Mission d'AfricAvenir

AfricAvenir s'est formé sur certains principes qui sont jusqu'aujourd'hui la base de toutes nos activités, à Douala, Berlin, Windhoek et Cotonou/Calavi.

Mission d'AfricAvenir

Le but d'AfricAvenir est de contribuer à la renaissance de l'Afrique, c'est à dire penser le développement de l'Afrique à partir de les réalités et les cultures des peuples africains et de réinventer et de reconstruire le continent selon les priorités et valeurs africaines.
 
Notre objectif est de contribuer à la redressement, la réhabilitation et la recréation imaginative des civilisations et cultures africaines ainsi que de l'histoire du continent, en vue de développer de nouveaux modes de pensée, de comportement et d’organisation, tout autant des sociétés africaines que de l’émergeant «village global».
 
La nécessité d’une telle “renaissance profonde” parait nécessaire avant tout pour cause des conséquences persistantes de cinq siècles de domination impérialiste européenne, qui, au-delà de la pure exploitation a par-dessus tout signifié la réorganisation et la transformation des espaces non-européennes en concepts européens. Tandis que cette réorganisation était basée sur une conquête militaire résultant dans la de-facto domination de l'espace africain et dans l’intégration déconomies locales dans la perspective occidentale, le «projet d’ajustement» de bien plus longue portée a certainement été la ‘réformation de l’esprit africain’ (Mudimbe), parce qu’il inclut l’acceptation forcée des nouveaux ordres économique, politique et social et a de la manière la plus efficace prévenu tout changement structurel.
 
C’est en majeure partie via le contrôle de la production et de la diffusion de la connaissance que, malgré leur retrait, les pouvoirs impérialistes occidentaux ont été en mesure de conserver et en certaines voies d’étendre leur domination économique et politique sur leurs anciennes colonies.

Nous croyons qu’un développement durable du continent africain est impensable en dehors des cultures, des langues et de l’histoire des masses africaines – en dehors des institutions que les gens ont construites d’après leurs besoins personnels et qu’ils contrôlent de l’intérieur. Pour cette raison, AfricAvenir participe activement à l’‘insurrection des connaissances assujetties’ (Foucault), c'est à dire à l’émancipation et à la réactivation des connaissances locales, populaires et traditionnelles. Ceci n’est pas un retour pur et simple et non critique à un passé mythique ou à la restauration d’un héritage historiquement continu et prétendument purement pré-colonial, mais bien plutôt une quête de réalisme, de justesse et de signification.

Dans notre vision, une renaissance africaine ne ramène pas le passé, mais recrée les cultures africaines en incluant le défi de l’occident. 

Nous croyons en outre que le degré de conscience de soi, d’autonomie et d’indépendance nécessaire pour un développement endogène et émancipateur du continent ne peut être accompli que sur base d’une version renouvelée du panafricanisme, au centre duquel devrait se situer la constitution de la solidarité et de l’unité politique africaines.
 
Enfin, nous croyons qu’une telle renaissance «en profondeur» est uniquement faisable si nous changeons graduellement les structures actuelles du système international contemporain. Ce système est le legs de quatre siècles et demi d’un impérialisme européen qui a créé une structure politique de domination et de dépendance, une structure économique d’exploitation et d’appauvrissement et une structure culturelle de mépris et d’humiliation à travers le globe. Conformément à cela, ce système international que nous connaissons actuellement nie fondamentalement la validité des systèmes de connaissances, les morales, les éthiques africains ainsi que le fait qu’il y ait des solutions aux défis africains et globaux autres que celles imposées par la culture dominante.

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