{"id":1630,"date":"2010-10-07T12:52:00","date_gmt":"2010-10-07T10:52:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africavenir.com\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/"},"modified":"2023-10-06T11:25:05","modified_gmt":"2023-10-06T09:25:05","slug":"achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/","title":{"rendered":"Achille Mbembe pour l&rsquo;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation &#8211; Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe"},"content":{"rendered":"<p>&quot;Sortir de la grande nuit &#8211; Essai sur l&rsquo;Afrique d\u00e9colonis\u00e9e&quot;. Tel est le titre du dernier livre d&rsquo;Achille Mbembe qui para\u00eet aux \u00c9ditions La D\u00e9couverte \u00e0 Paris le 14 octobre. J&rsquo;ai eu le privil\u00e8ge de lire de mani\u00e8re attentive cet ouvrage riche et tr\u00e8s document\u00e9 \u00e9crit en m\u00e9moire de Frantz Fanon et Jean-Marc \u00c9la, deux &quot;penseurs du devenir illimit\u00e9&quot;. Malgr\u00e9 son agenda charg\u00e9, l&rsquo;auteur, actuellement en mission d&rsquo;enseignement aux USA (Duke University), a accept\u00e9 de fournir des \u00e9clairages utiles qui permettent de mieux comprendre sa philosophie et sa d\u00e9marche. Dans cet entretien accord\u00e9 \u00e0 Norbert N. Ouendji, il va au-del\u00e0 du texte centr\u00e9 sur les questions li\u00e9es \u00e0 la colonisation et aborde des sujets importants qui agitent le d\u00e9bat africain de l&rsquo;heure.nSource : <link http:\/\/www.mediasfreres.org>www.mediasfreres.org<\/link> et sur <link http:\/\/www.africultures.com>www.africultures.com<\/link>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Vous sommez le continent de &quot;sortir de la grande nuit&quot;. Son \u00e9tat de somnolence actuelle vous pr\u00e9occupe. Et tout au long de votre nouvel ouvrage, vous rejoignez Fanon lorsque vous invitez les Africains \u00e0 &quot;regarder ailleurs&quot; qu&rsquo;en Europe s&rsquo;ils &quot;veulent se mettre debout et marcher&quot;&#8230;<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est, simplement, qu&rsquo;une nouvelle sc\u00e8ne du monde se dessine sous nos yeux. L&rsquo;Europe n&rsquo;en est plus le centre de gravit\u00e9 m\u00eame si elle reste un acteur important de la vie internationale. Rong\u00e9e par le narcissisme et la blessure du rang perdu, elle tourne d\u00e9sormais en rond sur elle-m\u00eame, et les Africains perdraient leur temps \u00e0 vouloir l&rsquo;\u00e9riger en mod\u00e8le ou \u00e0 entretenir avec elle des querelles d&rsquo;un autre \u00e2ge.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par contre, c&rsquo;est en elle-m\u00eame que l&rsquo;Afrique doit red\u00e9couvrir les ressources de sa r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, son centre, sa ligne m\u00e9diane. Ceci n&rsquo;est pas l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;un retour \u00e0 je ne sais quelles coutumes anciennes. L&rsquo;Afrique doit se reconstituer en tant que force propre. C&rsquo;est en devenant sa force propre qu&rsquo;elle n\u00e9gociera avantageusement avec elle-m\u00eame et avec le monde &#8211; condition pour cr\u00e9er quelque chose d&rsquo;\u00e9minemment neuf, qui fasse signe \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 dans son ensemble.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>La Chine aura-t-elle d\u00e9sormais son mot \u00e0 dire ? Je le rel\u00e8ve parce que vous soulignez que l&rsquo;un des faits majeurs du demi-si\u00e8cle \u00e0 venir sera la pr\u00e9sence, en Afrique, de l&#8217;empire du milieu, dont de nombreux investissements sont d\u00e9j\u00e0 bien visibles dans plusieurs pays du continent.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour que le projet sino-africain devienne un facteur positif de leur histoire, il faudra que les Africains lui donnent chair et esprit. Pour le moment, ce projet se situe dans une logique de troc, purement extractive, et dont la cons\u00e9quence est de renforcer les assises mat\u00e9rielles des potentats locaux et des classes sociales qui les soutiennent.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Vous d\u00e9veloppez assez bien cette logique dans votre livre. On comprend que les potentats locaux dont vous parlez sont inertes face au grand sommeil africain que vous d\u00e9crivez et d\u00e9noncez. Mais ce qui interpelle aussi le lecteur, c&rsquo;est le rapport que vous \u00e9tablissez entre cette situation et la colonisation.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle n&rsquo;a pas aid\u00e9. De tous les points de vue, l&rsquo;h\u00e9ritage l\u00e9gu\u00e9 par la colonisation \u00e9tait m\u00e9diocre. Les pouvoirs postcoloniaux n&rsquo;ont cependant gu\u00e8re fait mieux, eux dont la petitesse d&rsquo;esprit rappelle \u00e0 bien des \u00e9gards celle des ma\u00eetres coloniaux.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>\u00c0 ce propos, vous n&rsquo;\u00eates pas tr\u00e8s tendre vis-\u00e0-vis de la France. Vous estimez que cette ancienne puissance coloniale &quot;d\u00e9colonisa sans s&rsquo;auto-d\u00e9coloniser&quot;.