Le Burkina en ébullition. Chronologie des évènements du 21 au 31 mars

Cette semaine d’autres évènements importants se déroulent qui ne font qu’aggraver la crise politique et social que travers le pays. Nous en étions restés au 19 mars par un appel à une journée de grève et de manifestation pour le 9 avril voir à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article1053 les évènements de la semaine passée.

Nuit du 22 au 23 mars Les militaires de rang se répandent dans toute la ville et s’adonnent à des tirs pendant plusieurs heures. Ils pillent aussi certains commerces. Ils demandent la libération de plusieurs d’entre eux qui viennent d’être condamnés pour avoir humilié un homme qui courtisait la fiancée de l’un d’entre eux.

23 mars 2011 . Le ministère de la défense publie le communiqué suivant signé du de la Direction de la communication et de la presse ministérielle du Ministère de la Défense et des Anciens combattants :

"Une décision de justice rendue en première instance le 22 mars 2011, a condamné un sous-officier et quatre militaires du rang à des peines privatives de liberté dans une affaire les opposant à un particulier. Ce jugement a été mal accueilli par certains compagnons d’armes des condamnés qui ont pris des armes et tiré des coups de feu dans la nuit du 22 mars au matin du 23 mars 2011.

Une dizaine de personnes ont été blessées, des commerces ainsi que des stations d’essence ont été saccagés et des biens emportés. Le Ministre de la Défense et des Anciens combattants déplore cet état de fait et exprime sa vive compassion à l’endroit de toutes les victimes de ce malheureux événement.

Il rassure les populations que toutes les dispositions sont prises en concertation avec les différents acteurs pour aboutir à une normalisation de la situation.

Il en appelle au calme et à la retenue et invite les populations à vaquer normalement à leurs occupations."

En fait les militaires incriminés vont être libérés. Du coup ce sont les commerçant qui vont manifester en ville à plusieurs centaines.

On peut visionner une vidéo de la manifestation des commerçants à l’adresse http://www.facebook.com/video/video.php?v=173699116013808#!/video/video.php?v=173699116013808

Etienne Minoungou, Artiste, Dramaturge, Directeur des RECREATRALES, Initiateur du mouvement de la Coalition des Artistes et des Intellectuels pour la Culture/BURKINA FASO publie un appel aux artistes et aux intellectuels sous le titre « Nous ne pouvons plus continuer à avoir peur ». Il écrit notamment : « Notre rôle n’est-il pas aussi et surtout, en de pareilles heures, d’être aux côtés de nos concitoyens quand ceux-ci posent d’indiscutables questions de vie ? Nous ne pouvons pas continuer à nous terrer. »

24 mars 2011 Les syndicats des magistrats, huissiers et avocats publient une déclaration décrétant la grève jusqu’à nouvel ordre. Ils "- dénoncent la gestion de la situation par les autorités à travers le communiqué du ministre de la Défense et des Anciens combattants qui ne fait nullement allusion aux dégâts causés au palais de justice, pourtant la cible première des militaires ;

    * dénoncent la libération des cinq militaires condamnés par une décision de justice et exigent leur réintégration, non à la Maison d’arrêt et de correction des armées mais à la Maison d’arrêt et correction de Ouagadougou (MACO), conformément au mandat de dépôt délivré contre chacun d’eux.

Ils exigent, pour la reprise des activités juridictionnelles sur toute l’étendue du territoire, ce qui suit :

    * la réintégration immédiate et sans condition des militaires condamnés le 22 mars 2011 sur décision de justice à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. A défaut, les autres détenus seront en droit d’attendre de l’Etat qu’ils soient également libérés ;
    * la réhabilitation des locaux saccagés des juridictions ;
    * la prise de mesures urgentes pour sécuriser les magistrats et le personnel judiciaire ainsi que les palais de justice ;
    * l’ouverture sans délai de discussions sur la situation sécuritaire des magistrats et du personnel judiciaire ;
    * la présentation d’excuses publiques au pouvoir judiciaire ;
    * la sanction des auteurs de toutes les attaques survenues dans la nuit du 22 au 23 mars 2011."

Une rencontre houleuse réunit la hiérarchie militaire avec notamment le général de Division Dominique Djindjéré et les ministres de l’Administration territoriale et de la décentralisation(MATD), Jérôme Bougouma et de la Sécurité, Auguste Denise Barry et les commerçants. Les premiers annoncent la mise ne place d’un comité d’indemnisation. Certains commerçants émettent des doutes rappelant lors d’évènements similaires en 2006, on leur avait fait des promesses d’indemnisation qui n’avaient pas été suivies d’effet. (voir un compte rendu de la rencontre à l’adresse www.lepays.bf/spip.php

Pendant ce temps, Blaise Compaoré vaque à ses occupations en présidant une réunion du session du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI). Interrogé à la sortie il déclare : "Je crois que depuis un certain temps, nous avons eu des événements malheureux car bien avant les militaires de l’autre nuit, il y a eu d’autres. Mais comme je le dis, nous sommes dans un pays de liberté, on peut ne pas être content et manifester. Mais ce qui est important, c’est de savoir qu’on doit être prêt, toujours, pour le dialogue. Qu’il faut faire confiance à la justice de son pays et qu’il faut respecter le bien public. Avant on voyait des civils faire ces casses, il y a pas longtemps de cela ; maintenant ce sont des militaires. Il faut qu’on arrête cela dans ce pays, si nous voulons consolider la cohésion sociale et faire du Burkina Faso un pays respecté et respectable”. Avez-vous pensé aux causes profondes de ces actes ? Questionna un journaliste. “Lesquelles ? Voyez qu’est-ce que vous en pensez, a répliqué le président du Faso. La justice a été saisie pour un certain nombre de cas, le commandement militaire également. Le gouvernement avisera en temps opportun”, a-t-il poursuivi.

