{"id":1348,"date":"2010-05-02T13:12:00","date_gmt":"2010-05-02T11:12:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africavenir.com\/prince-kuma-ndumbe-iii-lindependance-il-y-a-cinquante-ans-lindependance-depuis-cinquante-ans\/"},"modified":"2023-10-06T11:31:41","modified_gmt":"2023-10-06T09:31:41","slug":"prince-kuma-ndumbe-iii-lindependance-il-y-a-cinquante-ans-lindependance-depuis-cinquante-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/prince-kuma-ndumbe-iii-lindependance-il-y-a-cinquante-ans-lindependance-depuis-cinquante-ans\/","title":{"rendered":"Prince Kum&rsquo;a Ndumbe III: L\u2019ind\u00e9pendance, il y a cinquante ans ! L\u2019ind\u00e9pendance, depuis cinquante ans ?"},"content":{"rendered":"<p>Conf\u00e9rence inaugurale du Forum de Dialogue d&rsquo;AfricAvenir International e.V. par le Prince Kum&rsquo;a Ndumbe III. sur les 50 ans des ind\u00e9pendances africaines. Kurt-Schuhmacher-Haus, Berlin, 15 avril 2010. &quot;(&#8230;) Les ind\u00e9pendances des ann\u00e9es soixante et soixante dix, malgr\u00e9 leurs \u00e9checs et insuffisances, ont \u00e9t\u00e9 un tremplin important pour la construction des Etats du continent. Cinquante ans apr\u00e8s, nous disons que nous sommes pr\u00eats pour la deuxi\u00e8me \u00e9tape de lib\u00e9ration. Nous nous battons et nous continuerons \u00e0 nous battre pour que l\u2019Afrique avec ses immenses richesses soit habit\u00e9e par des citoyens qui vivent dans la dignit\u00e9 financi\u00e8re et dans la dignit\u00e9 humaine.&quot; <link fileadmin\/downloads\/occasional_papers\/Ndumbe_Independance_01.pdf - download>|+| Article en int\u00e9gralit\u00e9 (pdf)<\/link>n<b>L\u2019ind\u00e9pendance, il y a cinquante ans !<br \/>L\u2019ind\u00e9pendance, depuis cinquante ans ?<\/b><\/p>\n<p>Texte de r\u00e9f\u00e9rence de la Fondation AfricAvenir International<br \/>sur les 50 ans des ind\u00e9pendances africaines<\/p>\n<p>Douala, le 17 mai 2010<br \/>Par le Prince Kum\u2019a Ndumbe III <\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br \/><b>I &#8211; Sc\u00e8nes et images de mes souvenirs<\/b><br \/>&nbsp;<br \/>\u00ab Eh, Figure pour toi ? \u00bb \u00ab Figure pour toi ! \u00bb \u00ab Merde, figure pour toi ! \u00bb<br \/>&nbsp;<br \/>Celui qui ne comprenait pas se retrouvait imm\u00e9diatement \u00e0 terre, le sang coulant sur les tempes. Les crosses de fusils n\u2019\u00e9pargnaient aucune t\u00eate, les c\u00f4tes de certains se retrouvaient cass\u00e9es en quelques secondes. Tout le monde devait s\u2019asseoir \u00e0 m\u00eame le sol, sur des flaques d\u2019eau boueuses, les deux mains jointes derri\u00e8re la nuque. Surtout les hommes. Peu de femmes traversaient le pont sur le Wouri \u00e0 cette heure matinale. Nous les enfants, on nous laissait passer. Mais nous voyions nos p\u00e8res, nos oncles tortur\u00e9s et d\u00e9shonor\u00e9s sur cette petite route qui relie le quartier de Bonassama au pont du Wouri. Personne n\u2019avait le droit de parler, les camions jonch\u00e9s de militaires s\u2019alignaient&nbsp; \u00e0 perte de vue.<\/p>\n<p>Comment certains avaient-ils pu d\u00e9chiffrer le code ? Quand les soldats vocif\u00e9raient leur \u00ab figure pour toi ?! \u00bb, ceux-l\u00e0 sortaient spontan\u00e9ment leur carte d\u2019identit\u00e9 et la tendaient aux soldats en armes. Ces Africains \u00e9taient \u00e9lanc\u00e9s et bien noirs, ils ne venaient d\u2019aucune r\u00e9gion proche de Douala, ils arrachaient avec une extr\u00eame nervosit\u00e9 les cartes d\u2019identit\u00e9 que les citoyens qui avaient compris leur pr\u00e9sentaient, ils les lisaient m\u00eame \u00e0 l\u2019envers, comme si la photo d\u2019identit\u00e9 ne leur servait pas de rep\u00e8re pour savoir o\u00f9 \u00e9tait le haut et o\u00f9 \u00e9tait le bas de la carte. Ces soldats illettr\u00e9s venus peut-\u00eatre du Tchad ou de la Centrafrique se moquaient de cette \u00ab figure pour toi \u00bb qu\u2019ils arrachaient des mains des citoyens qui se rendaient \u00e0 leur travail de bon matin. Tout le monde dans le camion, les mains derri\u00e8re la nuque ! Les malchanceux \u00e0 terre sur les flaques d\u2019eau !<br \/>&nbsp;<br \/>Ce sont ces sc\u00e8nes que nous avons v\u00e9cues souvent le matin, \u00e0 Bonab\u00e9ri, en voulant traverser le pont du Wouri pour aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole, avant la f\u00eate de l\u2019ind\u00e9pendance, et surtout des ann\u00e9es apr\u00e8s. Tous les enfants des \u00e9coles \u00e9taient partis au d\u00e9fil\u00e9 de l\u2019ind\u00e9pendance. En classe, le ma\u00eetre nous avait appris l\u2019hymne. Chacun la connaissait par c\u0153ur. Ce jour-l\u00e0, nous la chantions au pas militaire : un, deux ! un,&nbsp; deux ! un,&nbsp; deux !<\/p>\n<p>Au Cameroun berceau de nos anc\u00eatres<br \/>Autrefois tu v\u00e9cus dans la barbarie<br \/>Comme un soleil tu commences \u00e0 para\u00eetre<br \/>Peu \u00e0 peu tu sors de ta sauvagerie !<br \/>Que tous tes enfants du Nord au Sud,<br \/>De l&rsquo;Est \u00e0 l&rsquo;Ouest soient tout amour,<br \/>Te servir que ce soit leur seul but,<br \/>Pour remplir leur devoir toujours.<\/p>\n<p>REFRAIN<\/p>\n<p>Ch\u00e8re patrie, terre ch\u00e9rie,<br \/>Tu es notre seul et vrai bonheur,<br \/>Notre joie et notre vie,<br \/>A toi l&rsquo;amour et le grand honneur. <\/p>\n<p>Nous \u00e9tions donc des sauvages et des barbares, et nous le chantions avec fiert\u00e9, \u00e0 tue-t\u00eate. J\u2019avais particip\u00e9 \u00e0 ce d\u00e9fil\u00e9, mais je cherche en vain des images dans ma t\u00eate aujourd\u2019hui, je me souviens seulement que nous \u00e9tions tous tr\u00e8s fatigu\u00e9s. Ma s\u0153ur qui habitait au camp des chemins de fer \u00e0 Bassa me dira aussi que r\u00e9guli\u00e8rement, en allant \u00e0 l\u2019\u00e9cole, des cadavres jonchaient les rues, r\u00e9sultant des fusillades de la nuit. \u00ab Patriotes, avancez ! \u00bb \u00ab&nbsp; Soldats, attaquez, tirez ! \u00bb C\u2019est ce qu\u2019elle entendait la nuit, sous la fen\u00eatre, morte de peur dans son lit. Mais c\u2019est du pont du Wouri qu\u2019un jour, revenant du Coll\u00e8ge Alfred Saker, en 1960, j\u2019ai aper\u00e7u des flammes