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La colonisation fran\u00e7aise a pris fin et, vaille que vaille, un transfert de pouvoir a eu lieu. Ceci n&rsquo;est cependant pas la m\u00eame chose que la &quot;d\u00e9colonisation&quot; si, du moins, l&rsquo;on entend par &quot;d\u00e9colonisation&quot; un projet radical de recommencement. D&rsquo;autre part, la colonisation ayant \u00e9t\u00e9 une forme primitive de la domination de race, on ne peut pas pr\u00e9tendre avoir d\u00e9colonis\u00e9 si, par ailleurs, l&rsquo;on n&rsquo;a pas d\u00e9mantel\u00e9, chez soi, l&rsquo;armature psychique et les structures mat\u00e9rielles et institutionnelles qui alimentaient le racisme.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Or justement, la France d&rsquo;aujourd&rsquo;hui &#8211; tout comme d&rsquo;ailleurs une tr\u00e8s grande partie de l&rsquo;Europe &#8211; est prise dans la tourmente d&rsquo;une formidable logique racialiste qui n&rsquo;a plus honte de se proclamer comme telle. Le vieux pays des &quot;droits de l&rsquo;homme&quot; est poss\u00e9d\u00e9 par un d\u00e9sir trouble de provincialisation et, je dois le dire m\u00eame si le mot est peut-\u00eatre trop fort, par l&rsquo;esprit d&rsquo;un d\u00e9mon que nous connaissons tous &#8211; le d\u00e9mon de l&rsquo;apartheid. Comment comprendre autrement ce r\u00eave fou d&rsquo;une communaut\u00e9 pure, compos\u00e9e de &quot;gens de souche&quot;, repli\u00e9e dans ses &quot;traditions&quot; et d\u00e9barrass\u00e9e de ses &quot;\u00e9trangers&quot; ? L&rsquo;instrumentalisation \u00e9hont\u00e9e de l&rsquo;Islam, l&rsquo;esp\u00e8ce de guerre sociale men\u00e9e contre les jeunes Fran\u00e7ais non-blancs dans les banlieues, la sorte de culturalisme grossier que l&rsquo;on utilise pour rendre compte des probl\u00e8mes de discrimination, la haine cultiv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;encontre des immigr\u00e9s, les d\u00e9portations des plus faibles et des plus vuln\u00e9rables, les projets de d\u00e9ch\u00e9ance de la nationalit\u00e9 &#8211; tout cela, litt\u00e9ralement, pue.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les \u00e9lites africaines suivent attentivement ces malheureux d\u00e9veloppements, et je n&rsquo;en connais gu\u00e8re qui aimeraient, en plein XXI\u00e8me si\u00e8cle, vivre sous le r\u00e9gime du harc\u00e8lement permanent et des brimades quotidiennes que fut l&rsquo;Apartheid.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Selon vous, la d\u00e9colonisation est donc un processus inachev\u00e9, au m\u00eame titre que la d\u00e9mocratisation. Vous parlez m\u00eame d&rsquo;une d\u00e9colonisation &quot;fictive&quot;, donnant ainsi l&rsquo;impression que les Africains ont encore beaucoup de chemin \u00e0 parcourir pour contribuer positivement \u00e0 ce que vous appelez &quot;la d\u00e9closion du monde&quot;.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J&rsquo;entends par &quot;d\u00e9colonisation fictive&quot; une d\u00e9colonisation sans d\u00e9mocratisation ou encore, dans le cas de l&rsquo;Afrique australe, sans &quot;d\u00e9racialisation&quot;. C&rsquo;est aussi la sorte de d\u00e9colonisation o\u00f9 le ma\u00eetre vous remet la maison, mais garde par-devers sa ceinture le trousseau de cl\u00e9s.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ceci dit, aujourd&rsquo;hui il ne s&rsquo;agit plus tant de lutter contre un occupant \u00e9tranger que contre soi-m\u00eame. Bien entendu, les structures de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale sont encore l\u00e0. Mais leurs cons\u00e9quences sont d&rsquo;autant plus d\u00e9sastreuses que, sur le plan interne, l&rsquo;Afrique est molle et g\u00e9latineuse. Ses forces sont \u00e9parpill\u00e9es et ses \u00e9nergies dissip\u00e9es par la cruaut\u00e9, le gaspillage et les d\u00e9sordres internes. Il lui faut donc constituer son centre propre si elle veut achever la d\u00e9colonisation. Il lui faut accomplir ce travail dans un contexte particulier et risqu\u00e9 &#8211; celui de la fin de la globalisation et le d\u00e9but d&rsquo;une balkanisation progressive de notre monde.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Si, comme vous le dites, la d\u00e9colonisation n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 que &quot;fictive&quot;, comment peut-on justifier la c\u00e9l\u00e9bration, cette ann\u00e9e 2010, du cinquantenaire des ind\u00e9pendances ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; De mon point de vue, il n&rsquo;y a strictement rien \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer. En 1960, certains pays africains \u00e9taient en avance sur la Cor\u00e9e du Sud. O\u00f9 en sommes-nous cinquante ans plus tard ? On ne trompera personne en rev\u00eatant de haillons ce qui, manifestement, est nu.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Votre ouvrage para\u00eet pr\u00e9cis\u00e9ment au moment de cette c\u00e9l\u00e9bration. Est-ce une contribution au d\u00e9bat ou une simple co\u00efncidence ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;on a besoin de r\u00e9flexion critique si l&rsquo;on veut rouvrir les chemins d&rsquo;avenir. Cette t\u00e2che critique, personne ne l&rsquo;accomplira \u00e0 notre place. Mon livre est une contribution \u00e0 cet effort. Ma voix n&rsquo;est la voix d&rsquo;aucun ma\u00eetre. Elle est la mienne propre. En m\u00eame temps, elle s&rsquo;implique dans une tradition dont je revendique l&rsquo;h\u00e9ritage.