PETITE COLLECTION NAQD: Dévembre 1960. Le Dien Bien Phu politique de la guerre d'Algérie

Depuis quelques années, la scène éditoriale et médiatique est agitée par une série de productions prenant appui ou pour prétexte des événements marquants de notre histoire contemporaine. Les débats qui s’amorcent autour de ces ouvrages tournent le plus souvent à la polémique entre protagonistes (acteurs ou témoins, personnalités politiques, auteurs, réalisateurs, vedettes de scène ou d’arrière-scène). Leur caractéristique principale est l’usage inconsidéré de sources diverses non vérifiées ou non vérifiables et leur instrumentalisation à des fins politiciennes ou mercantiles.

Dans un autre champ, celui de l’école et de l’université, la recherche et la production des savoirs qui devraient être les buts poursuivis par l’institution éducative ont laissé place à un jargon fait de stéréotypes, clichés, truismes, ou poncifs acquis dans une sorte de marché parallèle des idées. Très souvent, dans un mode d’expression qui lui est propre, la presse quotidienne s’érige en source principale sinon exclusive de ce que les jeunes générations ingurgitent. Les bibliothèques se désintègrent sous le poids de la demande (croissance soutenue des effectifs scolaires et universitaires et limitation des locaux, des budgets et des modes d’acquisition) et leurs fonds sont en voie de dégradation et de dispersion. Dans beaucoup de cas, pour ne pas dire dans leur grande majorité, les étudiants n’ont que peu de références bibliographiques, ils n’ont lu que peu d’ouvrages sinon aucun dans son intégralité. Ils ne connaissent pas les fonds d’archives et n’ont pas accès aux réserves où sont conservés les originaux des périodiques de la période coloniale et même des premières décennies de l’indépendance.

Jusqu’alors, la revue NAQD s’est donnée pour objectif de maintenir ouverte la perspective d’une pensée critique et rationaliste pour faire pendant au discours dominant et à ses dérives dogmatiques. Elle a plus ou moins rempli cette fonction dans un paysage éditorial caractérisé par la rareté, l’indigence et le manque de maîtrise professionnelle. Elle a pu matérialiser une demande sociale dont l’indicateur est le nombre et la qualité des lecteurs et abonnés nationaux. Son prix est cependant resté prohibitif pour le plus grand nombre, même s’il couvre à peine maintenant les coûts de sa réalisation.

Pour pouvoir atteindre le public des étudiants, professeurs de collèges et lycées et un lectorat plus large au pouvoir d’achat très limité, la revue NAQD d’études et de critique sociale voudrait lancer une nouvelle collection « hors série » destinée au grand public. Ce serait une publication petit format de poche de 120 à 150 pages qui ferait le point sur une question d’histoire ou de société avec une approche critique qui correspondrait à celle que la revue a adoptée depuis bientôt 20 ans pour son édition principale. Elle donnerait aux nouvelles générations de lecteurs, en arabe, en français et en d’autres langues nous l’espérons, des éléments pour la connaissance d’un fait, d’un événement ou d’un personnage marquant avec la distance critique qui l’a toujours caractérisée. Elle se présenterait sous la forme d’un petit livre de poche avec une introduction ou présentation générale, des documents d’archives commentés et annotés, une chronologie succincte ainsi que des références bibliographiques. Son prix serait abordable pour un lectorat assez large constitué d’étudiants, de professeurs de lycées ou collèges ainsi que pour de simples citoyens.

Nous lançons notre premier volume pour commémorer le 50e anniversaire des manifestations de décembre 1960.

Alger 11 juillet 2010
http://www.revue-naqd.org

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