{"id":1423,"date":"2008-08-07T11:14:20","date_gmt":"2008-08-07T09:14:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africavenir.com\/rapport-final-lexperience-de-films-africains\/"},"modified":"2023-10-06T11:31:54","modified_gmt":"2023-10-06T09:31:54","slug":"rapport-final-lexperience-de-films-africains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africavenir.org\/en\/rapport-final-lexperience-de-films-africains\/","title":{"rendered":"Rapport final: L\u2019exp\u00e9rience de films africains"},"content":{"rendered":"<p><span lang=\"FR\">La Fondation AfricAvenir International, dans le cadre de son programme d\u2019\u00e9ducation par le cin\u00e9ma africain, a organis\u00e9 du 05 au 30 Juillet 2008, en partenariat avec Evangelischer Entwicklungsdienst (EED), la premi\u00e8re \u00e9dition du \u00ab Cin\u00e9ma au village \u00bb avec traduction des films en langue duala, pour les villages Ndobo, Bonendale, Bojongo, Bonamatoumbe, et Sodiko. <\/span>n<b><span lang=\"FR\">Africavenir Evangelischer Entwicklungsdienst <br \/> Projet cin\u00e9ma (EED) <br \/> Douala le 18 Ao\u00fbt 2008 <\/p>\n<p> CINEMA AU VILLAGE <br \/> L\u2019exp\u00e9rience de films africains \u00e0 Bonendale <br \/> -Du 05 au 30 Juillet 2008- <\/span><\/b><span lang=\"FR\"><\/span>n<b><span lang=\"FR\">RAPPORT<\/span><\/b><span lang=\"FR\"> <br \/> La Fondation AfricAvenir International, dans le cadre de son programme d\u2019\u00e9ducation par le cin\u00e9ma africain, a organis\u00e9 du 05 au 30 Juillet 2008, en partenariat avec Evangelischer Entwicklungsdienst (EED), la premi\u00e8re \u00e9dition du \u00ab Cin\u00e9ma au village \u00bb avec traduction des films en langue duala, pour les villages Ndobo, Bonendale, Bojongo, Bonamatoumbe, et Sodiko. Afin de permettre aux populations de tous ces villages d\u2019assister aux films, le site de projection \u00e9tait bas\u00e9 \u00e0 Bonendale, o\u00f9 tout le monde se retrouve tr\u00e8s souvent pour des rencontres de football et les soir\u00e9es dansantes. C\u2019est dans ce village, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Turbo bar, que les populations se donnaient rendez-vous, tous les mercredis et samedis d\u00e8s 18h30 min, pour vivre les soir\u00e9es du cin\u00e9ma offertes gratuitement par la Fondation AfricAvenir International et son partenaire, la EED. <\/span>n<span lang=\"FR\">Tout part d\u2019un concept du Prince Kum\u2019a Ndumbe III, qui, utilise le cin\u00e9ma africain comme outil p\u00e9dagogique de haut niveau. Apr\u00e8s des projections pendant plusieurs ann\u00e9es au si\u00e8ge d\u2019AfricAvenir \u00e0 Douala, il a emmen\u00e9 les films africains au lyc\u00e9e et \u00e0 l\u2019universit\u00e9, avant de se diriger cette fois-ci vers les villages. <br \/> Plus d\u2019un mois avant l\u2019\u00e9v\u00e8nement, la tradition orale avait eu son effet dans Bonendale, et la population ne voulait pas \u00eatre absente dans la pr\u00e9paration de cette grande premi\u00e8re. Les notables Njanjo Eb\u00e9n\u00e9zer et Jemb\u00e8le se sont impliqu\u00e9s dans l\u2019organisation, et ont aid\u00e9 \u00e0 la mobilisation des populations. Des jeunes femmes du village, pour ne pas rester en dehors de cette pr\u00e9paration, se sont port\u00e9es volontaires comme h\u00f4tesses \u00e0 la soir\u00e9e d\u2019ouverture. Les affiches coll\u00e9es dans les villages et les tracts distribu\u00e9es dans les rues, annon\u00e7aient en grandes pompes ce