de l'US Air Force, Robert Lawrence, premier noir nommé astronaute en 1967,  Michael P. Anderson dont la navette explosa en 2002, Charles F. Bolden, Jr. chef de mission sur la navette Atlantis en 1992,  Robert L. Curbeam, Yvonne Darlene Cagle, médecin militaire et bien d’autres.

Dans les temps anciens, d’illustres Africains ont toujours fructifié leurs pays d’accueil, mais l’histoire a souvent vite oublié qu’ils étaient d’origine africaine, ou alors ils ont été blanchis. St Maurice d’Aganaum, le Maure St Bénédicte, Alexandre de Médicis ou Alexandre Le Maure, le Général russe Abraham Hannibal, Alexandre Sergeevich Pushkin, Alexandre Dumas et son fils, et bien d’autres sont cités sans que l’on fasse référence à leurs origines africaines (5). L’Amérique du Nord en 2011 se passe de commentaires quant à l’origine africaine de certains de leurs plus illustres leaders.

Si Mathieu da Costa fut le premier noir libre à être embauché au Canada en 1605 comme interprète de Samuel de Champlain pour son voyage, donc avant l’arrivée des esclaves africains, l’Honorable Lincoln Alexander, fils d’immigrants antillais, fut assermenté en tant que Lieutnant-Gouverneur, donc vice-royal de l’Ontario le 20 septembre 1985. L’écrivain noir canadien Austin Clarke, né à la Barbade, remporta le 5 novembre 2002 le prix Giller de la fiction en 2002 pour son 9e roman The Polished Hoe; cette même œuvre lui a valu aussi le prix Régional Commonwealth du meilleur livre en 2003.

Au gouvernement de Halifax, l’Honorable Percy Paris, membre du Parlement de la Nouvelle Ecosse, occupe trois postes ministériels, celui de l’économie et du développement rural, celui du tourisme, de la culture et de l’héritage, et enfin celui des Affaires Africaines de la Nouvelle Ecosse. Peu d’Africains du continent savent que la plus haute personnalité du Canada, S. E. la très Honorable Michaëlle Jean, une noire d’origine häitienne, fut assermentée comme  Gouverneure générale du Canada le 27 septembre 2005, et devint ainsi le 27è représentant de la Couronne Britannique au Canada et Commandant en Chef des Forces Armées jusqu’en septembre 2010.

Aux Etats-Unis d’Amérique, l’Afrique a donné ses meilleurs fils et filles, de Nat Turner à Frederick Douglas, Marcus Garvey, Rosa Park, Martin Luther King, Malcom X, Angela Davis, Georges Jackson, Eldrige Cleaver, Hew Newton, des écrivains de génie comme Langston Hughes, Alice Malsenior Walker, Richard Wright, James Baldwin, LeRoi Jones (Imamu Amiri Baraka), Maya Angelou, Ralph Ellison, Toni Morrison , Audre Lorde et bien d’autres. Ils ont tous préparé le chemin pour que depuis le 20 janvier 2009, Barack Hussein Obama, fils d’un père Kenyan et d’une mère américaine, soit déclaré le 44è président des Etats-Unis d’Amérique. L’Afrique a donc donné et continue à donner au monde.
 Appel à la diaspora canadienne et américaine

Par la conférence d’aujourd’hui, vous me donnez l’opportunité unique de vous adresser mon message, le message d’un prince africain ancré dans le terroir et ouvert au monde. Le 21è siècle verra la libération totale de l’Afrique et son unification. Il s’agit là d’un chemin naturel de l’histoire, même s’il faudra encore vaincre nombre d’entraves posées par certains des nôtres et par certains étrangers habitués à vivre sur le dos des Africains.

Vous qui êtes au Canada ou en Amérique du nord, vous qui êtes en Europe, en Asie ou en Australie, il vous est demandé d’exceller dans votre pays d’accueil, de donner le meilleur de vous-mêmes, fille d’Afrique, fils d’Afrique, d’inventer, de bâtir, de construire le monde de l’humanité moderne avec génie, avec prouesse, mais aussi avec générosité. L’intention de vos efforts doit toujours dépasser de loin votre petite personne, votre individu, car les enjeux de ce siècle réclament un dévouement exceptionnel, partout dans le monde. Nous devons maîtriser la folie humaine qui a cru qu’avec l’avancée extraordinaire de la science, de la technologie et de l’accumulation des richesses, l’être humain pouvait s’arroger le droit de décider du sort de la planète et de l’univers.

Vous, filles d’Afrique, fils d’Afrique de par le monde, revenez aux origines de votre culture profonde, de votre vision du monde fondée sur le respect de la création, sur l’insertion de l’être humain dans le cours du cosmos, sur le partage et la solidarité des uns avec les autres, réapprenez à entendre les voix profondes de nos ancêtres qui nous conjurent de sauvegarder l’héritage, tout en l’adaptant au contexte de notre temps.

