{"id":1687,"date":"2008-09-17T12:14:22","date_gmt":"2008-09-17T10:14:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africavenir.com\/cameroun-1958-la-guerre-cachee-de-la-france\/"},"modified":"2023-10-06T11:12:56","modified_gmt":"2023-10-06T09:12:56","slug":"cameroun-1958-la-guerre-cachee-de-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africavenir.org\/en\/cameroun-1958-la-guerre-cachee-de-la-france\/","title":{"rendered":"Cameroun 1958: La guerre cach\u00e9e de la France"},"content":{"rendered":"<p>Il y a tout juste cinquante ans, Ruben Um Nyob\u00e8, leader de l\u2019Union des populations du Cameroun, tombait sous les balles fran\u00e7aises. La r\u00e9pression men\u00e9e contre le mouvement ind\u00e9pendantiste fera des dizaines de milliers de victimes. Par FANNY PIGEAUD, paru dans Lib\u00e9ration.nElles sont trois au centre de l\u2019image : trois t\u00eates pos\u00e9es sur le sol. Trois t\u00eates de jeunes hommes au visage tum\u00e9fi\u00e9. Cette photo est l\u2019un des rares t\u00e9moignages subsistant, aujourd\u2019hui au Cameroun, de la r\u00e9pression impitoyable men\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e coloniale fran\u00e7aise contre l\u2019Union des populations du Cameroun (UPC) et son leader, Ruben Um Nyob\u00e8, abattu il y a tout juste cinquante ans, le 13 septembre 1958. nLa guerre contre ce parti politique, qui r\u00e9clamait l\u2019ind\u00e9pendance, a dur\u00e9 pr\u00e8s de quinze ans et fait, selon les estimations, plusieurs dizaines de milliers de morts, voire des centaines de milliers de victimes. Mais elle fait l\u2019objet d\u2019un gros trou de m\u00e9moire en France et au sommet de l\u2019Etat camerounais. nC\u2019est en 1948, dans le milieu syndical de la cit\u00e9 portuaire de Douala, que l\u2019UPC a vu le jour. Le pays est alors coup\u00e9 en deux : d\u2019abord colonie allemande, il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en 1919 par la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations sous la tutelle fran\u00e7aise pour sa partie orientale, et britannique pour sa partie occidentale. Rapidement, les revendications de l\u2019UPC &#8211; ind\u00e9pendance et r\u00e9unification &#8211; deviennent extr\u00eamement populaires, en particulier dans l\u2019ouest et le sud du pays, les pays bamil\u00e9k\u00e9 et bassa, qui ont particuli\u00e8rement souffert du syst\u00e8me de pr\u00e9dation et du travail forc\u00e9 impos\u00e9s par les Allemands, puis les Fran\u00e7ais. La personnalit\u00e9 exceptionnelle de Ruben Um Nyob\u00e8, intellectuel int\u00e8gre, humaniste et pacifiste, joue beaucoup : \u00abMpodol\u00bb (\u00abcelui qui porte la parole des siens\u00bb, en langue bassa), comme le surnomment ses partisans, jouit d\u2019une formidable aura. nPour plaider la cause nationaliste, Um Nyob\u00e8 se rend \u00e0 trois reprises au si\u00e8ge de l\u2019ONU \u00e0 New York. Mais si les autorit\u00e9s fran\u00e7aises envisagent l\u2019ind\u00e9pendance du Cameroun, elles ne veulent pas confier les r\u00eanes du pouvoir \u00e0 l\u2019UPC. Elles dispersent violemment ses manifestations et ses r\u00e9unions et elles finissent par l\u2019interdire en juillet 1955. Les leaders du mouvement choisissent alors la clandestinit\u00e9 ou l\u2019exil. Accul\u00e9e, l\u2019aile radicale du parti d\u00e9cide de r\u00e9pondre \u00e0 la violence par la violence : elle prend le maquis dans le sud du pays, y installe une administration parall\u00e8le, et se lance dans des actions de gu\u00e9rilla. En retour, les autorit\u00e9s coloniales imposent un r\u00e9gime de terreur. nSous la direction du haut-commissaire du Cameroun de l\u2019\u00e9poque, Pierre Messmer, elles utilisent les m\u00e9thodes alors en cours en Alg\u00e9rie : traqu\u00e9s, pr\u00e9sent\u00e9s comme des \u00abterroristes\u00bb, les \u00abup\u00e9cistes\u00bb sont infiltr\u00e9s, arr\u00eat\u00e9s, tortur\u00e9s, d\u00e9port\u00e9s, assassin\u00e9s, d\u00e9capit\u00e9s. Des dizaines de villages sont ras\u00e9s, d\u2019autres bombard\u00e9s au napalm, leurs populations sont d\u00e9plac\u00e9es, regroup\u00e9es