immenses et des fum\u00e9es gigantesques un peu derri\u00e8re le quartier Akwa. Plus tard, on nous dira que le quartier Congo avait br\u00fbl\u00e9. Je sais aujourd\u2019hui que ce fut le 24 avril 1960 et qu\u2019il y eut environ 2000 morts, selon certaines sources. Un de nos enseignants du coll\u00e8ge Alfred Saker avait cess\u00e9 de venir nous faire cours et la police avait fait son intrusion au coll\u00e8ge pour le chercher. C\u2019est alors que nous apprendrons que des h\u00e9licopt\u00e8res avaient vers\u00e9 de l\u2019essence au quartier Congo et que l\u2019arm\u00e9e des \u00ab figures pour toi \u00bb avait encercl\u00e9 tout le quartier pour que personne ne sorte pendant que les flammes nourries par l\u2019essence d\u00e9voraient tout \u00e0 leur passage. Aujourd\u2019hui, plusieurs sources indiquent que ce fut du napalm. En ces temps, on nous dira que notre professeur \u00e9tait devenu un maquisard , un criminel, un r\u00e9volutionnaire, un communiste, un ennemi de la nation C\u2019est cela que j\u2019ai v\u00e9cu les jours de l\u2019ind\u00e9pendance, chez moi \u00e0 Bonab\u00e9ri, \u00e0 Douala, o\u00f9 j\u2019habitais. Ma m\u00e8re ne dira jamais rien, elle ne faisait jamais de commentaires. C\u2019est peut-\u00eatre quinze ans plus tard, quand je lui demanderai les documents de mon feu p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en mai 1957, donc avant l\u2019ind\u00e9pendance, qu\u2019elle m\u2019avouera :<\/p>\n<p>\u00ab Ton p\u00e8re \u00e9tait membre de l\u2019Union des Populations du Cameroun, l\u2019UPC,&nbsp; plusieurs r\u00e9unions se tenaient ici \u00e0 la maison. Le gouvernement disait que c\u2019\u00e9taient des criminels \u00e0 abattre. Apr\u00e8s sa mort, j\u2019ai envelopp\u00e9 ses documents dans une grosse bo\u00eete en aluminium et je les ai enterr\u00e9s derri\u00e8re la maison. Je ne voulais pas que l\u2019arm\u00e9e vienne nous tuer \u00e0 cause de l\u2019ind\u00e9pendance, je devais vous prot\u00e9ger et vous faire grandir. \u00bb <\/p>\n<p><b>II- Eliminer les patriotes africains \u00e0 tout prix et perp\u00e9trer la soumission en Afrique<\/b> <\/p>\n<p>O\u00f9 fallait-il creuser derri\u00e8re la maison? Apr\u00e8s quelques essais infructueux, j\u2019ai d\u00fb abandonner, me disant que les termites auront eu raison de la bo\u00eete d\u2019aluminium et des documents. Je ne tiendrai pas rigueur \u00e0 ma m\u00e8re puisque moi-m\u00eame \u00e9tudiant, j\u2019apprendrai que F\u00e9lix Moumi\u00e9, autre leader de l\u2019UPC, aura \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve par les services secrets fran\u00e7ais, et \u00e9tant en France, je suivrai de pr\u00e8s la parodie de proc\u00e8s fait au leader de l\u2019UPC Ernest Ouandi\u00e9 et sa pendaison publique \u00e0 Bafoussam le 15 janvier 1971. Pour rendre hommage \u00e0 Ouandi\u00e9, J\u2019ai r\u00e9agi aussit\u00f4t en \u00e9crivant une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, \u00ab Le soleil de l\u2019aurore \u00bb. Je ne sais pas comment me l\u2019expliquer, mais encore \u00e9tudiant, j\u2019ai rendu un vibrant hommage \u00e0 ces \u00ab martyrs africains de janvier \u00bb. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9, et ma premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre r\u00e9dig\u00e9e en 1968 en langue allemande, \u00ab Lumumba II. \u00bb, lui a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e. A mon premier enfant, une fille, j\u2019ai donn\u00e9 le nom de Patricia. Les Portugais ont assassin\u00e9 Amilcar Cabral le 20 janvier 1973, et ma r\u00e9action imm\u00e9diate a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9daction de la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00ab Amilcar Cabral ou la temp\u00eate en Guin\u00e9e Bissau \u00bb achev\u00e9e en juin 1973. M\u00eame Sylvanus Olympio a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 le 13 janvier 1963 au Togo. Est-ce une conjuration du mois de janvier pour d\u00e9finitivement faire taire tous ceux qui r\u00e9clamaient une Afrique de la dignit\u00e9 ? Nous avions d\u00e9fil\u00e9 pour l\u2019ind\u00e9pendance du Cameroun le 1er janvier 1960, et la peur r\u00e9gnait dans la ville, \u00e0 Douala. Le couvre-feu r\u00e9glementait les heures de sortie et les militaires tuaient \u00e0 leur guise, sans rendre compte \u00e0 personne. C\u2019est ce que j\u2019ai retenu de notre ind\u00e9pendance, encore jeune coll\u00e9gien des classes de sixi\u00e8me et cinqui\u00e8me.<\/p>\n<p>Plus tard, au lyc\u00e9e en Allemagne, je suivrai en 1963 dans les journaux la r\u00e9union \u00e0 Addis-Abeba des chefs d\u2019Etats de la nouvelle Afrique dite ind\u00e9pendante. Certains chefs d\u2019Etats comme Kwame Nkrumah ou Ahmed S\u00e9kou Tour\u00e9 se rendront directement \u00e0 Addis-Abeba et rentreront chez eux apr\u00e8s, directement. Mais d\u2019autres pr\u00e9sidents comme Senghor du S\u00e9n\u00e9gal, Houphou\u00ebt Boigny de C\u00f4te d\u2019Ivoire,&nbsp; Ahmadou Ahidjo du Cameroun ou L\u00e9on Mba du Gabon se rendront d\u2019abord \u00e0 Paris, prendront un grande photo avec le G\u00e9n\u00e9ral de&nbsp; Gaulle au milieu,&nbsp; avant de se rendre \u00e0 Addis-Abeba. Une fois la r\u00e9union termin\u00e9e, ils retourneront \u00e0 Paris, prendront une nouvelle photo avec le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle au milieu, avant de rentrer dans leurs capitales africaines. La cr\u00e9ation des Etats-Unis d\u2019Afrique en 1963 \u00e0 Addis-Abeba ne pouvait que avorter. Comment des suppos\u00e9s chefs d\u2019Etats pouvaient-ils aller prendre des instructions d\u2019abord et aller rendre compte en groupe ensuite, \u00e0 Paris, lorsqu\u2019il s\u2019agissait de cr\u00e9er un grand ensemble pour l\u2019avenir du continent africain ? C\u2019est \u00e0 ce moment au plus tard dans ma jeunesse que j\u2019ai compris que l\u2019Afrique avait perdu la bataille des ind\u00e9pendances, que nous vivions un cuisant \u00e9chec dans la lib\u00e9ration des pays africains. Le 24 f\u00e9vrier 1966, alors qu&rsquo;il faisait un voyage en Chine, Nkrumah, encore dans l\u2019avion pour P\u00e9kin, est renvers\u00e9 par un coup d\u2019\u00c9tat