festival de films africains. <\/span>n<span lang=\"FR\">Le Samedi 05 Juillet \u00e0 17h30, ce fut l\u2019ouverture du festival avec le film <b>\u00ab Sia, le r\u00eave du python \u00bb de Dani Kouyat\u00e9<\/b>. La grande cour de Turbo bar qui accueillait la premi\u00e8re soir\u00e9e de l\u2019\u00e9v\u00e8nement \u00e9tait pleine de gens , le sous-pr\u00e9fet de Douala IV\u00e8me, Monsieur Nlend Likeng, accompagn\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments du commissariat Central N\u00b03, les Adjoints au Maire de Douala Iv\u00e8me, MM. Mambangap Paul et Kammogne, Sa Majest\u00e9 Ndumbe Tukuru Abel, Chef de Bonendale I, Sa Majest\u00e9 Ruben Ness Essombey Ndambwe, Chef des Sodiko, les notables et \u00e9lites des villages, et les populations. A ce lancement, l\u2019on a aussi remarqu\u00e9 une forte pr\u00e9sence des m\u00e9dia, entre autres la Spectrum T\u00e9l\u00e9vision (STV), Le quotidien Le Messager, repr\u00e9sent\u00e9 par son Directeur G\u00e9n\u00e9ral M. Pius Njawe, accompagn\u00e9 du journaliste Jacques Doo Bell, le quotidien Mutations, la Radio Dynamic FM\u2026 <\/span>n<span lang=\"FR\">A 18h30, les premi\u00e8res images du film d\u00e9filent sur le grand \u00e9cran. C\u2019est l\u2019histoire de Koumbi, une cit\u00e9 domin\u00e9e par un empereur farouche qu\u2019on appelle Kaya Maghan Ciss\u00e9. Alors que la cit\u00e9 est frapp\u00e9e par la mis\u00e8re, les pr\u00eatres de l\u2019empereur se pr\u00e9parent \u00e0 sacrifier au dieu-python, une fille vierge et tr\u00e8s belle, afin de ramener la prosp\u00e9rit\u00e9 dans la cit\u00e9. C\u2019est alors qu\u2019ils choisissent la jeune Sia Yatab\u00e9r\u00e9 pour ce sacrifice. Mais Mamadi, le fianc\u00e9 de cette derni\u00e8re, soutenu par son oncle Wakhan\u00e9 qui est aussi le chef des arm\u00e9es de l\u2019empereur, poursuit les pr\u00eatres afin d\u2019emp\u00eacher le sacrifice et tuer le python. Arriv\u00e9s dans l\u2019antre de l\u2019animal, c\u2019est la grande surprise , On ne voit pas de python, et les pr\u00eatres traditionnels qui s\u2019appr\u00eataient \u00e0 tuer Sia apr\u00e8s l\u2019avoir viol\u00e9e, prennent la fuite. Malheureusement pour eux, les soldats les rattrapent et les tuent. Tout ce qu\u2019on voit dans l\u2019antre, c\u2019est des squelettes humains. A partir de cette situation, les soldats comprennent que le python n\u2019a jamais exist\u00e9, et que depuis toujours, les pr\u00eatres usaient de leur pouvoir pour assouvir leurs pulsions. <br \/> Cette premi\u00e8re soir\u00e9e a eu un grand \u00e9cho au niveau des populations, tout comme chez les m\u00e9dia , De bouche \u00e0 oreille, les nouvelles du festival circulaient et d\u00e9passaient largement les zones cibl\u00e9es. Les m\u00e9dia de leur c\u00f4t\u00e9, avaient \u00e9tendu la communication sur l\u2019ensemble du territoire camerounais. Le Messager dans son num\u00e9ro du Mercredi 09 Juillet 2008, a offert toute une page \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement. Toute cette vaste communication annon\u00e7ait l\u2019ampleur des soir\u00e9es \u00e0 venir. <\/span>n<span lang=\"FR\">Le Mercredi 09 Juillet, c\u2019est le jour de <b>\u00ab Pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 \u00bb du Congolais Dieudonn\u00e9 Mw\u00e9z\u00e9 Ngangura<\/b> , un film qui relate les probl\u00e8mes d\u2019immigration et de la conservation de notre identit\u00e9 africaine. Les discussions \u00e9taient