dans des camps pour couper les \u00abmaquisards\u00bb de leur soutien populaire. La r\u00e9pression cible en particulier l\u2019ethnie bassa, principal vivier de la r\u00e9bellion. <b><\/b>n<b>\u00abDes machettes contre des armes automatiques\u00bb<\/b> <br \/> \u00abIl y avait un couvre-feu \u00e0 partir de 20 heures. L\u2019arm\u00e9e encerclait alors le quartier et on entendait des coups de feu d\u2019intimidation jusqu\u2019au matin. Comme les balles traversaient parfois les maisons, nous dormions sous nos lits\u00bb, se souvient Rapha\u00ebl, un habitant de Douala. \u00abTous les matins, on trouvait des t\u00eates coup\u00e9es expos\u00e9es sur les trottoirs : elles \u00e9taient destin\u00e9es ? effrayer les gens et leur dire &quot;ne rejoignez pas le maquis, vous finirez comme eux&quot;\u00bb, t\u00e9moigne la journaliste Henriette Ekw\u00e9, alors enfant. nDans le maquis aussi, la vie est infernale : \u00abC\u2019\u00e9tait une guerre asym\u00e9trique : nous n\u2019avions que des machettes \u00e0 opposer aux armes automatiques de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. En for\u00eat, o\u00f9 nous vivions, nous n\u2019avions rien \u00e0 manger\u00bb , se souvient un ancien r\u00e9sistant. nEn France, ces \u00e9v\u00e9nements passent quasiment inaper\u00e7us : la presse est pr\u00e9occup\u00e9e avant tout par la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Surtout, tr\u00e8s peu d\u2019informations filtrent du Cameroun, parce que \u00abc\u2019\u00e9tait une guerre de professionnels\u00bb, sans appel\u00e9s du contingent, contrairement \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, souligne l\u2019historien fran\u00e7ais Gabriel P\u00e9ri\u00e8s. D\u2019ailleurs, la France n\u2019a officiellement jamais \u00e9t\u00e9 en guerre au Cameroun et le corps exp\u00e9ditionnaire y a \u00e9t\u00e9 \u00abenvoy\u00e9 pratiquement dans une semi-clandestinit\u00e9\u00bb, ajoute P\u00e9ri\u00e8s. nEn 1958, le refuge d\u2019Um Nyob\u00e8 est d\u00e9couvert. Il est tu\u00e9 alors qu\u2019il tente de s\u2019enfuir. Son corps, ensanglant\u00e9 et d\u00e9figur\u00e9, est enterr\u00e9 \u00e0 la va-vite par les autorit\u00e9s coloniales et recouvert d\u2019une dalle de b\u00e9ton. nLe Cameroun acc\u00e8de finalement \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance en 1960. Mais il reste sous l\u2019\u00e9troit contr\u00f4le politique et \u00e9conomique de la France et du M. Afrique de De Gaulle, Jacques Foccart, qui impose \u00e0 sa t\u00eate le pr\u00e9sident Ahmadou Ahidjo. Ceux qui dirigent ainsi l\u2019Etat camerounais \u00abn\u2019ont jamais combattu pour l\u2019ind\u00e9pendance mais ont \u00e9t\u00e9 contraints de l\u2019accepter\u00bb, souligne l\u2019historien Emmanuel Tchumtchoua, qui note que \u00abl\u2019ind\u00e9pendance n\u2019a pas mis fin \u00e0 l\u2019injustice et \u00e0 la discrimination du r\u00e9gime colonial\u00bb. L\u2019UPC poursuit la lutte de lib\u00e9ration dans l\u2019Ouest, en plein pays bamil\u00e9k\u00e9, via sa branche arm\u00e9e, l\u2019Arm\u00e9e de lib\u00e9ration nationale du Kamerun (ALNK). nAhidjo la combat sur le mode de la politique de la terre br\u00fbl\u00e9e et avec l\u2019aide active de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, qui est rest\u00e9e sur place jusqu\u2019en 1964 pour former son homologue camerounaise. Les deux Maurice, Delaunay et Robert &#8211; des proches de Foccart -, supervisent la liquidation des maquis \u00abup\u00e9cistes\u00bb avec le chef des services camerounais, Jean Fochiv\u00e9. \u00abDans chaque village, il y a eu de nombreux morts\u00bb, raconte un journaliste originaire de l\u2019Ouest, Denis Nkwebo, du quotidien priv\u00e9 le Jour. \u00abSeize membres de ma famille ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s le m\u00eame jour. nOn n\u2019a jamais su ce qu\u2019on leur reprochait.