militaire. Ce sont les Chinois qui le lui annonceront \u00e0 sa descente d\u2019avion. A Munich, je vois encore comment moi, jeune lyc\u00e9en, j\u2019assistai impuissant et r\u00e9volt\u00e9 \u00e0 la f\u00eate que les Allemands organis\u00e8rent \u00e0 la maison des \u00e9tudiants afro-asiatiques dirig\u00e9e par un pr\u00eatre catholique. Ils avaient invit\u00e9 des \u00e9tudiants ghan\u00e9ens \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer ensemble la chute du d\u00e9fenseur du panafricanisme qu\u2019\u00e9tait Nkrumah. La le\u00e7on \u00e9tait claire pour moi : si tu veux \u00eatre l\u2019ami des Europ\u00e9ens et Am\u00e9ricains d\u2019origine europ\u00e9enne, tu dois \u00eatre contre les int\u00e9r\u00eats de l\u2019Afrique et des Africains. Si tu oses d\u00e9fendre l\u2019Afrique et tu d\u00e9nonces le pillage de nos ressources, alors, tu es d\u00e9nonc\u00e9 comme maquisard, brigand, assassin, tueur, extr\u00e9miste, gauchiste. Ton seul salaire juste est d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 ou emprisonn\u00e9 sans espoir d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 un jour. Et tous ces pays qui envoyaient leurs arm\u00e9es et leurs mercenaires, tous ces pays qui manipulaient nos enfants devenus tra\u00eetres d\u2019eux-m\u00eames, tous ces pays qui br\u00fblaient nos villes et nos villages, qui assassinaient nos enfants patriotes, oui, tous ces pays clamaient haut et fort \u00eatre d\u00e9mocratiques, d\u00e9positaires des droits de l\u2019homme, pays du progr\u00e8s et de la libert\u00e9 ! Il fallait nous clouer le bec \u00e0 tout prix et nous isoler, nous qui avions le malheur de comprendre les m\u00e9canismes du syst\u00e8me d\u2019ali\u00e9nation et de la nouvelle colonisation. Cela ne nous a pas emp\u00each\u00e9 de danser. De danser au pas de \u00ab Ind\u00e9pendance, Cha cha ! \u00bb\u2026<\/p>\n<p>Independance Cha-cha to zuwi ye ! <br \/>Oh Kimpwanza cha-cha tubakidi <br \/>Oh Table Ronde cha-cha ba gagner oh! <br \/>Oh Lipanda cha-cha tozuwi ye! <\/p>\n<p>1. ASORECO na ABAKO <br \/>Bayokani Moto moko <br \/>Na CONAKAT na CARTEL<\/p>\n<p>Balingani na FRONT COMMUN <br \/>Bolikango, Kasavubu mpe Lumumba na Kalondji <br \/>Bolya, Tshombe, Kamitatu, oh Essandja, Mbuta Kanza. Ref\/ <\/p>\n<p>2. Na MNC, na UGECO <br \/>ABAZI, na PDC <br \/>Na PSA, na African Jazz na Table Ronde mpe ba gagner! Ref\/<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que je grandissais, je comprenais que pour avoir une place en Afrique, il fallait obligatoirement coucher avec les tra\u00eetres et l\u2019Afrique, m\u00eame la nouvelle police nationale avait pour fonction de traquer tous ceux dont le c\u0153ur battait r\u00e9solument pour le pays. <\/p>\n<p>\u00ab Si tu ne pactises pas avec le nouveau colon, tu n\u2019a pas de place au soleil dans l\u2019Afrique ind\u00e9pendante. Et tu croupiras au fond des cachots ou tu cr\u00e8veras de faim dans la mis\u00e8re. On t\u2019isolera, et chez toi, tu seras un \u00ab no body ! \u00bb. Tiens-le toi pour dit ! \u00bb <\/p>\n<p>Assommant, ce que tous les signaux nous faisaient comprendre. Beaucoup de nos compatriotes se sont conform\u00e9s \u00e0 cette situation, m\u00eame de vaillants p\u00e8res, de vaillantes m\u00e8res qui ont lutt\u00e9 pour l\u2019ind\u00e9pendance se sont finalement rang\u00e9s \u00e0 cette nouvelle r\u00e9alit\u00e9 politique de l\u2019\u00e9chec de nos ind\u00e9pendances. Pour survivre, ou simplement pour devenir \u00ab les gens bien de l\u00e0-bas \u00bb, on s\u2019entend, on s\u2019accommode pour r\u00e9gner chez soi en d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 r\u00e9gional d\u2019une puissance \u00e9trang\u00e8re ou d\u2019une multinationale. On ne doit pas son pouvoir \u00e0 nos populations, mais \u00e0 un \u00e9tranger strat\u00e9giquement et militairement puissant chez nous. C\u2019est de lui que d\u00e9pendra si on reste au pouvoir ou si on est \u00e9ject\u00e9 ou tu\u00e9. On ne vit qu\u2019une seule fois, n\u2019est-ce pas ? Alors, que voulez-vous \u2026<\/p>\n<p>En 2010, faut-il toujours mettre les int\u00e9r\u00eats de son peuple africain en second plan pour pouvoir diriger son pays ? La d\u00e9sillusion est venue chez bon nombre de nos dirigeants africains. M\u00eame ceux qui avaient accept\u00e9 de pactiser avec les puissances ou multinationales \u00e9trang\u00e8res pour acc\u00e9der ou rester au pouvoir se sont retrouv\u00e9s souvent humili\u00e9s par leurs interlocuteurs devenus bailleurs de fonds. Ils constataient avec amertume, dans l\u2019isolement du pouvoir, combien il \u00e9tait difficile de mettre en avant les int\u00e9r\u00eats de son propre pays sans risque de perdre le pouvoir. La marge de man\u0153uvre&nbsp; devient bien \u00e9troite dans cet exercice p\u00e9rilleux de la conservation du pouvoir. M\u00eame des r\u00e9formes profondes souhait\u00e9es par un chef d\u2019Etat africain doivent \u00eatre dilu\u00e9es dans un langage qui ne brusque pas le partenaire ext\u00e9rieur, v\u00e9ritable d\u00e9tenteur de la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de nos pays, et les rencontres internationales comme le dernier sommet de Copenhague ne font que confirmer le d\u00e9sarroi profond de nos dirigeants. Il est de notre devoir de saluer ces chefs d\u2019Etat africains qui, dans des conditions aussi difficiles d\u2019une ind\u00e9pendance dans la d\u00e9pendance, ont essay\u00e9 de g\u00e9rer avec honneur et patriotisme. <\/p>\n<p><b>III &#8211; Institutions h\u00e9rit\u00e9es et handicap d\u2019une orientation vers le progr\u00e8s et le d\u00e9veloppement<\/b><\/p>\n<p>Pendant ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec durable des ind\u00e9pendances africaines, la question fondamentale de \u00ab Qui sommes-nous ? \u00bb et \u00ab O\u00f9 allons-nous ? \u00bb&nbsp; n\u2019a pas pu, dans la plupart des cas, obtenir de r\u00e9ponse satisfaisante, je ne parle m\u00eame pas du d\u00e9but d\u2019application d\u2019une telle r\u00e9ponse ! Avec les ind\u00e9pendances, nous avons h\u00e9rit\u00e9 d\u2019institutions mises en place par le colonisateur lors de la p\u00e9riode triomphante de