centr\u00e9es sur l\u2019utilit\u00e9 de l\u2019immigration de nos jeunes gens, et sur la non n\u00e9gligence de nos valeurs traditionnelles africaines , On entendait ceux qui pensent que l\u2019immigration doit \u00eatre encourag\u00e9e si elle a un objectif r\u00e9el, c\u2019est-\u00e0 -dire, si le concern\u00e9 se d\u00e9place pour des raisons d\u2019\u00e9ducation ou de formation, apr\u00e8s quoi il regagne son pays. L\u2019on a cependant d\u00e9nonc\u00e9 le cas des filles et gar\u00e7ons qui vont tout simplement en aventure, et qui finissent dans la rue ou dans des r\u00e9seaux de prox\u00e9n\u00e9tisme. <\/span>n<b><span lang=\"FR\">\u00ab La Nuit de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb de Fanta R\u00e9gina Nacro<\/span><\/b><span lang=\"FR\"> projet\u00e9 le Samedi 12 Juillet, a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion pour le grand public de Turbo bar de discuter sur les guerres internes qui fragilisent l\u2019Afrique. L\u2019histoire racont\u00e9e par la r\u00e9alisatrice Burkinab\u00e9 est celle d\u2019une situation de longue guerre entre deux tribus d\u2019un m\u00eame pays. Las de voir les morts de gauche \u00e0 droite, le Commandant Moussa Ciss\u00e9 qui joue le r\u00f4le du Colonel Th\u00e9o, appelle le pr\u00e9sident et sa tribu \u00e0 la nuit de la r\u00e9conciliation\u2026 Lors de la discussion apr\u00e8s la projection du film, les interventions visaient \u00e0 encourager l\u2019esprit patriotique , l\u2019audience de mani\u00e8re unanime, a \u00e9t\u00e9 d\u2019accord que les Africains qui re\u00e7oivent des pots de vin des colonisateurs participent eux aussi \u00e0 la d\u00e9stabilisation de l\u2019Afrique. <\/span>n<span lang=\"FR\">La soir\u00e9e du Mercredi 16 Juillet a \u00e9t\u00e9 anim\u00e9e par le film <b>\u00ab Ceddo \u00bb, du cin\u00e9aste S\u00e9n\u00e9galais Semb\u00e8ne Ousmane<\/b>. Le sujet de l\u2019heure \u00e9tait celui des religions \u00e9trang\u00e8res qui usent de tous les moyens possibles pour gagner du terrain en Afrique. Des membres de l\u2019Association des Chercheurs en M\u00e9decine Traditionnelle (A.C.M.T) venus de Douala pour assister aux projections, n\u2019ont pas cach\u00e9 leur joie , leur chef a tout d\u2019abord appr\u00e9ci\u00e9 le sujet du film, puis il a encourag\u00e9 la Fondation AfricAvenir International pour cette initiative qui tend \u00e0 rapprocher les Africains d\u2019eux-m\u00eames. \u00ab Je suis heureux, parce que nous ne sommes pas seuls dans ce combat \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. <\/span>n<span lang=\"FR\">Le Zimbabw\u00e9en John Riber a tenu les jeunes en haleine avec son film <b>\u00ab Yellow Card \u00bb<\/b>, projet\u00e9 le Samedi 19 Juillet. La jeune g\u00e9n\u00e9ration qui avait pris soin d\u2019occuper les si\u00e8ges avant l\u2019arriv\u00e9e de leurs a\u00een\u00e9s s\u2019est tr\u00e8s vite identifi\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire de Tiyane, ce jeune lyc\u00e9en dont la vie est partag\u00e9e entre l\u2019amour, son b\u00e9b\u00e9, et son r\u00eave de footballeur professionnel. Alors que Linda, sa copine, lui annonce qu\u2019elle est enceinte, Tiyane n\u2019est pas content et renie le b\u00e9b\u00e9\u2026Le film est applaudit avec force et cris par toute l\u2019audience. Alexandre T. Djimeli, r\u00e9dacteur en Chef du quotidien Le Messager et son coll\u00e8gue Jacques Doo Bell serrent la main des membres de