\u00bb Des bandes de pillards se m\u00ealent aux rebelles et s\u00e8ment la confusion. Le village de Badenkop, si\u00e8ge de l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019ALNK, a \u00e9t\u00e9 \u00abcompl\u00e8tement vid\u00e9\u00bb de sa population et incendi\u00e9. Comme plusieurs centaines de milliers d\u2019autres, ses habitants ont \u00e9t\u00e9 parqu\u00e9s dans un camp pendant quatre ans. \u00abSeules deux ou trois personnes \u00e9taient autoris\u00e9es \u00e0 sortir chaque jour du camp\u00bb , raconte un habitant. nC\u2019est en 1971 que la guerre prend officiellement fin avec l\u2019arrestation d\u2019Ernest Ouandi\u00e9, dernier chef de l\u2019UPC, ex\u00e9cut\u00e9 sur la place publique de la ville de Bafoussam. Mais les autorit\u00e9s continuent \u00e0 entretenir un climat de terreur. \u00abJusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, on ne pouvait pas prononcer le nom d\u2019Um Nyob\u00e8 et de l\u2019UPC. Sinon, on disparaissait\u00bb, explique Samuel Mack-It, actuel pr\u00e9sident d\u2019un parti h\u00e9ritier de l\u2019UPC, non reconnu l\u00e9galement. La chape de plomb n\u2019a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e que tr\u00e8s furtivement en 1991, avec l\u2019instauration d\u2019un semblant de d\u00e9mocratie. Par calcul politique, le pr\u00e9sident Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, \u00abr\u00e9habilite\u00bb tout \u00e0 la fois Ahmadou Ahidjo, condamn\u00e9 \u00e0 mort par contumace en 1984, Ruben Um Nyob\u00e8, Ernest Ouandi\u00e9 et un autre responsable de l\u2019UPC, F\u00e9lix Moumi\u00e9, mort empoisonn\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve en octobre 1960, apparemment par les services secrets fran\u00e7ais. Mais Biya veille surtout \u00e0 phagocyter ce qui reste de l\u2019UPC. <b><\/b>n<b>\u00abComme si le pays n\u2019avait pas d\u2019histoire\u00bb<\/b> <br \/> Aujourd\u2019hui, la guerre qui a ensanglant\u00e9 le Cameroun, tout comme le nom d\u2019Um Nyob\u00e8 et de ses camarades, sont rarement \u00e9voqu\u00e9s. Il n\u2019existe aucun monument pour rappeler leur combat. Ils ne sont que bri\u00e8vement mentionn\u00e9s dans les manuels d\u2019histoire. Cette indiff\u00e9rence vis-\u00e0-vis des h\u00e9ros de l\u2019ind\u00e9pendance fait du Cameroun \u00abun cas \u00e0 part en Afrique\u00bb, souligne l\u2019historien Tchumtchoua. \u00abIl y a en r\u00e9alit\u00e9 deux m\u00e9moires en conflit : celle, id\u00e9alis\u00e9e, de l\u2019UPC, et celle que veut fabriquer le pouvoir pour se maintenir. Selon cette derni\u00e8re, les &quot;up\u00e9cistes&quot; n\u2019\u00e9taient rien d\u2019autres que des bandits.\u00bb Quant \u00e0 ceux qui ont surv\u00e9cu \u00e0 cette p\u00e9riode, \u00abils ont du mal \u00e0 raconter, et ceux qui racontent un peu ne le font pas avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Les plaies sont encore b\u00e9antes. Beaucoup sont encore traumatis\u00e9s et ont peur\u00bb, observe Henriette Ekw\u00e9. nR\u00e9sultat, la jeunesse camerounaise ne sait pas grand-chose de ces ann\u00e9es sombres qui ont pourtant orient\u00e9 la suite du parcours du pays. \u00abC\u2019est comme s\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019histoire, or un pays sans histoire est comme une maison sans fondations\u00bb, d\u00e9plore un ancien r\u00e9sistant, qui, comme les autres, vit aujourd\u2019hui dans la mis\u00e8re. n\u00abLa p\u00e9riode propice \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de notre conscience est en train d\u2019arriver\u00bb , estime cependant Tchumtchoua. \u00abTout se dira alors. On aura certes perdu des d\u00e9tails, mais l\u2019histoire ne peut pas s\u2019effacer. Il y a des m\u00e9canismes pour garder le souvenir : des berceuses et des chants \u00e9voquent d\u2019une mani\u00e8re indirecte cette p\u00e9riode.