domination sur nos terres, nous avons continu\u00e9 \u00e0 les utiliser, comme si elles avaient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9es pour l\u2019int\u00e9r\u00eat supr\u00eame de nos populations. Or on cr\u00e9e une institution pour mettre en application une politique voulue. Celui qui h\u00e9rite et perp\u00e9tue cette institution perp\u00e9tue aussi cette politique qui est \u00e0 l\u2019origine de cette institution. Il n\u2019est donc pas surprenant que les institutions en Afrique p\u00e9rennisent la politique coloniale, m\u00eame si une certaine couleur locale avec une fiert\u00e9 nationale embaument la nouvelle politique dans nos nations africaines. Les Etats actuels eux-m\u00eames, institutions supr\u00eames, n\u2019ont pas pu s\u2019affranchir des fronti\u00e8res trac\u00e9es par le colonisateur. Ce tra\u00e7age, parfois avec la r\u00e8gle, comme on peut le constater sur nos cartes g\u00e9ographiques, s\u2019est appuy\u00e9 sur les int\u00e9r\u00eats du colonisateur et sur sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019imposer vis-\u00e0-vis des autres colonisateurs en 1884 \u00e0 Berlin. C\u2019est dans ce tra\u00e7age qui a spoli\u00e9 de mani\u00e8re durable la coh\u00e9sion de nos peuples qu\u2019apr\u00e8s 1960, nous devons donc forger de nouvelles nations ! Or l\u2019histoire de l\u2019Afrique nous apprend que nos peuples ont essentiellement v\u00e9cu dans des Etats &#8211; Nations o\u00f9 plusieurs nations s\u2019accordaient \u00e0 reconna\u00eetre un chef supr\u00eame qui \u00e0 son tour laissait \u00e0 ces nations une marge de man\u0153uvre importante \u00e0 s\u2019autog\u00e9rer. L\u2019occident importe donc avec la colonisation un syst\u00e8me centralis\u00e9 de pouvoir, n\u00e9cessaire \u00e0 la domination ext\u00e9rieure et qui enl\u00e8ve \u00e0 nos populations toute initiative r\u00e9elle pour sa propre gestion. Ce syst\u00e8me centralis\u00e9, m\u00eame quand il laisse une petite place \u00e0 nos populations pour les \u00ab affaires indig\u00e8nes \u00bb de moindre importance, nous met entre parenth\u00e8ses pour les d\u00e9cisions politiques majeures, nous ne sommes concern\u00e9s par les d\u00e9cisions que pour leur mise \u00e0 ex\u00e9cution. La grande politique se fait et les d\u00e9cisions majeures se prennent \u00e0 la m\u00e9tropole, hors du pays. Nous en sommes encore l\u00e0 aujourd\u2019hui, en 2010. On apprend \u00e0 nos populations ce qu\u2019il y a lieu de faire, mais les d\u00e9cisions et les orientations se prennent ailleurs, dans des communications entre nos chefs d\u2019Etats et les m\u00e9tropoles hors du pays ou dans les grandes organisations internationales comme la Banque mondiale, le FMI, etc. Nous sommes ainsi pris en otage dans nos propres pays dits ind\u00e9pendants, dans des structures et institutions qui nous handicapent dans notre \u00e9lan de prendre nos destins en main.<\/p>\n<p>C\u2019est vrai que dans nos pays, on trouve des \u00e9coles, lyc\u00e9es et universit\u00e9s modernes, des \u00e9glises et mosqu\u00e9es parfois de renom, des institutions judiciaires avec tribunaux modernes, des structures \u00e9conomiques et d\u2019industrialisation, des infrastructures routi\u00e8res, hospitali\u00e8res modernes qui affirment notre personnalit\u00e9 de l\u2019Africain moderne. Mais il vaut mieux souvent ne pas y regarder de pr\u00e8s et rester dans l\u2019illusion du progr\u00e8s et du d\u00e9veloppement. Si vous voulez aller plus loin, posez certaines questions.<br \/>&nbsp;<br \/>Aux \u00e9coles, lyc\u00e9es et universit\u00e9s, demandez ceci : <br \/>\u00ab Quel est l\u2019h\u00e9ritage scientifique de l\u2019Afrique mill\u00e9naire que vous enseignez dans les diff\u00e9rentes disciplines de vos institutions ? \u00bb \u00ab Dans quelle langue transmettez-vous le savoir ? \u00bb Ou alors, \u00ab Sugg\u00e9rez-vous dans vos transmissions du savoir que l\u2019Afrique n\u2019a jamais rien invent\u00e9 depuis l\u2019origine de l\u2019humanit\u00e9, savoir digne de figurer dans les programmes de transmission de savoir chez nous ? \u00bb<\/p>\n<p>Aux institutions judiciaires et \u00e0 leurs tribunaux modernes, demandez ceci :<br \/>\u00ab Sur quel code vous appuyez-vous pour dire la loi ? \u00bb \u00ab Quelle est l\u2019origine africaine du Code Napol\u00e9on ou de la Common law ? \u00bb \u00ab Si ces codes sont si universels que vous le proclamez, pourquoi les Chinois ne les appliquent-ils pas aussi en Chine ? \u00bb \u00ab Qu\u2019avez-vous fait des traditions judicaires de l\u2019Afrique, du droit qui cadre avec nos mentalit\u00e9s, nos cultures et notre histoire mill\u00e9naire ? \u00bb<\/p>\n<p>Aux structures \u00e9conomiques et d\u2019industrialisation, demandez ceci :<br \/>\u00ab Pourquoi l\u2019essentiel de l\u2019infrastructure routi\u00e8re et ferroviaire continue-il \u00e0 relier l\u2019int\u00e9rieur du pays au port comme Douala au Cameroun, au lieu de connecter tout d\u2019abord l\u2019int\u00e9rieur du pays ? \u00bb \u00ab Utilisez-vous d\u00e9j\u00e0 votre propre monnaie ou en \u00eates-vous toujours r\u00e9duit \u00e0 utiliser une monnaie \u00e9trang\u00e8re comme depuis les ann\u00e9es 1884 ? Le franc CFA des Comptoirs Fran\u00e7ais d\u2019Afrique devenu le 26 d\u00e9cembre 1945 le franc des Colonies Fran\u00e7aises d\u2019Afrique, mu\u00e9 en 1958 en franc des Communaut\u00e9s Fran\u00e7aises d\u2019Afrique, d\u00e9baptis\u00e9 aujourd\u2019hui par l\u2019UEMOA en franc des Communaut\u00e9s Financi\u00e8res d\u2019Afrique et par la CEMAC en franc de la Coop\u00e9ration Financi\u00e8re en Afrique Centrale, a-t-il une planche \u00e0 billets toujours sous contr\u00f4le de la Banque de France et toujours garantie en Euro par le Tr\u00e9sor Fran\u00e7ais ? Entre la CEMAC et L\u2019UEMOA, leur CFA respectifs sont-ils toujours ni convertibles, ni interchangeables ?&nbsp; A quand une politique mon\u00e9taire africaine sous notre propre contr\u00f4le, sans que la libert\u00e9 mon\u00e9taire ne soit une libert\u00e9 de faire faillite ?