l\u2019\u00e9quipe d\u2019AfricAvenir et encouragent son fondateur \u00e0 aller de l\u2019Avant. St\u00e9phane Tchakam du quotidien national bilingue Cameroon Tribune avait pour habitude d\u2019arriver ? Bonendale au moins une heure avant les projections pour rencontrer les premi\u00e8res personnes et faire son reportage. Ce jour, avant la projection, il avait d\u00e9j\u00e0 recueilli les avis de trois adolescents sur les films qu\u2019ils avaient jusque l\u00e0 regard\u00e9s, avant de s\u2019asseoir pour \u00e9couter la veuve Etonde, une vieille femme qui approche la centaine et qui s\u2019asseyait toujours au premier si\u00e8ge de la premi\u00e8re rang\u00e9e. La causerie de ce soir avait pour principaux points l\u2019\u00e9ducation, la responsabilit\u00e9, et le sexe. Certains ont stipul\u00e9 que les parents sont responsables de l\u2019\u00e9ducation des enfants, donc de leurs diff\u00e9rents comportements en soci\u00e9t\u00e9. D\u2019autres ajoutaient que la bonne \u00e9ducation d\u2019un enfant ne d\u00e9pend pas uniquement des parents et que la compagnie de ceux-ci, que ce soit \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou \u00e0 la maison, influence \u00e9norm\u00e9ment leurs mani\u00e8res. <\/span>n<span lang=\"FR\">Le Mercredi 23 Juillet, tout le monde attendait la version film\u00e9e de ce c\u00e9l\u00e8bre roman que l\u2019auteur et r\u00e9alisateur Semb\u00e8ne Ousmane a intitul\u00e9 <b>\u00ab Le Mandat \u00bb<\/b>. <br \/> Les plus \u00e2g\u00e9s connaissaient le film, les adultes en avaient entendu parler, et les jeunes gens voulaient d\u00e9couvrir cette r\u00e9alisation de 1968. Semb\u00e8ne nous pr\u00e9sente les m\u00e9saventures d\u2019Ibrahim Dieng, un S\u00e9n\u00e9galais qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un mandat venu de France, et l\u2019ignorance du nouveau syst\u00e8me postcolonial a pouss\u00e9 dans une grande mis\u00e8re. En fin de compte, ce mandat qui \u00e9tait suppos\u00e9 lui apporter du bonheur, lui a plut\u00f4t fait des ennemis. A chaque \u00e9tape qu\u2019entreprenait Ibrahim Dieng pour toucher son mandat, le public anticipait en s\u2019exclamant, car savait-on, il sera encore escroqu\u00e9. Au-del\u00e0 d\u2019un r\u00e9el divertissement, ce film a attir\u00e9 l\u2019attention du public sur notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle, o\u00f9 m\u00eame les droits s\u2019ach\u00e8tent. Monsieur Paul Samuel Njoh, responsable \u00e9tude et communication du d\u00e9put\u00e9 Ndoumbe Edimo Oscar, a dit n\u2019avoir jamais vu ce \u00ab grand film \u00bb bien qu\u2019il ait pass\u00e9 des ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes au S\u00e9n\u00e9gal. Mais Semb\u00e8ne Ousmane n\u2019avait pas encore fini avec le public , il nous r\u00e9servait pour le Samedi 26 Juillet, <b>\u00ab Camp de Thiaroye \u00bb<\/b>, une histoire vraie sur des tirailleurs S\u00e9n\u00e9galais pendant la seconde guerre mondiale. <\/span>n<span lang=\"FR\">Avant l\u2019heure de la projection, le sujet du film pr\u00e9occupe d\u00e9j\u00e0 la grande foule r\u00e9unie au stade \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une rencontre de football , Des \u00e9l\u00e8ves qui tiennent les tracts du film s\u2019interrogent les uns les autres sur le r\u00e9sum\u00e9 qu\u2019ils lisent , Ils d\u00e9clarent tous n\u2019avoir jamais entendu parl\u00e9 d\u2019une telle histoire concernant les tirailleurs du