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Ce qui explique aussi votre col\u00e8re par rapport au fait que, dans bien des pays, les noms de certaines figures importantes ayant combattu pour &quot;l&rsquo;ind\u00e9pendance&quot; continuent \u00e0 \u00eatre censur\u00e9s des discours officiels. Pourquoi n&rsquo;arrive-t-on pas \u00e0 y faire une &quot;place aux vaincus&quot; comme on le voit en Afrique du Sud ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous sommes gouvern\u00e9s par une classe de pr\u00e9dateurs indig\u00e8nes dont les comportements et les actions se situent en droite ligne des traditions de pouvoir qui pr\u00e9valaient en Afrique au moment de la Traite des esclaves. Ceux qui nous gouvernent se comportent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de leurs pays comme des occupants \u00e9trangers. Ils traitent leurs pays comme des prises de guerre.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ils ont une mani\u00e8re de se conduire dans la vie de tous les jours &#8211; une mani\u00e8re de parler, une mani\u00e8re d&rsquo;accoutrement, de boire et de manger, de se montrer en public, d&rsquo;\u00e9prouver des sensations, de jouir, de gaspiller nos maigres richesses, de se mettre en col\u00e8re, de traiter leurs ennemis &#8211; qui d\u00e9montre en tout point des qualit\u00e9s de la b\u00eate sauvage. La colonisation a encourag\u00e9 en tous points cette tradition d&rsquo;ensauvagement.n &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est cette tradition d&rsquo;ensauvagement qui, historiquement, explique le rapport des \u00c9tats n\u00e8gres \u00e0 la mort en g\u00e9n\u00e9ral, et surtout \u00e0 la mort de ceux qui ont, par la lutte, repr\u00e9sent\u00e9 d&rsquo;autres possibilit\u00e9s de vie ; la possibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9mancipation radicale.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Le cas de Ruben Um Nyob\u00e8 et de bien d&rsquo;autres vous hante. Vous dites d&rsquo;ailleurs que si vous vous \u00eates \u00e9loign\u00e9 spirituellement du Cameroun, c&rsquo;est en grande partie en raison de son refus de reconna\u00eetre l&rsquo;existence du cr\u00e2ne d&rsquo;un parent mort, ou plus largement, &quot;le refus de s\u00e9pulture et le bannissement des morts tomb\u00e9s lors des luttes pour l&rsquo;ind\u00e9pendance et l&rsquo;autod\u00e9termination&quot;.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne s&rsquo;agit pas seulement du cr\u00e2ne de Um, mais aussi de tous ceux qui ont trouv\u00e9 la mort au cours de la lutte &#8211; Pierre Y\u00e9m Mback, F\u00e9lix Moumi\u00e9, Abel Kingu\u00e9, Osend\u00e9 Afana, Ernest Ouandi\u00e9, la longue liste des gens sans nom et parfois sans s\u00e9pulture. Il faut y ajouter ceux qui ont v\u00e9cu sous le signe de l&rsquo;exil et du bannissement, que notre pays n&rsquo;a pas reconnu et qu&rsquo;il a, \u00e0 un moment, pourchass\u00e9 &#8211; Ndeh Ntumaza, Abel Eyinga, Mongo Beti, Jean-Marc \u00c9la et plusieurs autres.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne faut pas, au milieu de tout ceci, oublier ceux qui, contre vents et mar\u00e9es, ont v\u00e9cu debout, ma\u00eetres d&rsquo;eux-m\u00eames, souvent \u00e0 la marge ; ceux dont le mod\u00e8le d&rsquo;existence, au milieu du brouillard et de la fum\u00e9e, continue de t\u00e9moigner de ce que nous aurions pu devenir. Je pense par exemple \u00e0 Fabien Eboussi Boulaga, cette figure singuli\u00e8re dont la pens\u00e9e p\u00e8sera pour longtemps d&rsquo;un poids propre dans la vie africaine de l&rsquo;esprit.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Vous \u00eates donc parti pour la France, avez par la suite d\u00e9couvert les USA avant de d\u00e9poser vos valises en Afrique du sud \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle. Votre regard sur chacun de ces trois pays est tant\u00f4t passionn\u00e9, tant\u00f4t bouleversant. Quel h\u00e9ritage vous en avez eu en fin compte ? Et quel type de rapports entretenez-vous d\u00e9sormais avec le Cameroun ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je continue de vivre \u00e0 cheval entre l&rsquo;Afrique du Sud, les Etats-Unis et de temps \u00e0 autre la France. J&rsquo;aurai pass\u00e9 l&rsquo;essentiel de ma vie \u00e0 traverser le monde. Je me suis gliss\u00e9 dans chacun des lieux que j&rsquo;ai habit\u00e9s non sans une r\u00e9serve de distance et d&rsquo;\u00e9tonnement. C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a permis d&rsquo;assumer la cartographie instable et mouvante de ma vie. En marchant, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 d&rsquo;autres gens, d&rsquo;autres langues, d&rsquo;autres sons et d&rsquo;autres mondes. N\u00e9 quelque part, je n&rsquo;appartiens \u00e0 aucun lieu en tant que tel. J&rsquo;aurai pass\u00e9 l&rsquo;essentiel de mes ans \u00e0 embrasser la part morcel\u00e9e de ma propre existence, \u00e0 faire des d\u00e9tours et des rapprochements parfois improbables, \u00e0 op\u00e9rer dans les interstices dans le but de donner une expression commune \u00e0 des choses que souvent nous dissocions. Le Cameroun, je le porte par-devers moi, dans une relation filiale avec les figures que nous \u00e9voquions \u00e0 l&rsquo;instant, persuad\u00e9 qu&rsquo;un jour, dans le futur, justice sera faite \u00e0 leur nom et au texte qu&rsquo;ils ont \u00e9crit.