&nbsp; \u00bb<\/p>\n<p>Aux structures hospitali\u00e8res modernes, demandez ceci :<br \/>\u00ab Quelle est la place de la m\u00e9decine africaine h\u00e9rit\u00e9e depuis des mill\u00e9naires dans la formation de vos m\u00e9decins et infirmiers et dans vos soins hospitaliers ? \u00bb \u00ab Pourquoi nos plantes m\u00e9dicinales sont-elles brevet\u00e9es en occident par les occidentaux et reviennent dans nos structures hospitali\u00e8res sous forme&nbsp; de m\u00e9dicaments import\u00e9s ? \u00bb<\/p>\n<p>Aux \u00e9glises et mosqu\u00e9es, demandez&nbsp; ceci:<br \/>\u00ab Quel est l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019Afrique, berceau de l\u2019humanit\u00e9, dans les religions profess\u00e9es dans vos \u00e9glises et mosqu\u00e9es ? \u00bb \u00ab Pourquoi vos enseignements religieux se limitent-ils essentiellement aux deux derniers mill\u00e9naires sur les 5,5 millions d\u2019ann\u00e9es que compte l\u2019humanit\u00e9 ? \u00bb \u00ab Que dites-vous de l\u2019apport religieux de l\u2019Africain depuis les 150.000 ans o\u00f9 l\u2019homo sapiens n\u00e9gro&#1111;de a fait son apparition en Afrique avant d\u2019arriver en Europe il y a 40.000 ans ? \u00bb \u00ab Il n\u2019y a donc de salut que quand il n\u2019est pas d\u2019origine africaine, m\u00eame quand le noir est le premier \u00eatre humain sur terre comme Adam et Eve et que l\u2019Afrique demeure le berceau de l\u2019humanit\u00e9 ? Avez-vous r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 vos chr\u00e9tiens dans vos Eglises d\u2019Afrique que Enoch qui fut enlev\u00e9 par Dieu pour qu\u2019il ne v\u00eet point la mort parce qu\u2019il \u00e9tait agr\u00e9able \u00e0 Dieu \u00e9tait un noir d\u2019Ethiopie ? Vos chr\u00e9tiens africains savent-ils que Enoch a \u00e9crit son livre saint environ 40 \u00e0 80 ans avant le d\u00e9luge de No\u00e9, donc 9000 avant J\u00e9sus Christ, et que le Christ citait le livre de Enoch par c\u0153ur ? O\u00f9 est le livre d\u2019Enoch dans vos bibles depuis qu\u2019il fut \u00e9cart\u00e9 de la bible par l\u2019Ev\u00eaque italien Filastrius de Brescia en 398 apr\u00e8s J\u00e9sus Christ ? Vous rappelez-vous, au vu de ces dates d\u2019Enoch, que la Gen\u00e8ve dans la bible ne date que de 1400 avant J\u00e9sus Christ ?\u00bb<\/p>\n<p>Aux gouvernements, aux communaut\u00e9s urbaines et mairies, demandez ceci :<br \/>\u00ab O\u00f9 sont les monuments des grands rois africains, des savants et inventeurs noirs, de nos martyrs qui ont dit non \u00e0 l\u2019invasion \u00e9trang\u00e8re et qui ont pay\u00e9 de leurs vies ? O\u00f9 sont les places, les rues qui portent leurs noms pour construire notre m\u00e9moire ? O\u00f9 se trouvent les monuments, les places, les rues Lock Priso, Duala Manga Bell, Martin Paul Samba, Ruben Um Nyob\u00e9, Albert Ndogmo, Ernest Ouandi\u00e9 ou d\u2019autres h\u00e9ros \u00e0 Douala, Yaound\u00e9, Bafoussam, Garoua, Maroua ou ailleurs au Cameroun ? Pourquoi nos d\u00e9cideurs ont-ils si peur des rep\u00e8res, de la m\u00e9moire de notre peuple ? Ces questions sont \u00e0 transposer dans chaque pays africain en&nbsp; cette ann\u00e9e 2010, en nommant leurs h\u00e9ros respectifs \u00bb<\/p>\n<p><b>IV &#8211; Institutions et corruption&nbsp;<\/b> <\/p>\n<p>En r\u00e9pondant vous-m\u00eames \u00e0 ces questions, vous vous serez rendu compte que nos institutions en Afrique tra\u00eenent un handicap lourd pour une \u00e9volution vers le progr\u00e8s et vers un d\u00e9veloppement au service de nos populations et de notre continent. Nos institutions sont demeur\u00e9es essentiellement tourn\u00e9es vers l\u2019ext\u00e9rieur, donc extraverties, elle fonctionnent en Afrique au profit des Non Africains, avec les imp\u00f4ts pay\u00e9s par ces m\u00eames Africains. Quand le colonisateur s\u2019est impos\u00e9 chez nous au 19\u00e8 si\u00e8cle, il a utilis\u00e9 des soldats mercenaires africains import\u00e9s d\u2019autres pays africains pour la conqu\u00eate coloniale, comme les cru boys et soldats dahom\u00e9ens, souvent venus de Ouiddah, utilis\u00e9s par les Allemands pour leur campagne militaire au Cameroun. Pour une bouch\u00e9e de pain, ces Africains ont aid\u00e9 le colonisateur comme soldats, porteurs et bordels dans sa conqu\u00eate de notre pays. Mais d\u2019autres Camerounais s\u2019y sont aussi associ\u00e9s, dans les m\u00eames conditions. Certains de nos rois ont accept\u00e9 de se faire corrompre financi\u00e8rement, pour qu\u2019ils ouvrent la porte au conqu\u00e9rant ou pour qu\u2019ils l\u2019aident \u00e0 avancer dans la lutte contre d\u2019autres rois africains. La vision \u00e9triqu\u00e9e du profit individuel contre le sort de tout un peuple et la recherche du gain imm\u00e9diat ont permis \u00e0 la corruption de s\u2019installer pendant la p\u00e9riode coloniale comme moyen essentiel de la politique du colonisateur contre les colonis\u00e9s. Celui qui n\u2019acceptait pas cette corruption \u00e9tait \u00e9cart\u00e9, d\u00e9mis de ses fonctions, exil\u00e9 ou assassin\u00e9. L\u2019ordre colonial devait r\u00e9gner par tous les moyens ! Avec les ind\u00e9pendances qui ne devaient en aucun cas aboutir \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance r\u00e9elle, il fallait corrompre des Africains pour obtenir d\u2019eux de se dresser contre les patriotes en lutte, leur offrir des avantages personnels exorbitants et les orienter vers des strat\u00e9gies de gain individuel au d\u00e9triment de l\u2019int\u00e9r\u00eat supr\u00eame du jeune Etat. La lutte pour le pouvoir se r\u00e9duisit ainsi \u00e0 une lutte pour un enrichissement personnel, imm\u00e9diat et rapide. En politique, il ne s\u2019agit plus d\u2019orientation strat\u00e9gique pour faire avancer le pays selon telle ou telle conviction, mais de parvenir \u00e0 sa part individuelle dans le partage du g\u00e2teau national. Dans une telle atmosph\u00e8re politique, la corruption devient roi. Elle est alors le meilleur moyen de parvenir le plus rapidement possible \u00e0 ses objectifs, puisqu\u2019il ne s\u2019agit pas de gagner les gens pour telle ou telle orientation politique, \u00e9conomique, philosophique ou spirituelle, mais de les enrichir un peu pour permettre au corrupteur d\u2019avoir la voie libre \u00e0 un enrichissement plus grand. Le corrupteur paie donc un droit de passage naturel.