25 mars 2011 Bénéwendé Sankara tient une conférence de presse. Il demande la démission de Blaise Compaoré et appelle le peuple à se mobiliser. Voir la déclaration à l’adresse www.thomassankara.net/spip.php

28 mars 2011 A Ouagadougou la rentrée des lycées semble avoir été effective. Par contre à Koudougou, la ville ou résidait Justin Zongo, les élèves ont refusé de reprendre les cours et décrété une grève de 72 heures. Ils ont tenu une assemblée générale dans un stade.

Des réunions se tiennent à Ouagadougou entre les autorités d’une part et les gérants de station service et commerçants d’autre part. Il s’agit d’expliquer les modalités d’un appui financier d’urgence et d’une indemnisation aux vandalisés suite à la sortie des militaires dans la nuit du 22 au 23 mars.

Après ceux de Ouaga, ce sont cette fois les militaires de la ville de Fada N’Gourma qui sont sortis des casernes pour soustraire à la justice l’un des leurs accusé de viol. Selon le quotidien l’Observateur « Un groupe s’est rendu au palais de justice où ils ont tiré sur les locaux et défoncé les ouvertures tandis qu’un deuxième groupe est allé directement à la maison d’arrêt où les militaires ont fait sortir des geôles leur camarade qui y croupissait dans l’attente de son jugement. .. Par la suite, réquisitionnant des véhicules publics et privés, les soldats ont entamé une parade en ville en tirant en l’air des coups de feu. ...Dans leur mouvement, les militaires ont saccagé les domiciles de certains officiers ». Ils ont bloqué l’entrée de la villa avec des chars. Certains sont sortis pour aller dans des villes voisines réquisitionnant parfois de l’essence et des véhicules civiles. Ils se retournés le soir dans leur caserne.

Le chef d’Etat major général, dans un communiqué lu l’après midi à la radio, a présenté au ministre de la Justice ses excuses pour les dommages causés par les militaires.

NDLR : Quand on pense que ce pays est considéré par les occidentaux comme un modèle de bonne gouvernance ....)

29 mars 2011. Jour de rentrée des universités. A Ouagadougou peu d’étudiants sont présents. La campus est calme.

Une roquette aurait été tirée à Fada N’Gourma sur les bâtiments abritant les locaux de la justice.

Les professionnels de la justice en grève tiennent une assemblée générale à Ouagadougou. Ils exigent « la réincarcération immédiate et sans conditions » des militaires libérés lors des manifestations de leurs frères d’armes les 22 et 23 mars 2011, « faute de quoi, les autres détenus sont en droit d’attendre leur libération ».

30 mars 2011 Des tirs ont été de nouveau entendus à Ouagadougou dans la nuit. Les domiciles du maire de la ville Simon Compaoré, un proche de Blaise Compaoré, secrétaire général du CDP le parti au pouvoir, ainsi que celui de chef d’état-major des forces armées Dominique Djindjéré auraient été saccagées per des militaires.

Simon Compaoré a été sérieusement molesté par les militaires. La radio annonce dans la journée qu’il est soigné à la présidence.
 
Les militaires de la ville de Gaoua aurait aussi tiré en ville dans la nuit.

L’ANEB appelle à une assemblée générale à l’université pour le jeudi 31 mars.

Blaise Compaoré a reçu les autorités religieuses ainsi que les chefs coutumiers.

Blaise Compaoré s’exprime à la radio et à la télévision. Il s’engage à veiller personnellement à ce que justice soit faite pour Justin Zongo. Il rappelle les mesures déjé prises par le gouvernement. Il reconnait que la paix et la cohésion sociale sont menacées et se dit disposé à rencontrer les différentes composantes dès le lendemain. Il en appelle à un sursaut patriotique de la classe politique et de la société civile. Il a appelé les militaires à la loyauté et à la discipline. Pas de quoi calmer la grave crise que traverse le pays. On trouve l’intégralité du discours à www.fasozine.com/index.php/societe/societe/5796-situation-nationale-voici-lintegralite-du-message-de-blaise-compaore-a-la-nation

D’ailleurs des militaires de Bobo Dioulasso se mettent aussi à sortir et à tirer au hasard dans l’après-midi.

Le soir, les autorités annonçaient un couvre feu de 21h à 6h du matin.

31 mars 2011 Des tirs nourris ont de nouveau été entendus durant la nuit à Ouagadougou du côté du camp situé près de l’échangeur de Ouaga 2000. Le camp aurait été rapidement encerclé par éléments du régiment de sécurité présidentielle avec de l’armement lourd ce qui aurait mis fin aux tirs intempestifs.

A Banfora aussi des tirs ont été entendus dans la nuit.

A Tenkogo les élèves se seraient répandus dans la ville et aurait brulé la résidence du gouverneur ainsi que celle de Alain Yoda ministres des affaires étrangères.

Blaise Compaoré procède à des consultations, avec les représentants des professions de la justice, puis les chefs de l’armée ainsi qu’avec des représentants des hommes de rang.

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