Oui, retrouvez les chemins tracés pour vous depuis la nuit des temps, renouez avec la terre de vos pères et de vos mères, fructifiez - la abondamment, régulièrement. Que chacun contribue à redresser le pays, quelque soit son lieu actuel de passage sur cette planète. L’Afrique appelle chacune de ses filles, chacun de ses fils, pour venir boucher les trous de la jarre percée. Nous irons puiser les eaux du déluge enfouies dans les profondeurs du Sahara, et avec ces eaux, nous arroserons les jardins et les champs du nouveau siècle, ce siècle qui doit nous ramener à l’équilibre de nous-mêmes, ce siècle qui doit nous réconcilier avec l’univers et le cosmos. Moi, ce Prince qui depuis les berges du Wouri vous porte le message venu des profondeurs, je compte sur chacune, je compte sur chacun de vous.

Bonne chance !

NOTES

1.  Sur invitation de la « Jeunesse Sawa » du Canada, ce texte a été rédigé pour être prononcé à Montréal, Canada, le 12 mars 2011, à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque

2.  Tableau chronologique de l’évolution de l’humanité en général et du monde noir en particulier, in : Cheikh Anta Diop, L’Antiquité africaine par l’image, Présence Africaine, Paris, 1998, p.15

3.  Tristian Coloma, Quand le fleuve Congo illuminera l’Afrique, in : Le Monde Diplomatique, février 2011, p. 14

4.  Quelques inventions des Noirs : LA LAMPE ÉLECTRIQUE : inventée le 13.09.1881 par Joseph V. Nichols et Lewis H. Latimer. ; L’ANTENNE PARABOLIQUE : inventée le 07 juin 1887 par Granville T. Woods ; L’AIGUILLAGE DES TRAINS : inventé le 31 octobre 1899 par William F. Burr ;  L’ASCENSEUR : inventé le 11 octobre 1867 par Alexander Miles ; LE TAILLE CRAYON : inventé le 11 octobre 1867 par John L. Loove ; LE DISPOSITIF DE COUPLAGES DES VOITURES DE TRAIN : inventé le 10.10.1899 par Andrew J. Beard ; LE REFRIGERATEUR ( FRIGO ) : inventé le 14 juillet 1891 par John Stenard ; LE SYSTEME DE REFRIGERATION (FRIGO et CONGELATEUR) : inventé le 04 novembre 1879 par Thomas Elkins ; L’INTERRUPTEUR ( LE COMMUTATEUR ) : inventé le 1er janvier 1889 par Granville T. Woods ; LE REVELATEUR PHOTOGRAPHIQUE : inventé le 23 avril 1895 par Clatonia Joaquin Dorticus ; LA MACHINE A ECRIRE : inventée le 07 avril 1885 par Lee S. Burridge et Newman R. Mashman ; LE SYSTEME D’ALARME DES TRAINS : inventé le 15 juin 1897 par Richard A. Butler ; LES FREINS DE VOITURE : inventés le 06 août 1872 par John V. Smith ; LE FEU DE SIGNALISATION (feu rouge) : inventé le 20 novembre 1923 par Garett A. Morgan ; LA GUITARE : inventée le 30 mars 1886 par Robert F. Flemmings Jr ; LA BOITE AUX LETTRES : inventée le 27 octobre 1891 par Philip B. Downing ; LE TROLLEY ELECTRIQUE SUR RAIL : inventé le 19 septembre 1893 par Elbert R. Robinson ; LES ROTATIVES DE PRESSE (imprimerie) : inventées le 17 septembre 1878 par W.A Lavalette ; LE SYSTEME DE SECURITE DES ASCENSEURS : inventé le 02 avril 1895 par James Cooper ; LA BALAYEUSE DES RUES : inventée le 17 mars 1890 par Charles B. Brooks ; LA GACHETTE DE FUSIL (le détonateur) : inventée le 03 mai 1897 par Edward R. Lewis ; DES APPAREILS AUTOMATIQUES DE PÊCHE : inventés le 30 mai par George Cook ; L’ARROSOIR DE GAZON : inventé le 4 mai 1897 par Joseph H. Smith ; LE TELEGRAPHE DES CHEMINS DE FER : inventé le 28 août 1888 par Granville T. Woods ; LES APPAREILS de TRANSMISSION de messages via l’électricité : inventés le 7 avril 1885 par Granville T. Woods ; L’EXTINCTEUR DE FEU : inventé le 26 mars 1872 par Thomas J. Martain ; LA SIGNALISATION (balises d’aéroport, grues, immeubles,...) : inventée le 30 mars 1937 par Lewis WW. Chubb ; LE DOSAGE DE LA MELANINE : à partir de la peau, inventé par Cheikh Anta Diop ; LE SHAMPOING : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver ; LE VINAIGRE : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver ; LE SAVON : à partir de l’arachide, inventé par George Washington Carver ; LA CAMERA-SPECTROGRAPHE (transporté par Apollo 16) : inventé par George R. Carruters. Consulter entre autres : Yves Antoine, Inventeurs et savants noirs, 2010, Paris, l’Harmattan ; Otha Richard Sullivan, Black Stars – African American Inventors, 1998 by John Wiley & Sons, Canada/New York; Otha Richard Sullivan, Author) Jim Haskins (Editor), Black Stars: African American Women scientists and Inventors, by Jim Haskins, 2002, by John Wiley & Sons,  Canada/New York; Wade Hudson, Book of Black Heroes, Scientists, Healers and Inventors ( ISBN-10: 1439536457; ISBN-13: 978-1439536452)

5.  Voir plusieurs exemples in : J.A ; Rogers, Worlds Great Men of Color, Vol I, II, Collier Books, New York/London, 1947/1972

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