La révolte de la jeunesse au Burkina gagne l’ensemble du pays : chronologie des évènements jour par jour (22 février au 11 mars 2001)

manifestation a dori

Le 20 février décédait Justin Zongo élève de 3eme. Il avait reçu des mauvais traitements de la part de la police. Les autorités parlent alors d’un décès suite à une méningite. Les jeunes de Koudougou vont se révolter rapidement, deux d’entre eux vont encore perdre la vie, puis deux autres dans deux villes voisines, certains par balles semble-t-il.

La révolte va s’étendre dans de nombreuses villes du pays. Parfois Souvent les manifestations sont pacifiques, mais d’autre fois beaucoup plus violentes. Mais elles sont, en règle générale, très largement suivies rassemblant souvent plusieurs milliers de jeunes. De nombreux commissariats de police, vont bruler suivis souvent de bâtiments abritant les différentes autorités locales. Elle est essentiellement le fait de la jeunesse dans un pays ou 60% de la population à moins de 21 ans.

La révolte qui s’exprime aujourd’hui couve depuis longtemps suite à 23 ans d’impunité, et l’arrogance du pouvoir, de la richesse qui s’étale pendant que la pauvreté est partout présente. Plusieurs élèves ont succombé à des séjours dans les locaux de la police, le plus connu étant un militant de l’ANEB, Dabo Boukary, sans que les coupables n’aient été jugés. Déjà, l’’assassinat du journaliste Norbert Zongo avait fait trembler le pouvoir. La jeunesse exprime sa défiance totale avec la justice de son pays.

Si les manifestations sont violentes c’est aussi que les marches pacifiques nombreuses par la passé, n’ont rien donné puisque le procès s’est terminé par un non lieu alors que les enquêtes indépendantes mettaient en cause la sécurité présidentielle. Blaise Compaoré vient d’être élu avec 80% des suffrages exprimés mais avec seulement 1,5 millions de voix sur 15 millions d’habitants.

Nous vous livrons ci-dessous le fil des évènements jour par jour.
La rédaction

20 février 2011 Décès de Justin Zongo, élève de 3eme à Koudougou. Les autorités parlent de méningite, les élèves de décès suite à des mauvais traitements de policier.

Manifestation violente à Koudougou les 22 et 23 février. Deux élèves vont trouver la mort. On peut voir une vidéo de ces manifestations à l’adresse http:/www.thomassankara.net/spip.php?article1048 .

Le jeudi 23, les scolaires de Poa, Réo, Kindi, Ouahigouya, Ouagadougou manifestent à leur tour. Deux élèves trouvent la mort à Poa et à Kindi. En tout 6 personnes ont trouvé la mort dont 4 élèves certains par balles semble-t-il. Le gouvernement ferme les établissements scolaires.

25 février : publication d’une déclaration des partis de l’opposition, sous l’égide du chef de l’opposition, qui appelle ses militants à se tenir prêts à se mobiliser voir à l’adresse www.citizensforearth.info/Declaration-des-partis-de-l.

26 février Le Commissaire de Police Alfred T. BANCE, matricule 12 652 A, directeur régional de la Police nationale du Centre-ouest et Commissaire central de Police de la ville de Koudougou, est relevé de ses fonctions

28 février Les élèves de Koudougou organisent une marche pacifique en direction du gouvernorat pour demander que la lumière soit faite sur la mort de leurs camarades.

  • les élèves manifestent à Léo et incendient les locaux de la police.

1er mars : Déclaration de la CGTB . Elle appelle à la mobilisation sans donner de date voir à l’adresse www.citizensforearth.info/BURKINA-FASO-DECLARATION-DU

2 mars. Echec de la manifestation sur la place de la Révolution appelée par le réseau Barké.

2 mars AG de l’ANEB qui réunit environ 2000 étudiants à Ouagadougou qui appelle à un meeting le 4 mars.

4 mars : Meeting de l’ANEB au campus de Zogona à Ouagadougou : environ 5000 étudiants excités selon des présents. Beaucoup voulaient manifester tout de suite. L’ANEB appelle à une manifestation le 9 mars à Ouagadougou.

7 mars à Manga , chef lieu du département du même nom et de la province Zoundwéogo, les élèves on fait un sit in au niveau de la mairie et au commissariat de police.

Dans la commune rurale de Korismoro à 32 km de kaya et relève donc de cette province, les élèves sont descendus dans la rue, chasser les policiers, ouvrir la prison et faire de nombreux dégâts dans la rue en incendiant pneus et autre.

A Dori il y a eu 2 marches. Une marche de la population qui protestait contre le projet d’utilisation de l’eau du barrage de Yakuta par une société minière et les déviations de la route Bitumée Terra-Dori à cause d’une station de carburant. La deuxième marche qui a suivi le premier et concernait les élèves qui s’en sont pris au commissariat de Police de Dori où ils ont mis le feu.

Manifestation de la jeunesse à Dori contre l’impunité le 7 mars 2011

Les élèves manifestent aussi à Yako et à Koupéla. Dans ces deux villes ils ont incendié le commissariat.

Des manifestations pacifiques ont été signalées lundi à Bobo Dioulasso , deuxième ville du pays, Koudougou (ouest), Gaoua (sud-ouest), Fada N’Gourma (est), Tenkodogo (nord), Pô et Léo (sud). (AFP)

Le site www.afreekelection.com/crise... écrit : « Brûlant quatre commissariats à Yako (100 km au nord de Ouaga), à Koupéla (140 km à l’Est), à Gourcy (au nord) et à Dori (Nord Est). »

8 mars 2011. Echec de ma manifestation appelée sur la page facebook « Mouvement Blaise Compaoré doit partir ». Manifestation à Ouahigouya et

9 mars . L’ANEB reporte ses manifestations à Ouagadougou et à Bobo Dioulasso à Vendredi 11 mars. Nouvelles manifestations dans de nombreuses villes du pays notamment Ouahigouya, Diebougou, PO, Leo, Nanoro, Diapaga et Tougan . A Ouahigouya de nombreux batiments officiels ont été incendiés (voir là www.lobservateur.bf/spip.php.