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Au regard de ce t\u00e9moignage qui donne \u00e0 votre livre une port\u00e9e autobiographique, peut-on dire que vous \u00eates le symbole du citoyen afropolitain dont vous c\u00e9l\u00e9brez l&rsquo;\u00e9mergence dans la plupart de vos discours ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il m&rsquo;est simplement arriv\u00e9 de faire l&rsquo;exp\u00e9rience de plusieurs lieux. Chacun de ces lieux est tiss\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9toffe m\u00eame de ma vie. Chacun a laiss\u00e9 en moi des traces que je suis incapable d&rsquo;effacer. Chacun aurait pu \u00eatre, \u00e0 lui tout seul, le midi et le cr\u00e9puscule de mon existence. Mais en r\u00e9alit\u00e9, je n&rsquo;ai pu me rapprocher de chacun d&rsquo;eux que moyennant une prise de distance, l&rsquo;\u00e9rection d&rsquo;une faille qu&rsquo;il m&rsquo;a ensuite fallu chaque fois essayer de franchir. Et c&rsquo;est en marchant que j&rsquo;ai appris \u00e0 devenir, non pas &quot;N\u00e8gre&quot;, mais simplement homme-dans-le-monde.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Vous parlez d&rsquo;une Afrique qui est d\u00e9sormais &quot;peupl\u00e9e en majorit\u00e9 de passants potentiels&quot;. Vous dites qu&rsquo;ils sont tent\u00e9s par l&rsquo;aventure souvent difficile vers un ailleurs o\u00f9 ils r\u00eavent de se &quot;r\u00e9inventer et de se r\u00e9-enraciner&quot;. Comment r\u00e9ussir cette fuite forcen\u00e9e alors que vous faites le proc\u00e8s d&rsquo;une globalisation qui n&rsquo;est plus, pour des millions de gens, &quot;le temps infini de la circulation&quot; ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;un des signes les plus dramatiques de la faillite des ind\u00e9pendances, c&rsquo;est le fait que s&rsquo;ils en avaient le choix, des centaines de millions d&rsquo;Africains vivraient ailleurs et non pas chez eux. Ce d\u00e9sir g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de d\u00e9fection est une v\u00e9ritable catastrophe. Mais je fais \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des tendances lourdes de l&rsquo;\u00e9volution sociale du Continent &#8211; bient\u00f4t plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;habitants ; la mont\u00e9e d&rsquo;une civilisation urbaine sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l&rsquo;histoire de la r\u00e9gion ; un nouveau cycle de migrations internes ; la consolidation de nouvelles diasporas notamment aux Etats-Unis ; l&rsquo;arriv\u00e9e massive des Chinois dans les grandes m\u00e9tropoles continentales. La question est de savoir comment accompagner ces mutations structurelles. Il nous faut r\u00e9-imaginer des institutions en phase avec cette Afrique-en-mouvement, cette Afrique-en-circulation, cette culture fluide et tr\u00e8s ouverte sur le monde et \u00e0 la nouveaut\u00e9 ; cette constellation cr\u00e9ole, et que j&rsquo;appelle &quot;afropolitaine&quot;.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Revenons sur les causes de cet abandon du continent par ses dignes fils et filles. Vous pointez particuli\u00e8rement du doigt la gestion calamiteuse des ressources disponibles par des rapaces au pouvoir. Ils s&rsquo;en vont, en quelque sorte, parce qu&rsquo;ils ne veulent plus vivre sous des &quot;chefferies masqu\u00e9es&quot;.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les gens font aussi des choix personnels et tous ne sont pas li\u00e9s \u00e0 la situation politique d\u00e9sastreuse de nos \u00c9tats. Je parle de la nouvelle phase des migrations de masse, celles qui sont li\u00e9es \u00e0 la survie \u00e9conomique ou celles qui sont l&rsquo;effet des situations de guerre et de conflits. Elles affectent des millions de gens dont certains se d\u00e9placent de camps en camps. Mais il y a aussi un processus de d\u00e9placement des fronti\u00e8res, que celles-ci soient physiques, culturelles ou cultuelles. De ce point de vue, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 observer la sorte de r\u00e9alignement mental \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans les \u00e9glises pentec\u00f4tistes qui se d\u00e9veloppent partout sur le continent sur un mode quasi-capillaire.