S\u00e9n\u00e9gal \u00e0 l\u2019\u00e9cole, o\u00f9 on leur a pourtant parl\u00e9 de la participation de l\u2019Afrique \u00e0 la seconde guerre mondiale. <\/span>n<span lang=\"FR\">\u00ab Moi engag\u00e9 militaire, moi engag\u00e9 militaire, moi pas besoin galons, sautez-moi du riz \u00bb.Voici la chanson des tirailleurs aux premi\u00e8res minutes du film qui \u00e9voque le rire. Dans la salle, on s\u2019ajuste pour mieux suivre et entendre la qualit\u00e9 du fran\u00e7ais que parlent ces soldats originaires de plusieurs pays d\u2019Afrique. Semb\u00e8ne Ousmane ici d\u00e9nonce l\u2019injustice et le racisme dont ont \u00e9t\u00e9 victime un groupe de tirailleurs parqu\u00e9s dans un camp de transit appel\u00e9 le camp de Thiaroye. Ceux-ci ayant valeureusement combattus aux c\u00f4t\u00e9s des Fran\u00e7ais, \u00e9taient sur le point de toucher leur d\u00fb et regagner leurs territoires respectifs. Mais le G\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais refuse de changer leur argent au taux normal en francs CFA. Les tirailleurs alors \u00e9nerv\u00e9s, retiennent celui-ci prisonnier dans le camp, jusqu\u2019 \u00e0 recevoir une promesse selon laquelle ils recevraient leur argent comme cela se doit. Mais le G\u00e9n\u00e9ral avait dit un mensonge. Dans la nuit, alors que ces soldats Africains sont endormis, Il envoie des chars d\u2019assaut bombarder le camp. Le bilan est lourd , des dizaines de tirailleurs sont morts et de nombreux autres sont bless\u00e9s. <\/span>n<span lang=\"FR\">Le rire qu\u2019on entendait au d\u00e9but du film disparaissait progressivement pour laisser la place aux exclamations d\u00e9non\u00e7ant l\u2019injustice et le racisme , \u00ab les blancs sont m\u00e9chants ! \u00bb \u00ab J\u2019avais une bonne image des blancs, mais avec \u00e7a\u2026 \u00bb, \u00ab Les Fran\u00e7ais \u00e9taient plus m\u00e9chants que les Allemands ! \u00bb, Entendait-on avec passion tout au long de la projection. La particularit\u00e9 de cette soir\u00e9e \u00e9tait que c\u2019est un enfant de 9 ans qui a ouvert le d\u00e9bat en disant : \u00ab J\u2019ai appris qu\u2019il ne faut pas croire aux gens qui mentent \u00bb. <\/span>n<span lang=\"FR\">L\u2019\u00e9tudiant Etonde s\u2019est ensuite lev\u00e9 pour remercier la Fondation AfricAvenir International de lui avoir permis de voir cette partie de l\u2019histoire des Africains pendant la seconde guerre mondiale , \u00ab Je suis tr\u00e8s content parce que j\u2019ai fait l\u2019histoire \u00e0 l\u2019\u00e9cole, mais on ne nous a jamais parl\u00e9 de cette triste histoire ! On nous dit tout simplement que l\u2019Afrique a particip\u00e9 \u00e0 la deuxi\u00e8me guerre, mais on ne nous parle pas de ce qu\u2019on vient de voir-l\u00e0 ! \u00bb. L\u2019un des points majeurs du d\u00e9bat fut la r\u00e9action d\u2019un jeune homme qui a d\u00e9clar\u00e9 haut et fort sa haine des blancs en pointant du doigt une Autrichienne qui assistait toujours aux projections. Cette intervention a fait jaillir beaucoup de r\u00e9actions qui avaient pour objectif de le calmer et \u00e9teindre cette \u00e9motion qui l\u2019envahissait , Joel Mpah Dooh, un artiste plasticien a dit : \u00abSi tout le monde pense comme vous jeune homme, c\u2019est qu\u2019on va tous prendre des fusils. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un combat entre les blancs et les noirs, mais il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me de justice \u00bb. L\u2019Etudiant Etonde a rappel\u00e9 qu\u2019il y\u2019avait un capitaine Blanc dans le film qui soutenait enti\u00e8rement les Noirs et qui pour ce fait, est devenu l\u2019ennemi de ses coll\u00e8gues Blancs\u2026La multitude d\u2019interventions des parents et d\u2019autres jeunes gens a fini par calmer le jeune homme et \u00e0 lui redonner le sourire. <\/span>n<span lang=\"FR\">L\u2019important, c\u2019est qu\u2019il avait compris que tous les Occidentaux n\u2019ont pas un m\u00eame type de regard sur les Africains. Apr\u00e8s ce doubl\u00e9, Semb\u00e8ne Ousmane laisse la place \u00e0 son compatriote Djibril Diop Mamb\u00e9ty afin que celui-ci cl\u00f4ture le festival le Mercredi 30 Juillet avec son film <b>\u00ab la Petite Vendeuse de Soleil \u00bb<\/b>. <br \/> La cl\u00f4ture a emprunt\u00e9 la formule de l\u2019ouverture , les autorit\u00e9s, les m\u00e9dia, les notables, les jeunes et les vieux, tout le monde s\u2019est retrouv\u00e9 dans la grande cour pour la f\u00eate. Ce jour, nous avons re\u00e7u la visite de sa Majest\u00e9 Essawe, chef des Bakoko de Dibombari. La soir\u00e9e commence par une prestation de l\u2019Essewe, une danse traditionnelle du peuple sawa , le public est \u00e9gay\u00e9 par les instruments, les voix et pas de danses du groupe. Ensuite, on recueille les avis de quelques personnes sur le festival qui s\u2019ach\u00e8ve. On note de la joie et de la satisfaction de part et d\u2019autre , sa Majest\u00e9 Ndumbe Tukuru Abel, chef de Bonendale I, est tr\u00e8s heureux d\u2019avoir accueilli un tel \u00e9v\u00e8nement sur son territoire, le Pasteur Mbongo exhorte les jeunes gens \u00e0 suivre les activit\u00e9s d\u2019AfricAvenir et \u00e0 en tirer profit. Beaucoup appr\u00e9cient l\u2019\u00e9v\u00e8nement et souhaitent qu\u2019il continue l\u2019ann\u00e9e prochaine\u2026 <\/span>n<span lang=\"FR\">Le film de la soir\u00e9e qui n\u2019a dur\u00e9 que 45 minutes a \u00e9t\u00e9 plein de le\u00e7ons. L\u2019histoire de cette petite handicap\u00e9e qui d\u00e9cide de gagner sa vie en vendant les journaux comme les gar\u00e7ons a diverti le public tout entier. L\u2019on \u00e9tait si concentr\u00e9 \u00e0 regarder les images qui d\u00e9filaient, que l\u2019apparition du g\u00e9n\u00e9rique de fin a \u00e9t\u00e9 une surprise, bien que la dur\u00e9e du film ait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e avant. Malgr\u00e9 la fin de la soir\u00e9e autour de 20h30, la cour de turbo bar regorgeait toujours de gens. On dirait que les populations avaient soif des soirs au village autrefois anim\u00e9s par des conteurs et des danseurs. Des voix s\u2019\u00e9levaient pour demander aux membres de l\u2019\u00e9quipe d\u2019AfricAveinr la date du prochain festival \u00ab Cin\u00e9ma au village \u00bb. <\/span>n<span lang=\"FR\">En d\u00e9finitive, cette premi\u00e8re \u00e9dition des soir\u00e9es du cin\u00e9ma a eu un grand impact sur les populations des villages et m\u00eame au del\u00e0 , plusieurs personnes venues des contr\u00e9es non cibl\u00e9es par le festival ont parcouru de nombreux kilom\u00e8tres pour y assister. L\u2019Autrichienne Inge Mautner qui est arriv\u00e9e de Vienne pour assister au festival \u00e9tait fort combl\u00e9e, au point o\u00f9 elle a fait un reportage photos avec commentaire sur tout l\u2019\u00e9v\u00e8nement. La technique de la fondation AfricAvenir International a \u00e9t\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 sans reproche , les films ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 leur fin, et \u00e0 chaque fois qu\u2019il y\u2019avait projection, on d\u00e9pla\u00e7ait un groupe \u00e9lectrog\u00e8ne, afin de ne pas sombrer dans le noir total en cas de coupure d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. <\/span>n<span lang=\"FR\">Cependant, en aucune fois, l\u2019on a enregistr\u00e9 la moindre coupure pendant les projections. Toutes les fois, Merveille Moukoko traduisait en langue duala, afin que tout le monde suive. Les m\u00e9dia ont toujours r\u00e9pondu pr\u00e9sent en multipliant les reportages. Ce qui fait la diff\u00e9rence entre ces soir\u00e9es de cin\u00e9ma au village et les salles de cin\u00e9ma en ville, c\u2019est qu\u2019au village, les personnes de tout \u00e2ge vont regarder les films , nous avons vu des mamans et leurs b\u00e9b\u00e9s, un tr\u00e8s grand nombre d\u2019enfants et d\u2019adolescents, des adultes et m\u00eame des vieux de plus de 90 ans, comme c\u2019est le cas de la veuve Etonde, qui nous a un jour dit : \u00ab Je viens ici parce que c\u2019est un \u00e9v\u00e8nement qui se passe au village, et donc je suis tenue d\u2019y \u00eatre. J\u2019aimerais vivre moi-m\u00eame les choses au lieu de les \u00e9couter de la bouche des autres. Quand nous \u00e9tions jeunes, on ne connaissait pas le cin\u00e9ma \u00bb. <\/span>n<span lang=\"FR\">Cette grande mobilisation nous indique que les Africains veulent regarder leurs films, mais qu\u2019ils n\u2019ont v\u00e9ritablement pas cette possibilit\u00e9-l\u00e0 . Les salles de cin\u00e9ma, m\u00eame s\u2019il n\u2019en reste que trois dans tout le Cameroun, diffusent tout le temps des films venus de l\u2019Occident, plus particuli\u00e8rement d\u2019Hollywood. L\u2019urgence est r\u00e9elle et \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 nous sommes, le public attend le prochain rendez-vous des soir\u00e9es du cin\u00e9ma au village. Nous nous souviendrons toujours de ce petit enfant qui, plusieurs jours apr\u00e8s la cl\u00f4ture du festival, nous a rencontr\u00e9 au stade de football de Bonendale, et a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Je suis f\u00e2ch\u00e9 parce que vous \u00eates partis \u00bb. <\/span>n<span lang=\"FR\">Au Cameroun, s\u2019agissant des \u00e9v\u00e8nements qui marquent la population, on a coutume de dire : \u00ab pourvu que \u00e7a dure. \u00bb <\/span>n<span lang=\"FR\">Jean Ndoumbe <br \/> Charg\u00e9 des projections <\/span>n<span lang=\"FR\">&nbsp;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Fondation AfricAvenir International, dans le cadre de son programme d\u2019\u00e9ducation par le cin\u00e9ma africain, a organis\u00e9 du 05 au 30 Juillet 2008, en partenariat avec Evangelischer Entwicklungsdienst (EED), la premi\u00e8re \u00e9dition du \u00ab Cin\u00e9ma au village \u00bb avec traduction des films en langue duala, pour les villages Ndobo, Bonendale, Bojongo, Bonamatoumbe, et Sodiko. nAfricavenir&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[85,106,107],"tags":[],"class_list":["post-1423","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-events","category-filme","category-kolonialismus-und-dekolonisierung"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Rapport final: L\u2019exp\u00e9rience de films africains &#8211; 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