Rapport: Cinéma africain et la construction de l’identité africaine

La fondation AfricAvenir a animé à un débat sur le rôle du cinéma dans la société africaine et l’impact des films africains sur l’identité des Africains. Rapport de Lisabet Mielke, stagiaire.

Rapport de la Discussion du 14 novembre 2007
« Cinéma africain et la construction de l’identité africaine »
Par Lisabet Mielke.

La fondation AfricAvenir a animé à un débat sur le rôle du cinéma dans la société africaine et l’impact des films africains sur l’identité des Africains.
La discussion était animée par M. Essamé Ndamé Jean-Jacques, M. Ekollo Charles Edmond et modérée par Mlle Naily S. Tchana Noufélé, étudiante à l’Université Yaoundé I et stagiaire à la fondation AfricAvenir.

Le premier exposant, M. Jean-Jacques Essamé Ndamé, technicien supérieur en communication, a donné un résumé de la production des films africains. Bien fondé il a rendu compte du FESPACO (Festival Panafricain Cinématographique de Ouagadougou) et plusieurs vedettes importantes, qui ont avancé le cinéma africain. Un élément central dans son exposé était la contribution des femmes à l’industrie cinématographique en Afrique. Par exemple il a présenté Safi Faye, la première directrice africaine, qui a plus tard appris son savoir à plusieurs autres femmes. Concernant la thématique des films africains M Essamé Ndamé a constaté, que les thèmes des films africains sont plus basés sur les réalités quotidiennes de l’Afrique. Les artistes africains s’orientent vers la réalité de leurs pays et oeuvrent à sujets comme le veuvage, l’orpheline, la polygamie, les conflits socioculturels etc. On ne trouve presque pas des films de science-fiction élaborée dans le cinéma africain.

M Ekollo Charles Edmond, étudiant à l’Université Yaoundé I et stagiaire à la fondation AfricAvenir s’est appesanti sur la thème avec les questions telles que : Quel rôle peut jouer le cinéma africain pour l’identité africaine à Comment se servir du cinéma pour établir une identité africaine plus stable à
En ce moment la culture africaine n’est pas bien connue ou valorisée, parce qu’on a appris aux Africains à consommer les productions européennes. C’est un grand problème, car les films occidentaux montrent une réalité pas appropriée à la vie quotidienne en Afrique. Ces films déforment la perception de la réalité africaine et amène la jeunesse par exemple à commencer à rêver des voitures, des maisons ou des vêtements occidentaux. Cette vie de rêve dompte le psychique des Africains, perturbent la construction d’une identité africaine et pousse à l’immigration clandestine. L’Africain se retrouve schizophrène : au plus profond de lui, il existe un « moi » africain et à la surface dans ses attitudes quotidiennes un « sur-moi » européen prédominant. D’où le manque d’identité.
Selon M. Ekollo, des films, qui présentent la culture africaine dans son vrai jour, peuvent aider à éduquer la jeunesse africaine et à retrouver les valeurs africaines, que sont perdues à cause de la domination occidentale. Les films occidentaux transportent aussi les problèmes sociaux de l’occident, comme la violence, l’individualisme, le suicide, l’isolement social et le manque de considération pour la nature. L’Afrique au contraire représente la philosophie de la solidarité, qui sont des valeurs diffusées ou à être diffusées à travers le cinéma africain.

Pendant la discussion la pauvreté en Afrique était un thème important : Comment peut-on promouvoir le cinéma africain dans les sociétés pauvres à Plusieurs invités ont constaté, que l’Afrique n’est pas seulement pauvre au sens économique mais aussi et surtout pauvre en mentalité. La plupart des Africains travaille beaucoup à alimenter leur famille et ne pensent plus aux questions politiques ou sociales de leur pays.

M Tchigankong Désiré, le coordonnateur de la fondation AfricAvenir, a rapporté des difficultés de la fondation AfricAvenir à trouver contribution pour un projet cinéma depuis quelques ans. Il a noté que les Africains s’intéressent de moins en moins au cinéma africain et focalisent toute leur attention sur les films européens et américains. Selon le Coordonnateur d’AfricAvenir, la raison d’un pareil désintérêt pourrait provenir du système éducatif en vogue dans le continent africain et tous les moyens d’extraversion orchestrés à cet effet. En fait, si depuis le berceau et depuis l’école, on apprend à l’enfant à se renier pour n’épouser que des valeurs étrangères, si dans les lycées on apprend des choses d’ailleurs aux enfants, on les amène à aimer les réalités des autres continents pourquoi se surprendre de voir que l’enfant ou le jeune se sente plus à l’aise vis-à -vis de l’étranger que de ses propres valeurs et réalités.