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce basculement de la g\u00e9ographie, de l&rsquo;imaginaire et des formes de mobilit\u00e9 est un facteur cl\u00e9 des recompositions en cours. Accompagner de mani\u00e8re cr\u00e9ative ces recompositions exige que soient abolies les fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation ; que soient ouverts de grands espaces de circulation sans lesquels il n&rsquo;y aura gu\u00e8re de grands p\u00f4les r\u00e9gionaux de croissance \u00e9conomique et de cr\u00e9ativit\u00e9 intellectuelle, culturelle et artistique. Nous avons besoin d&rsquo;ouvrir, en Afrique, de vastes espaces de libre-circulation. Cet effort doit aller de pair avec la r\u00e9forme des r\u00e8gles concernant la nationalit\u00e9. Que l&rsquo;on accorde, par exemple, la citoyennet\u00e9 aux gens d&rsquo;origine africaine qui le souhaiteraient, vieilles et jeunes diasporas confondues. Que l&rsquo;on institue, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle continentale, un &quot;droit de retour&quot; pour ceux et celles qui souhaitent appartenir au continent.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Ce discours rappelle le projet des Etats-Unis d&rsquo;Afrique dont r\u00eavaient Marcus Garvey et plus tard Kwame Nkrumah. Aujourd&rsquo;hui, des leaders comme Kadhafi tentent de faire prosp\u00e9rer cette id\u00e9e au sein de l&rsquo;Union africaine, qui est officiellement consciente de la n\u00e9cessit\u00e9 de la concr\u00e9tiser. Au-del\u00e0 des discours, peut-on \u00eatre optimiste par rapport \u00e0 cette cause avec la g\u00e9n\u00e9ration des chefs d&rsquo;Etat actuels ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est un vaste horizon d&rsquo;avenir et un nouvel imaginaire du futur qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;ouvrir. Cet imaginaire doit \u00eatre \u00e0 la mesure des d\u00e9fis pos\u00e9s par le tumulte du pr\u00e9sent. Les discours sur la globalisation cachent mal le fait qu&rsquo;une grande &quot;partition&quot; du monde est en cours. Le processus de balkanisation du monde se traduit par la mont\u00e9e des peurs, le retour des murs, les tentatives de r\u00e9duction du politique aux pulsions les plus primaires, la mise calcul\u00e9e de la raison au sommeil, le retour preux et gaillard de logiques racialistes que l&rsquo;on croyait p\u00e9rim\u00e9es.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;Afrique ne peut gu\u00e8re faire face \u00e0 un monde plus f\u00e9roce que jamais avec une poussi\u00e8re de micro-\u00c9tats sans nom, sans voix ni poids propre. Elle doit absolument faire r\u00e9seaux si elle veut se constituer en force autonome, capable d&#8217;embrasser le monde et d&rsquo;agir \u00e0 hauteur de celui-ci. Cette id\u00e9e d&rsquo;une &quot;nationalit\u00e9 africaine&quot;, d&rsquo;une &quot;cit\u00e9 africaine&quot; nous vient de loin. Elle est ins\u00e9parable de l&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;Afrique \u00e0 la modernit\u00e9. Elle comporte des dimensions politiques, philosophiques, esth\u00e9tiques et \u00e9conomiques. Pour la r\u00e9activer positivement dans les conditions contemporaines, il faut la remettre entre les mains des soci\u00e9t\u00e9s civiles africaines et en faire un grand mouvement culturel.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>D&rsquo;apr\u00e8s votre dialectique, la plupart de nos dirigeants sont pr\u00eats \u00e0 tout pour &quot;rester au pouvoir \u00e0 vie&quot;. Vous \u00e9tablissez m\u00eame un rapport entre les pratiques sexuelles de certains et cette gestion du pouvoir en postcolonie, o\u00f9 une &quot;machine \u00e0 jouir&quot; en est marche. Comment fonctionne exactement une telle m\u00e9canique ? Par ailleurs, quels sont les pays o\u00f9 cela s&rsquo;exprime le plus ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire de dirigeants. C&rsquo;est tout le rapport entre l&rsquo;\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il faut remettre en question. Chaque soci\u00e9t\u00e9 a les dirigeants qu&rsquo;elle m\u00e9rite.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ceci dit, la culture autoritaire postcoloniale &#8211; dont je disais qu&rsquo;elle puise certains de ses ressorts dans l&rsquo;ethos de la Traite des esclaves &#8211; est une culture phallocratique. La phallocratie, c&rsquo;est le gouvernement du p\u00e8re ou du vieillard. Elle fonctionne sur la base de la croyance selon laquelle c&rsquo;est dans le phallus que quelque chose se passe. C&rsquo;est dans et par le phallus qu&rsquo;il y a \u00e9v\u00e9nement. En fait, le phallus, voil\u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement ! Et le pouvoir, c&rsquo;est l&rsquo;effort que d\u00e9ploie le phallus sur lui-m\u00eame pour devenir figure et structure. Non pas une structure de production, mais un conglom\u00e9rat de sujets vou\u00e9s \u00e0 la consumation sans but, au gaspillage le plus fr\u00e9n\u00e9tique, \u00e0 la d\u00e9pense sans r\u00e9serve, bref, \u00e0 la v\u00e9nalit\u00e9 et \u00e0 la corruption.