\u00bb D\u00e9j\u00e0 , une petite association compos\u00e9e d\u2019anciens up\u00e9cistes, de veuves et d\u2019orphelins de r\u00e9sistants, l\u2019Association des v\u00e9t\u00e9rans du Cameroun (Asvecam), a vu le jour, en 2005 \u00e0 Douala, pour \u00abposer le devoir de m\u00e9moire\u00bb.n\u00abNous voulons faire comprendre aux jeunes qu\u2019il y a eu des hommes de c\u0153ur, des altruistes qui se sont mis au service de leur pays sans attendre de mani\u00e8re imm\u00e9diate une r\u00e9compense ou une compensation\u00bb, explique un de ses membres. Mais pour que les jeunes puissent se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 ces figures, \u00abil faut faire leur deuil, ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fait : on ne les a pas enterr\u00e9es, ni pleur\u00e9es comme il le fallait, rappelle Tchumtchoua. nUm Nyob\u00e8 et Ouandi\u00e9 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9s selon les rituels traditionnels. Au contraire, on s\u2019est acharn\u00e9 sur leurs cadavres, et en proc\u00e9dant ainsi, on leur a d\u00e9ni\u00e9 le titre d\u2019anc\u00eatres. Ceux qui l\u2019ont fait savaient ce qu\u2019ils faisaient. \u00bb Rien ne se fera probablement sous le r\u00e9gime Biya, qui n\u2019est que \u00able prolongement du r\u00e9gime n\u00e9ocolonial d\u2019Ahidjo\u00bb, souligne Henriette Ekw\u00e9. \u00abD\u2019autant que des responsables actuels de l\u2019arm\u00e9e ou de la police ont \u00e9t\u00e9 de grands tueurs dans les ann\u00e9es 60.\u00bb Ce n\u2019est probablement pas non plus le pouvoir actuel qui demandera \u00e0 la France de \u00abreconna\u00eetre les massacres qu\u2019elle a commis au Cameroun\u00bb, d\u00e9plore le pr\u00e9sident de l\u2019Asvecam, Mathieu Njassep, ancien secr\u00e9taire d\u2019Ernest Ouandi\u00e9. nPourtant, \u00ables responsabilit\u00e9s doivent \u00eatre \u00e9tablies\u00bb , plaide-t-il. Nous reconnaissons, nous, que certains de nos camarades ont fait des choses qui n\u2019\u00e9taient pas correctes. Chaque partie doit assumer sa part de responsabilit\u00e9.\u00bb Mais en France le black-out est total. n\u00abC\u2019est incalculable le nombre de fois o\u00f9 nous nous sommes vus r\u00e9pondre, que ce soit par des personnes qui ont travaill\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, des services de renseignements ou des responsables politiques : &quot;Mais il ne s\u2019est rien pass\u00e9 au Cameroun !&quot; Comme s\u2019il y avait un pacte qui dit qu\u2019il ne faut rien raconter. C\u2019est assez troublant\u00bb, t\u00e9moigne Ga\u00eblle Le Roy, auteure, avec Val\u00e9rie Osouf, du documentaire <b>Autopsie d\u2019une ind\u00e9pendance (2008)<\/b>. Aucun militaire fran\u00e7ais pr\u00e9sent dans le pays entre 1955 et 1964 n\u2019a accept\u00e9 de t\u00e9moigner. n\u00abLe fait qu\u2019on ait utilis\u00e9 des armes interdites comme le napalm explique aussi ce grand silence\u00bb , rench\u00e9rit Gabriel P\u00e9ri\u00e8s. Fran\u00e7ois G\u00e8ze, le directeur des \u00e9ditions de la D\u00e9couverte, pr\u00e9pare avec trois jeunes historiens, fran\u00e7ais et camerounais, un ouvrage sur la question qui compl\u00e9tera les rares \u00e9crits des historiens Richard Joseph et Achille Mbembe ou de l\u2019\u00e9crivain <b>Mongo Beti<\/b> : n\u00abC\u2019est une guerre secr\u00e8te \u00e0 tous les \u00e9gards : elle n\u2019est absolument pas document\u00e9e sur le plan historique.\u00bb Pourtant, \u00abcette guerre &#8216;qui n\u2019a jamais eu lieu&#8217; est dans les archives, souligne P\u00e9ri\u00e8s. Mais si on ouvre r\u00e9ellement celles-ci, il y aura un probl\u00e8me : la destruction totale ou partielle d\u2019un groupe social, d\u2019une race ou d\u2019un groupe ethnique [les Bassas et les Bamil\u00e9k\u00e9s, ndlr] est consid\u00e9r\u00e9e comme un g\u00e9nocide et c\u2019est un crime imprescriptible\u2026\u00bb nPeu de chance, donc, qu\u2019elles soient rendues accessibles tant que certains acteurs impliqu\u00e9s sont en vie. n<link http:\/\/www.liberation.fr\/transversales\/grandsangles\/352343.FR.php>http:\/\/www.liberation.fr\/transversales\/grandsangles\/352343.FR.php<\/link>  n\u00a9 Lib\u00e9ration  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a tout juste cinquante ans, Ruben Um Nyob\u00e8, leader de l\u2019Union des populations du Cameroun, tombait sous les balles fran\u00e7aises. La r\u00e9pression men\u00e9e contre le mouvement ind\u00e9pendantiste fera des dizaines de milliers de victimes. 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