&nbsp;&nbsp; <\/p>\n<p>En 2010, la corruption a gangren\u00e9 les institutions de l\u2019Etat post-colonial en Afrique \u00e0 tel point que m\u00eame les pays occidentaux qui l\u2019ont introduite dans le syst\u00e8me politique colonial s\u2019en offusquent et sonnent l\u2019alarme. En effet, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance relative, les fonctionnaires des institutions h\u00e9rit\u00e9es sont devenus des nationaux. Or ces fonctionnaires exigent pour la moindre signature des pots de vin exorbitants, m\u00eame aux anciens colons qu\u2019ils ne laissent gagner aucun march\u00e9 sans exiger leur 15%, voire 30% comme contre partie. La corruption s\u2019est ainsi retourn\u00e9 contre celui qui l\u2019a introduite dans le syst\u00e8me politique et de gestion colonial, et l\u2019occident y perd \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent et de temps. La lutte contre la corruption est d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 vitale pour les pays africains et les chefs d\u2019Etats qui en ont fait leur cheval de bataille dans leur pays doivent \u00eatre soutenues par une mobilisation g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 contre ce cancer. Mais les textes de loi contre la corruption ne suffiront jamais pour l\u2019amoindrir sensiblement. Les Africains ont besoin d\u2019une orientation politique \u00e0 laquelle ils adh\u00e8rent vraiment, \u00e0 un projet de soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019ils ont con\u00e7u eux-m\u00eames et qu\u2019ils sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 mettre en application. La question du pouvoir doit \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e sur une base respectant nos traditions, nos mentalit\u00e9s et les convergences modernes des droits des peuples et des droits de l\u2019homme. Ce concept bas\u00e9 sur un consensus g\u00e9n\u00e9ral parce que largement discut\u00e9 et accept\u00e9&nbsp; doit clarifier comment acc\u00e9der et comment rester au pouvoir sans effusion de sang dans nos pays, les m\u00e9canismes doivent obliger tout un chacun au respect des r\u00e8gles admises, sans exception, et les institutions issues de ce consensus g\u00e9n\u00e9ral doivent garantir la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me. En clair : on ne changera plus les institutions, ni surtout la constitution au gr\u00e9 des opportunit\u00e9s. La constitution deviendra alors une v\u00e9ritable loi fondamentale difficilement modifiable et le chef de l\u2019Etat devra \u00e0 son tour s\u2019en porter garant. Avec une ouverture politique dans les pays africains actuels, il est possible d\u2019\u00e9laborer ce projet de soci\u00e9t\u00e9 et de gagner l\u2019adh\u00e9sion des citoyens. Les populations d\u00e9cid\u00e9es \u00e0 g\u00e9rer enfin leur destin collectif r\u00e9duiront sensiblement l\u2019espace de corruption dans la gestion des affaires publiques et veilleront au respect des institutions. Les pays africains auront alors fait un grand saut qualitatif.<\/p>\n<p><b>V &#8211; Les chances de l\u2019Afrique pour une ind\u00e9pendance renforc\u00e9e au 21\u00e8 si\u00e8cle<\/b><\/p>\n<p>Le monde bouge, les g\u00e9ostrat\u00e9gies se transforment, l\u2019Afrique a de nouveau ses chances. L\u2019Europe coloniale des m\u00e9tropoles s\u2019est mu\u00e9e en une puissante Union Europ\u00e9enne face \u00e0 laquelle aucun Etat africain ne fait le poids tout seul.&nbsp; Mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des rangs de l\u2019occident, il n\u2019y a plus de d\u00e9l\u00e9gation pour une repr\u00e9sentation globale des int\u00e9r\u00eats de l\u2019occident, comme ce fut le cas pendant la guerre froide. La France, \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, a eu le privil\u00e8ge de jouer le \u00ab gendarme de l\u2019Afrique \u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9, et \u00e0 la collaboration strat\u00e9gique, politique, militaire et financi\u00e8re des autres pays occidentaux, y compris les USA. En 2010, les Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique entendent jouer leur r\u00f4le directement sur le continent africain et d\u00e9fendre leurs propres int\u00e9r\u00eats, sans interm\u00e9diaire europ\u00e9en. Avec Barack Obama, fils d\u2019un Kenyan \u00e0 la t\u00eate des USA, la perception de l\u2019Afrique est un peu diff\u00e9rente, les USA attendent surtout de l\u2019Afrique qu\u2019elle s\u2019\u00e9mancipe de ses liens coloniaux avec l\u2019Europe et qu\u2019elle se d\u00e9finisse elle-m\u00eame sur la sc\u00e8ne internationale. Or cette sc\u00e8ne internationale est aujourd\u2019hui bouscul\u00e9e par la Chine de P\u00e9kin et par l\u2019Inde. Au traditionnel sommet franco-africain, et au d\u00e9veloppement des sommets Europe &#8211; Afrique, la Chine a mis sur pied le sommet Chine &#8211; Afrique qui a r\u00e9uni en novembre 2006 48 chefs d\u2019Etats Africains sur 53. Le Pr\u00e9sident Chinois a d\u00e9j\u00e0 pris l\u2019habitude de sillonner l\u2019Afrique. Le sommet Inde &#8211; Afrique avec la participation de 14 chefs d\u2019Etats vient de se terminer ce 9 avril 2010 \u00e0 New Delhi et un nouveau rendez-vous est pris pour 2011. A Abuja au Nigeria d\u00e9j\u00e0 en novembre 2006, se tenait le premier sommet Afrique &#8211; Am\u00e9rique Latine, et en sept 2009 se tint au V\u00e9n\u00e9zu\u00e9la le 2\u00e8 sommet Afrique &#8211; Am\u00e9rique Latine avec 20 Chefs d\u2019Etats africains et 8 chefs d\u2019Etats latino-am\u00e9ricains. Le Br\u00e9sil, avec 80 millions de Noirs et M\u00e9tis, soit pr\u00e8s de 48% de ses habitants,&nbsp; compte la deuxi\u00e8me population noire au monde apr\u00e8s le Nigeria. Nous sommes donc loin du monde bipolaire est-ouest qui avait d\u00e9termin\u00e9 l\u2019accession des pays africains \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Les tentatives des pays africains, asiatiques et latino-am\u00e9ricains dans les ann\u00e9es soixante \u00e0 quatre-vingt pour un espace politique de non alignement n\u2019avaient pas r\u00e9ussi, et les pays africains dans leur \u00e9crasante