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est cela que j&rsquo;appelle &quot;la machine \u00e0 jouir&quot;. Ces &quot;machines \u00e0 jouir&quot; sont \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre dans des pays comme le Cameroun, les deux Congo, le Nig\u00e9ria, l&rsquo;Angola, le Gabon, les deux Guin\u00e9e, le Tchad et le Kenya. La part de s\u00e9nilit\u00e9 frappe, quant \u00e0 elle, presque tous les pays africains<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Vous montrez que le d\u00e9ficit de d\u00e9mocratie est l&rsquo;un des d\u00e9nominateurs communs des pays concern\u00e9s. Dans la foul\u00e9e, vous soutenez que, pour que la d\u00e9mocratie &quot;s&rsquo;enracine en Afrique, il faudrait qu&rsquo;elle soit port\u00e9e par des forces sociales et culturelles organis\u00e9es ; des institutions et des r\u00e9seaux sortis tout droit du g\u00e9nie, de la cr\u00e9ativit\u00e9 et surtout des luttes quotidiennes des gens eux-m\u00eames et de leurs traditions propres de solidarit\u00e9&quot;. Il s&rsquo;agit l\u00e0, d&rsquo;une remise en cause radicale des tentatives de lutte qui ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la plupart des cas, les luttes men\u00e9es depuis 1990 n&rsquo;ont manifestement pas entrain\u00e9 une d\u00e9mocratisation radicale de la vie politique africaine. Dans les \u00c9tats francophones en particulier, l&rsquo;on continue de truquer les \u00e9lections comme au bon vieux temps de la colonisation. Les citoyens ne sont toujours pas \u00e0 m\u00eame de choisir librement leurs dirigeants. La seule forme d&rsquo;alternance est l&rsquo;alternance par la mort. Les successions, d\u00e9sormais, se font de p\u00e8re \u00e0 fils.n&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les exp\u00e9riences les plus avanc\u00e9es demeurent fragiles faute d&rsquo;enracinement dans les institutions et les structures. Il y a un \u00e9norme d\u00e9calage entre la fa\u00e7on de mener les luttes et les formes de la cr\u00e9ativit\u00e9 sociale et culturelle en g\u00e9n\u00e9ral, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des langages, des institutions, des mani\u00e8res de s&rsquo;organiser ou des modes de l\u00e9gitimation. L&rsquo;on a besoin d&rsquo;une deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de luttes pour la d\u00e9mocratie en Afrique. Pour aboutir, cette deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration des luttes devra n\u00e9cessairement assurer le pont entre les formes d&rsquo;un cot\u00e9 et la culture de l&rsquo;autre.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Qu&rsquo;est-ce que cela veut dire concr\u00e8tement ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il nous faut \u00e9tudier tr\u00e8s attentivement les multiples fa\u00e7ons dont op\u00e8rent les logiques sociales et culturelles. Comment, dans la pratique de tous les jours, les gens font-ils communaut\u00e9 ? Comment s&rsquo;organisent-ils pour pratiquer la solidarit\u00e9 ? De quels genres d&rsquo;institutions se dotent-ils lorsqu&rsquo;ils cherchent \u00e0 r\u00e9aliser des buts transcendantaux ? Dans quels langages parlent-ils des choses quotidiennes ou encore des fins derni\u00e8res ? Comment chantent-ils ou prient-ils ? \u00c0 travers quelles formes expressives cherchent-ils \u00e0 communiquer la joie, la plainte ou les lamentations ? Comment articulent-ils le proche et le lointain ? \u00c0 quelles formes de r\u00e9appropriation soumettent-ils ce qui est nouveau ? Tout ceci constitue le capital culturel sans lequel il n&rsquo;y a gu\u00e8re, ici, d&rsquo;action efficace. Si l&rsquo;on veut enraciner la d\u00e9mocratie en Afrique, il faut d\u00e9ployer ce capital culturel et ces gisements symboliques comme les ressources principales de la lutte. Il faut traduire l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de la d\u00e9mocratie dans les langages des gens. Ce travail intellectuel, mais aussi tactique et organisationnel, n&rsquo;est malheureusement pas fait.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Les partis d&rsquo;opposition ont-ils aujourd&rsquo;hui la l\u00e9gitimit\u00e9 et la cr\u00e9dibilit\u00e9 pour accompagner un tel projet ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les partis d&rsquo;opposition sont loin d&rsquo;avoir effectu\u00e9 le travail intellectuel dont je parlais il y a un instant. Il faut proposer un imaginaire qui parle aux gens dans les conditions concr\u00e8tes de leur vie quotidienne. Ce retour aux situations quotidiennes doit aller de pair avec l&rsquo;articulation d&rsquo;un horizon d&rsquo;espoir, une certaine proposition de futur. Mais davantage encore, il faut raviver la conscience de classe si l&rsquo;on veut \u00e9chapper aux rets de l&rsquo;ethnisme. Ceci exige une \u00e9norme capacit\u00e9 de cr\u00e9ativit\u00e9 et de traduction. Il est par exemple significatif que les \u00e9glises pentec\u00f4tistes parviennent \u00e0 red\u00e9finir ainsi les contours de la communaut\u00e9 et de l&rsquo;individu \u00e0 partir d&rsquo;idiomes dont pourraient s&rsquo;inspirer les partis politiques d&rsquo;opposition. Il est en effet possible de proposer de nouvelles visions de la communaut\u00e9 qui ne soient pas n\u00e9cessairement biologiques, d&rsquo;inventer de nouvelles formes de parent\u00e9s qui transcendent le lignage ou la tribu. C&rsquo;est cette sorte d&rsquo;imaginaire qu&rsquo;il faut savoir ouvrir.