Le cinéma est la sœur de la littérature puisque certains films sont faits à partir des romans ou des livres. Combien de personnes dans la salle ou combien de jeunes ont un intérêt particulier pour la littérature africaine. Si c’était un film ou une discussion portant sur Mme de Bovary, c’était évident que l’intérêt devrait être plus poussé. Il faut arrêter d’aliéner notre peuple et nos enfants, il faut leur apprendre ce qu’ils sont censés savoir, afin qu’ils puissent être mûrs et bien préparés pour relever les défis qui les attendent. Le cinéma africain doit faire partie des cours dans les écoles primaires, dans les lycées et collèges et même dans les universités africaine.

La question de l’un des invités concernait le budget alloué pour la production des films africains. Il y a peu de productions de films en Afrique à cause du peu d’intérêt accordé par les dirigeants africains. Le peu de moyens conduit indubitablement à des piètres réalisations.

Un autre invité a ajouté, que aussi la production des films n’est pas seulement une question d’argent, mais des visions et des idées. On peut aussi créer des films précieux sans grand budget et même sans formation spécifique. Il est primordial de voir les choses différemment et de valoriser la culture africaine. S’inspirer de l’exemple de Josephine Ndagnou avec son célèbre film, « Paris à tout prix ».

Un autre invité a posé la question de savoir des savoir si on est Africain parce qu’on est noir ou si on est noir parce qu’on est en Afrique. Est-ce que les films produits par les Noirs de la diaspora font partie du cinéma africain, est-ce la thématique où la couleur des acteurs qui font qu’on parle de films africains à Les points de vue étaient divergents à cette question.

Les exposants étaient aussi confrontés à l’assertion, selon laquelle, un des problèmes plus grave du cinéma africain est la médiocrité des films. Mais ils ont répondu, qu’il faut bien différencier les thématiques et qualités des films. On peut trouver plusieurs films bien faits, qui transportent les valeurs africaines par exemple sur l’histoire africaine. M Ekollo a expliqué, que ces valeurs sont l’harmonie avec soi-même, l’harmonie avec son prochain, l’harmonie avec la nature et l’harmonie avec Dieu. A son avis l’Afrique peut même aider l’Europe à améliorer sa vision du monde.

Concernant les influences fortes de l’Europe ou des Etats-Unis, les exposants et plusieurs invités ont pensé, que l’Afrique est confronté à un système de domination, du quel il faut s’émanciper. Personne en Afrique n’a demandé aux Européens à importer ces films. Au contraire c’est l’industrie cinématographique européenne, qui ambitionne à tuer les productions africaines économiquement, mais aussi de dévaloriser le continent d’Afrique sur le plan culturel. Cette politique d’aliénation est supportée par les gouvernements africains et empêche la construction d’une identité de l’Africain conscient de lui-même.


L’enjeu d’aujourd’hui pour les Noirs est une Renaissance Africaine, comme M Ekollo disait, et la responsabilité du cinéma africain pour cette Renaissance Africaine doit être d’éduquer les générations prochaines et de les sensibiliser sur la tradition et la culture africaine, pour rendre possible un développement durable et convenable aux réalités en Afrique.

Un autre invité a loué l’initiative de la fondation AfricAvenir de permettre aux Africains de pouvoir apprendre sur eux-mêmes, il a prié la fondation à élargir ses actions à l’échelle nationale, d’en parler avec les gouvernants, le ministère de la culture, dans les écoles et autres.

M. Tchigankong a sauté sur l’occasion pour parler de la maison d’édition Exchange&Dialogue et du dernier livre du Prince Kum’a Ndumbe III : l’Afrique s’annonce au Rendez-vous la tête haute ! Il a prié toute l’assistance à s’approprier ce livre et à le lire parce qu’il est riche en connaissance sur l’Afrique et le monde noir sous plusieurs aspects. C’est un livre que tous les Africains et non Africains doivent lire. La discussion était très animée et les invités ont montré un très grand engouement.

Avant la clôture de la discussion, M. Tchigankong a tenu à faire comprendre aux invités que le thème de la discussion était, cinéma africain et construction de l’identité africaine. Le but est d’amener les gens à comprendre que le cinéma est une école du soir comme l’a toujours clamé Sembène Ousmane. Les Africains doivent comprendre qu’en montrant leur intérêt pour le cinéma africain, ils sont à mesure d’y apprendre plusieurs choses qui pourront les aider à renforcer leur personnalité et leur identité. Les Africains doivent se reconnaître dans les différentes productions qui concernent les problèmes. Ils ne doivent pas oublier que le cinéma est également un objet de satire, de critique et chercher à s’améliorer.

A partir du mois de janvier 2008, la Fondation AfricAvenir donnera l’opportunité aux jeunes et moins jeunes de la ville de Douala et de ses environs de renforcer leur personnalité à travers le vaste programme de cinéma comprenant entre autres les discussions, et les projections des films africains à la Fondation, dans les lycées et universités, mais aussi dans les quartiers et les villages. Le Coordonnateur a prié tous les invités à se joindre massivement à ce programme pour la construction de leur identité, pour une connaissance appropriée de leur continent, de leur culture, pour avoir une forte personnalité et la connaissance indispensable pour bâtir et relever leur continent.

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