majorit\u00e9 \u00e9taient forc\u00e9s \u00e0 demeurer dans le camp occidental. Aujourd\u2019hui, nous sommes pass\u00e9s de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie occidentale \u00e0 un polycentrisme de fait dans la Realpolitik internationale. Il est significatif que les pays africains participent en bloc dans ces sommets, sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Union africaine, et non plus en rangs dispers\u00e9s. Les d\u00e9bats des ann\u00e9es soixante ont repris, avec des partisans qui militent pour une Union Africaine avec un gouvernement centralisant certains pouvoirs, et d\u2019autres qui souhaiteraient voir en l\u2019UA un club de chefs d\u2019Etats n\u2019engageant pas vraiment les pays jaloux de leur souverainet\u00e9. Soyons sinc\u00e8res : les chefs d\u2019Etats qui depuis 1963 ont refus\u00e9 un gouvernement africain centralisant certains pouvoirs nous ont perdu le temps. Leurs calculs ne visaient que leur propre pouvoir personnel et celui de leurs mandataires ext\u00e9rieurs, ce qui peut se comprendre. Mais nous en avons assez ! La priorit\u00e9 des priorit\u00e9s d\u2019une Afrique qui se veut ind\u00e9pendante est une Union Africaine avec un gouvernement central f\u00e9d\u00e9ral sous la forme d\u2019Etats-Unis d\u2019Afrique avec de solides structures d\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale et sous-r\u00e9gionale. Pour aller dans cette direction urgente, chaque Etat africain devrait se doter d\u00e8s maintenant d\u2019un Minist\u00e8re charg\u00e9 de l\u2019unification de l\u2019Afrique et de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale. Le travail de ce minist\u00e8re consisterait \u00e0 travailler en \u00e9troite collaboration avec tous les autres minist\u00e8res d\u2019un pays en question&nbsp; pour veiller \u00e0 ce que les d\u00e9cisions majeures de chaque minist\u00e8re aillent dans la direction de cette unification et de cette int\u00e9gration. Ce minist\u00e8re dans un pays donn\u00e9 serait en communication permanente avec les autres minist\u00e8res du m\u00eame genre install\u00e9s dans les autres pays africains, pour la coordination des efforts communs au sein de l\u2019Union Africaine actuelle. On pourrait m\u2019objecter : et la souverainet\u00e9 nationale des Etats actuels ? <\/p>\n<p>Ma r\u00e9ponse : nous avons besoin de patriotes africains \u00e0 la t\u00eate de nos Etats actuels pour parvenir aux Etats-Unis d\u2019Afrique. Ceux-l\u00e0 comprennent l\u2019urgence de telles structures qui dans chaque pays, sont de toutes fa\u00e7ons sous la tutelle de la Pr\u00e9sidence des r\u00e9publiques actuelles. Les Etats-Unis d\u2019Afrique ne vont pas abolir les structures ou le pouvoir politique local, mais permettront \u00e0 l\u2019Afrique de parler d\u2019une seule voix devant des partenaires mondiaux devenus tr\u00e8s puissants. Ce n\u2019est qu\u2019en renouant avec ce concept des Etats-Unis d\u2019Afrique des p\u00e8res visionnaires de l\u2019ind\u00e9pendance africaine que nous pourrons jeter les bases d\u2019une monnaie unique et d\u2019un d\u00e9veloppement africain authentique, centr\u00e9 sur nos besoins et respectant nos mentalit\u00e9s et notre vision du monde. Il faudrait rendre un hommage m\u00e9rit\u00e9 \u00e0 Marcus Mosiah Garvey qui, le 1er ao\u00fbt 1920 \u00e0 New York, sous la banni\u00e8re de l\u2019UNIA&nbsp; (Universal Negro Improvement Association and African Communities League cr\u00e9e en ao\u00fbt 1914), proclama les Etats-Unis d\u2019Afrique et en devint le premier Pr\u00e9sident.&nbsp; Par la suite, les panafricanistes W.E.B. Dubois,&nbsp; Kwame Nkrumah, des leaders du RDA comme S\u00e9kou Tour\u00e9 et autres plaideront pour les Etats-Unis de l\u2019Afrique, sous une forme ou une autre, bien avant 1960 et aussi apr\u00e8s, surtout pour faire face \u00e0 la balkanisation du continent, ce morcellement qui a fait de nos Etats des entit\u00e9s incapables de survivre seuls.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique a besoin de ses propres concepts pour son pr\u00e9sent et pour son futur et nous disposons suffisamment de g\u00e9nie pour concevoir. Merci pour tous ces mod\u00e8les import\u00e9s. Ils nous ont assez d\u00e9tourn\u00e9s, ils nous ont assez ruin\u00e9s comme \u00e7a ! Nous ne voulons pas devenir des pays dits \u00e9mergents avec des habitants pauvres. Nous ne voulons pas travailler pour les autres dans notre propre pays et vivre dans la mis\u00e8re parce que c\u2019est eux qui auront con\u00e7u notre travail, parce que c\u2019est eux qui auront con\u00e7u et financ\u00e9 l\u2019exploitation de nos ressources. Que chaque gouvernement africain s\u2019engage \u00e0 s\u2019impliquer dans ce slogan : \u00ab Concevoir l\u2019Afrique et son destin, c\u2019est l\u2019affaire des Africains et de personne d\u2019autre ! \u00bb. Nous avons le g\u00e9nie pour, mettons les structures en place dans chaque pays, en collaboration avec les politiques, les intellectuels, les chercheurs, les artistes, les \u00e9crivains, les cr\u00e9ateurs, les d\u00e9positaires de la tradition africaine, avec toutes les couches de la population, r\u00e9inventons notre culture de dialogue et de palabres africaines et en dix ans seulement, l\u2019Afrique aura fait un grand bond en avant. Nous aurons d\u00e9gag\u00e9 un consensus pour la direction commune \u00e0 prendre, et les d\u00e9bats et travaux de l\u2019Union Africaine \u00e0 Addis-Abeba ne seront plus seulement r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 des initi\u00e9s ou \u00e0 des experts si peu proches de nos populations. Avec des concepts de gouvernement et de d\u00e9veloppement bas\u00e9s sur un consensus propre aux Africains et \u00e0 leur vision du monde, les conditions de bonne gouvernance, la promotion de l\u2019esprit d\u2019entreprise, l\u2019atmosph\u00e8re favorable aux investissements seront renforc\u00e9s dans ce march\u00e9 de plus d\u2019un milliards d\u2019habitants d\u2019un continent tr\u00e8s riche.