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Dans le cas du Cameroun particuli\u00e8rement, comment pouvez-vous, avec un peu de recul, r\u00e9sumer la situation qui y pr\u00e9vaut, un an avant la pr\u00e9sidentielle en principe pr\u00e9vue en octobre 2011 ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est l&rsquo;enkystement. Le pays est sous la coupe d&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s un demi-millier de vieillards qui, \u00e0 tous les \u00e9chelons de la vie publique, s&rsquo;arc-boutent et ne veulent point mourir seuls. Ils sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 emporter avec eux tout ce qui vit et respire. Le premier d&rsquo;entre eux, Monsieur Paul Biya, aura bient\u00f4t 80 ans. Frapp\u00e9 de s\u00e9nilit\u00e9, il n&rsquo;est lucide que quelques heures par jour, comme d&rsquo;ailleurs tous les gens de son \u00e2ge. Peu importe qu&rsquo;il soit au pouvoir depuis 28 ans. Il ne l\u00e2chera pas l&rsquo;os. Le moment venu, il se repr\u00e9sentera pour un \u00e9ni\u00e8me mandat. Il veut \u00e0 tout prix \u00e9galer, puis surpasser Fidel Castro. Il tient \u00e0 s&rsquo;\u00e9teindre au pouvoir.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Comment \u00e9viter un tel naufrage ? Vous donnez le sentiment qu&rsquo;une alternance n&rsquo;est pas possible dans les conditions actuelles.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les rapports entre la soci\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;\u00c9tat sont tels que dans les conditions actuelles, il ne peut pas y avoir d&rsquo;alternance pacifique. Les acteurs susceptibles de conduire une r\u00e9volution sociale radicale manquent \u00e0 l&rsquo;appel. La soci\u00e9t\u00e9 est ankylos\u00e9e. Pourtant, le besoin d&rsquo;une r\u00e9volution sociale radicale n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi pressant qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<br \/>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br \/><i>Dans ce sens, quel regard portez-vous sur les actions que m\u00e8nent certains membres de la diaspora ces derniers temps ?<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Tout ce qui contribue \u00e0 d\u00e9bloquer l&rsquo;impasse doit \u00eatre tent\u00e9. Mais il faut reconna\u00eetre que l&rsquo;on est loin du compte. Le spectre d&rsquo;Ha\u00efti plane sur l&rsquo;Afrique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&quot;Sortir de la grande nuit &#8211; Essai sur l&rsquo;Afrique d\u00e9colonis\u00e9e&quot;. Tel est le titre du dernier livre d&rsquo;Achille Mbembe qui para\u00eet aux \u00c9ditions La D\u00e9couverte \u00e0 Paris le 14 octobre. J&rsquo;ai eu le privil\u00e8ge de lire de mani\u00e8re attentive cet ouvrage riche et tr\u00e8s document\u00e9 \u00e9crit en m\u00e9moire de Frantz Fanon et Jean-Marc \u00c9la, deux&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[95,107],"tags":[],"class_list":["post-1630","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrikanische-perspektiven","category-kolonialismus-und-dekolonisierung"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Achille Mbembe pour l&#039;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation - Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe &#8211; AfricAvenir International e.V.<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Achille Mbembe pour l&#039;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation - Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe &#8211; AfricAvenir International e.V.\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"&quot;Sortir de la grande nuit &#8211; Essai sur l&rsquo;Afrique d\u00e9colonis\u00e9e&quot;. Tel est le titre du dernier livre d&rsquo;Achille Mbembe qui para\u00eet aux \u00c9ditions La D\u00e9couverte \u00e0 Paris le 14 octobre. J&rsquo;ai eu le privil\u00e8ge de lire de mani\u00e8re attentive cet ouvrage riche et tr\u00e8s document\u00e9 \u00e9crit en m\u00e9moire de Frantz Fanon et Jean-Marc \u00c9la, deux&hellip;\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"AfricAvenir International e.V.\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/AfricAvenir\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2010-10-07T10:52:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-10-06T09:25:05+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1500\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1500\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"patrpaaa\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@AfricAvenir\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@AfricAvenir\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"patrpaaa\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd\"},\"headline\":\"Achille Mbembe pour l&rsquo;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation &#8211; Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe\",\"datePublished\":\"2010-10-07T10:52:00+00:00\",\"dateModified\":\"2023-10-06T09:25:05+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/\"},\"wordCount\":4698,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#organization\"},\"articleSection\":[\"Afrikanische Perspektiven\",\"Kolonialismus &amp; Dekolonisierung\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/\",\"name\":\"Achille Mbembe pour l'abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation - Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe &#8211; AfricAvenir International e.V.