A Bogandé, chef-lieu de la province de la Gnagna, que de violents heurts ont opposé, tôt le matin, les forces de sécurité et les élèves qui voulianet bruler le commissariat. Lesélèves ont aussi affronté les ofrces de police à Fada N’Gourma pour mettre le feu au gouvernorat de la région.

Le gouvernement décrète de nouveau la fermeture des classes jusqu’à nouvel ordre.

Dans une interview publié le 9 mars le père de Justin Zongo (voir www.lefaso.net/spip.php) déclare refuser l’autopsie et ajoute Nagoukonba Zongo : « Je m’oppose parce que je sais ce qui est arrivé à mon enfant. Je suis convaincu que c’est suite aux coups reçus à la police. Il avait un traumatisme crânien, il n’arrivait pas à uriner et avait même perdu deux dents. Il y a même des témoins que sont certains de ses camarades d’école. »

10 mars La coalition contre la vie chère tient une conférence de presse pour protester dirigée par Tolé Sagnon le président de la CGTB. Il s’agissait de protester contre la Taxe de développement communal qui n’allait qu’aggraver les difficultés. Sur les évènements que vivaient le pays, il a déclaré que c’était l’impunité qui en était responsable. Il a confirmé la manifestation de l’ANEB pour le lendemain et appelé à un meeting le 19 mars.

11 mars Manifestation organisée par l’ANEB à partir du campus de Zogona à Ouagadougou vers la direction générale de la police. Plusieurs milliers de jeunes et étudiants (chiffre à confirmer) ont donc marché avant que la situation ne dégénère avec de nombreux incidents avec la police. Voici quelques mots d’ordre de la manifestation « le système compaoré ça suffit » , « le peuple uni jamais sera vaincu », « A bas la justice corrompu et les défenseurs de l’impunité », « les ministres menteurs dégager », « boutons la méningite du clan Compaoré du Burkina Faso ».
 
La police avait barré la route du cortège au niveau de la place de la femme, où les attendait le secrétaire général du ministère de la sécurité, alors que les manifestants comptaient se rendre à la direction générale de la police. L’ANEB a décrété une grève de 72 heure et convoqué un meeting pour le 15 mars.
 
Deux correspondances :

La marche a été pacifique au debut, car les Etudiants ont marché tranquillement et ont même depassé la maison de François et la radio sans rien abimé ! Ils ont ensuite emprunté la voie qui mène vers le ministère des affaires etrangère ! Et c’est justement vers le rond point de la paix, que les policiers ont certainement paniqué et ont commencé à gazer les Jeunes ! Ils ont été repoussé jusqu’au Campus. Les etudiants qui ont réussi à sortir du campus ont investi les quartiers comme zogona et 1200 logements ! Là, ils ont brulé des pneus sur les voies, ils ont été gazé jusqu’à presque 14h (quand je rentrais) !

Il ya des rumeurs qui circule faisant état de journalistes de la RTB bastonnés, cela est un mensonge !

J’ai les yeux quii me font mal, le gaz m’a trop enfumé et j’ai aussi des migraines !

S. Y.

Chaude journée à Ouagadougou

Vendredi 11 mars 2011 : la rue a encore pris du terrain au Burkina Faso. Comme un seul homme, l’université de Ouagadougou a décidé de mettre fin aux 24 ans de crimes de sang depuis l’assassinat de Thomas Sankara. C’est en tout cas le concentré des messages que les milliers d’étudiants ont brandi sur des pancartes ce vendredi matin. Une marche pacifique de l’Association nationale des étudiants burkinabé (ANEB/Ouaga) qui était bien colorée de slogans révolutionnaires.

Mais comme il fallait s’y attendre, militaires, gendarmes et policiers étaientt au rendez-vous de la répréssion. Les gaz lacrymogènes ont tonné pour disperser les manifestants avant leur destination finale : la directionale de la police où ils devraient remettre un message aux autorités. Sans établir le bras de fer, les étudiants ont replié en brûlant des pneux sur leur passage. Selon nos dernières informations, les étudiants vont se réorganiser pour ressortir les tout prochains jours. En attend, il y a eu des blessés dont on ignore le nombre pour le moment le nombre.

A ce jour, il faut rappeler que le gouvernement a fermé tous les d’étblissements d’enseignement jusqu’à nouvel ordre. La ville de Ouagadougou est siégée par des militaires, gendarmes, militaires armés et mêmes des douaniers qui eux, sont attroupés devant leur direction générale. Nous venons d’apprendre de sources sûres qu’un militant de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS), Samdpawendé Ouédraogo a été interpellé par la gendarmerire à Kaya ce soir même. Les raisons ne sont pas encore connues puisque l’intéressé serait en ce moment en train de subir un interrogatoire.

Amidou Kabré

Plusieurs interpellations ont eu lieu en fin d’après midi dans différentes villes du pays dont celle de Ouedrago Samdpawendé, militant de l’UNIR PS de Kaya, pour interrogatoire. Ce dernier a été relaché vers 22heures.

Cet article a été publié par |+| Sankara.net

Vous trouverez la suite de le chronologie à http://www.thomassankara.net/spip.php?article1053

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