<\/p>\n<p>Le monde bouge, l\u2019Afrique bouge, et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des pays industrialis\u00e9s, les citoyens attendent une autre Afrique, une Afrique de la bonne gestion, une Afrique de l\u2019espoir. Des citoyens dans ces pays se mobilisent pour que la politique d\u2019une Afrique qui doit seulement \u00eatre pill\u00e9e change, pour que leurs pays d\u00e9veloppent une nouvelle conception d\u2019une Afrique v\u00e9ritablement partenaire dans un jeu gagnant \u2013 gagnant, au-del\u00e0 des slogans. Ces mouvements ne font que s\u2019amplifier et demandent le retour dans les pays africains des biens mal acquis d\u00e9tourn\u00e9s par les dirigeants et fonctionnaires africains et ayant obtenu un refuge peu honorable chez eux.&nbsp; Ces citoyens se battent pour une \u00e9thique politique et \u00e9conomique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur propre pays et ne veulent pas que cette \u00e9thique soit souill\u00e9e par des dirigeants \u00e9trangers peu scrupuleux, fussent-ils africains. Ainsi, leur action pour une transparence dans la gestion chez eux devient un acte de solidarit\u00e9 pour les peuples africains.nAvec la r\u00e9volution des nouvelles technologies de l\u2019information, ces mouvements prennent une ampleur impressionnante dans une jonction transcontinentale. Les patriotes africains ne sont donc plus seuls quand ils r\u00e9clament une gestion transparente des affaires dans leurs pays. La mobilisation est devenue mondiale, avec des structures de rencontres et d\u2019\u00e9changes efficaces pour un monde plus juste.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique est un continent d\u2019avenir, et en 2010, les peuples africains aussi ont \u00e9volu\u00e9. Ceux qui aujourd\u2019hui ont cinquante ans n\u2019ont pas connu le colonialisme direct dans plusieurs pays, ils ont d\u2019autres comportements et ne voudraient plus attendre. En plus de cela, la population africaine est surtout jeune et la jeunesse tend \u00e0 d\u00e9passer les 50% de la population dans beaucoup de pays. La jeunesse du monde entier sera de plus en plus africaine, et en 2050, 29% des jeunes du monde seront des Africains, et ils n\u2019attendront pas encore quarante ans pour prendre leur destin en main. Le monde bouge, et l\u2019Afrique bouge. Les ind\u00e9pendances des ann\u00e9es soixante et soixante dix, malgr\u00e9 leurs \u00e9checs et insuffisances, ont \u00e9t\u00e9 un tremplin important pour la construction des Etats du continent. Cinquante ans apr\u00e8s, nous disons que nous sommes pr\u00eats pour la deuxi\u00e8me \u00e9tape de lib\u00e9ration. Nous nous battons et nous continuerons \u00e0 nous battre pour que l\u2019Afrique avec ses immenses richesses soit habit\u00e9e par des citoyens qui vivent dans la dignit\u00e9 financi\u00e8re et dans la dignit\u00e9 humaine. Alors, l\u2019Afrique, cette Afrique-l\u00e0, donnera le meilleur d\u2019elle-m\u00eame \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re.n<b>NOTES:<\/b>n|1|&nbsp; Le Prince des Bele Bele, Kum\u2019a Ndumbe III, est \u00e9crivain, Docteur en histoire, Docteur en Etudes Germaniques (Universit\u00e9 de Lyon II), titulaire d\u2019une habilitation en Sciences politiques (Universit\u00e9 Libre de Berlin). Il a enseign\u00e9 aux Universit\u00e9s de Lyon II, Universit\u00e9 Libre de Berlin et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I. Il a fond\u00e9 AfricAvenir International en 1985 \u00e0 Douala avec des branches \u00e0 Berlin, \u00e0 Windhoek et \u00e0 Vienne.&nbsp; www.africavenir.org, www.exchange-dialogue.com. Les d\u00e9bats organis\u00e9s par AfricAvenir International \u00e0 Douala et \u00e0 Berlin iront jusqu\u2019en octobre 2010. E-Mail : fondation@africavenir.org<\/p>\n<p>|2|&nbsp; Notons qu\u2019apr\u00e8s avoir mis en place une v\u00e9ritable Marine N\u00e8gre au travers de la Black Star Line, Garvey mit en place les jalons d\u2019un Etat Panafricain et de son arm\u00e9e. Il le fit au travers de la premi\u00e8re convention de l\u2019UNIA qui eut lieu le 1er ao\u00fbt 1920 \u00e0 New York. La Convention rassembla des milliers de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du monde entier repr\u00e9sentant la grande et puissante nation N\u00e8gre contempl\u00e9e. Nation qui ne peut aller sans un corps arm\u00e9 constitu\u00e9. Ainsi, devant des dizaines de milliers de personnes, d\u2019importantes troupes d\u00e9fil\u00e8rent au pas cadenc\u00e9. \u00ab Il y avait l\u00e0 la L\u00e9gion d\u2019Afrique dans sa tenue bleue fonc\u00e9e, aux pantalons \u00e0 raies rouges avec l\u2019\u00e9p\u00e9e pour les officiers ; il y avaient l\u00e0 les Infirmi\u00e8res de la Croix Noire ; \u00ab l\u2019Universal Africa Motor Corps \u00bb ; \u00ab le Black Eagle Flying Corps \u00bb (Corps d\u2019Aviation de l\u2019Aigle Noir \u00bb) ; il y avait l\u00e0 les ch\u0153urs et les troupes sp\u00e9ciales des jeunes r\u00e9servistes \u00bb. Garvey alla m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 \u00e9tablir la noblesse du futur Etat Noir, parmi lesquels on pourrait citer le Duc du Nil, le Comte du Congo, le Vicomte du Niger, le Baron du Zamb\u00e8ze&#8230; On mit en place une v\u00e9ritable administration avec ses hauts conseils, ses juridictions et son ex\u00e9cutif, on adopta un drapeau (celui de l\u2019UNIA), on composa m\u00eame un hymne national (Ethiopie, toi terre de nos anc\u00eatres), on r\u00e9digea et on adopta une \u00ab d\u00e9claration des droits des peuples noirs dans le Monde \u00bb et Marcus Mosiah Garvey fut \u00e9lu Pr\u00e9sident Int\u00e9rimaire de l\u2019Afrique. In : <link http:\/\/www.africamaat.com\/Marcus-Garvey-1887-1940-Architecte>http:\/\/www.africamaat.com\/Marcus-Garvey-1887-1940-Architecte<\/link>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conf\u00e9rence inaugurale du Forum de Dialogue d&rsquo;AfricAvenir International e.V. par le Prince Kum&rsquo;a Ndumbe III. sur les 50 ans des ind\u00e9pendances africaines. Kurt-Schuhmacher-Haus, Berlin, 15 avril 2010. &quot;(&#8230;) Les ind\u00e9pendances des ann\u00e9es soixante et soixante dix, malgr\u00e9 leurs \u00e9checs et insuffisances, ont \u00e9t\u00e9 un tremplin important pour la construction des Etats du continent. 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