\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2010-10-07T10:52:00+00:00\",\"dateModified\":\"2023-10-06T09:25:05+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Startseite\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Achille Mbembe pour l&#8217;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation &#8211; Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/\",\"name\":\"AfricAvenir International e.V.\",\"description\":\"African Renaissance, Development, International Cooperation And Peace\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#organization\",\"name\":\"AfricAvenir International e.V.\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/AfricAvenir-Logo_transparent.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/AfricAvenir-Logo_transparent.png\",\"width\":1500,\"height\":1500,\"caption\":\"AfricAvenir International e.V.\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/AfricAvenir\\\/\",\"https:\\\/\\\/x.com\\\/AfricAvenir\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd\",\"name\":\"patrpaaa\",\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Achille Mbembe pour l'abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation - Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe &#8211; AfricAvenir International e.V.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Achille Mbembe pour l'abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation - Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe &#8211; AfricAvenir International e.V.","og_description":"&quot;Sortir de la grande nuit &#8211; Essai sur l&rsquo;Afrique d\u00e9colonis\u00e9e&quot;. Tel est le titre du dernier livre d&rsquo;Achille Mbembe qui para\u00eet aux \u00c9ditions La D\u00e9couverte \u00e0 Paris le 14 octobre. J&rsquo;ai eu le privil\u00e8ge de lire de mani\u00e8re attentive cet ouvrage riche et tr\u00e8s document\u00e9 \u00e9crit en m\u00e9moire de Frantz Fanon et Jean-Marc \u00c9la, deux&hellip;","og_url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/","og_site_name":"AfricAvenir International e.V.","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/AfricAvenir\/","article_published_time":"2010-10-07T10:52:00+00:00","article_modified_time":"2023-10-06T09:25:05+00:00","og_image":[{"width":1500,"height":1500,"url":"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png","type":"image\/png"}],"author":"patrpaaa","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@AfricAvenir","twitter_site":"@AfricAvenir","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/"},"author":{"name":"patrpaaa","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/person\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd"},"headline":"Achille Mbembe pour l&rsquo;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation &#8211; Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe","datePublished":"2010-10-07T10:52:00+00:00","dateModified":"2023-10-06T09:25:05+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/"},"wordCount":4698,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#organization"},"articleSection":["Afrikanische Perspektiven","Kolonialismus &amp; Dekolonisierung"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/","name":"Achille Mbembe pour l'abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation - Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe &#8211; AfricAvenir International e.V.","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#website"},"datePublished":"2010-10-07T10:52:00+00:00","dateModified":"2023-10-06T09:25:05+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/achille-mbembe-pour-labolition-des-frontieres-heritees-de-la-colonisation-entretien-de-norbert-n-ouendji-avec-achille-mbembe\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Startseite","item":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Achille Mbembe pour l&#8217;abolition des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation &#8211; Entretien de Norbert N. Ouendji avec Achille Mbembe"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/","name":"AfricAvenir International e.V.","description":"African Renaissance, Development, International Cooperation And Peace","publisher":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#organization","name":"AfricAvenir International e.V.","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png","contentUrl":"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png","width":1500,"height":1500,"caption":"AfricAvenir International e.V."},"image":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/AfricAvenir\/","https:\/\/x.com\/AfricAvenir"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/person\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd","name":"patrpaaa","sameAs":["https:\/\/www.africavenir.org"]}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1630","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1630"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1630\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1792,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1630\/revisions\/1792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1630"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1630"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1630"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}