{"id":1716,"date":"2007-02-04T17:17:51","date_gmt":"2007-02-04T16:17:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africavenir.com\/religion-ou-colonialisme\/"},"modified":"2023-10-06T11:12:56","modified_gmt":"2023-10-06T09:12:56","slug":"religion-ou-colonialisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/","title":{"rendered":"Religion ou colonialisme"},"content":{"rendered":"<p>Par Ruben UM NYOBE. Article paru en nouvelle version dans la revue Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982), p. 45-56. Version originale sign\u00e9e Douala, le 22 avril 1955, pour le Bureau Politique de l&rsquo;UPC, Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral Ruben Um Njobe. <link http:\/\/mongobeti.arts.uwa.edu.au\/issues\/pnpa29\/pnpa29_04.html#haut - external-link-new-window \"Opens external link in new window\">|+| \u00a9 Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982) 45-56<\/link>.<\/p>\n<p><b>RELIGION OU COLONIALISME ? <br \/>Ruben UM NYOBE <\/b>nNous avons publi\u00e9 une premi\u00e8re version du texte qu&rsquo;on va lire dans le num\u00e9ro 10 de Peuples Noirs-Peuples Africains; elle nous avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par un missionnaire canadien et portait la signature de F\u00e9lix-Roland Moumi\u00e9. Nous savons maintenant que cette attribution \u00e9tait erron\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, le texte est bien l&rsquo;\u0153uvre de Ruben Um Nyob\u00e9. nD&rsquo;autre part, en comparant les deux versions, nous nous sommes aper\u00e7us que la premi\u00e8re comportait un grand nombre d&rsquo;erreurs, dues peut-\u00eatre parfois \u00e0 la malveillance : phrases tronqu\u00e9es, expressions invers\u00e9es, contresens, etc.<br \/>C&rsquo;est pour toutes ces raisons que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de publier cette nouvelle version en l&rsquo;accompagnant de sa signature l\u00e9gitime. <\/p>\n<p>Des \u00e9v\u00eaques fran\u00e7ais exer\u00e7ant au Kamerun se sont r\u00e9unis ces temps derniers \u00e0 Nkongsamba sous la pr\u00e9sidence de Monseigneur Lefebvre[1], vicaire apostolique de Dakar. A l&rsquo;issue de cette r\u00e9union qui a co\u00efncid\u00e9 comme par hasard avec une autre r\u00e9union politique tenue par Roland Pr\u00e9, Haut-Commissaire de France au Kamerun, dans le m\u00eame secteur \u00e0 Dschang avec ses collaborateurs fran\u00e7ais et aussi, para\u00eet-il, avec des Anglais, les Ev\u00eaques [PAGE 46] ont publi\u00e9 un communiqu\u00e9 qui re\u00e7ut une large publicit\u00e9 au Kamerun et qui a \u00e9galement eu de larges \u00e9chos dans les milieux \u00e9trangers, notamment en France.nIl nous a donc paru n\u00e9cessaire de proc\u00e9der \u00e0 un travail d&rsquo;explication, afin qu&rsquo;aucune \u00e9quivoque ne subsiste dans les esprits. Le 17 avril 1955, j&rsquo;avais eu l&rsquo;honneur de m&rsquo;adresser \u00e0 une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes \u2013 n&rsquo;en d\u00e9plaise \u00e0 la police qui a parl\u00e9 de 600 personnes dont 40 femmes. J&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de d\u00e9noncer la man\u0153uvre de ceux qui veulent se servir de la religion \u00e0 des fins politiques. A l&rsquo;issue de cette r\u00e9union, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 saisi par plusieurs compatriotes qui m&rsquo;ont pri\u00e9 de d\u00e9velopper par \u00e9crit ce que j&rsquo;avais d\u00e9nonc\u00e9 oralement. Ce modeste expos\u00e9 tend donc vers ce but et j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;il servira la cause de la v\u00e9rit\u00e9 et permettra de lever l&rsquo;\u00e9quivoque que les serviteurs camoufl\u00e9s de la colonisation veulent jeter dans les esprits au moment o\u00f9 de graves probl\u00e8mes se posent devant le peuple kamerunais. n<b>DIEU ET LA COLONISATION <\/b><br \/>Il semble plus int\u00e9ressant de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9tude compar\u00e9e des principes religieux et du comportement des pr\u00eatres catholiques colonialistes. Cela est plus utile que le commentaire d&rsquo;un document bourr\u00e9 de contradictions. Nous allons maintenant examiner dans quelles conditions un homme pr\u00e9tendant parler au nom de Dieu ne peut soutenir la colonisation sans se rendre coupable de trahison morale.nLa colonisation, c&rsquo;est l&rsquo;esclavage; c&rsquo;est l&rsquo;asservissement des peuples par un groupe d&rsquo;individus dont le r\u00f4le consiste \u00e0 exploiter les richesses et les hommes des peuples asservis.nLa question se pose donc de savoir si en cr\u00e9ant les hommes Dieu a autoris\u00e9 une race \u00e0 \u00e9tablir sa domination sur une autre. Pour trouver une r\u00e9ponse \u00e0 cette question ou toutes les autres de cette esp\u00e8ce, nous allons nous r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un livre dont il est dit qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit par des hommes inspir\u00e9s par le Saint-Esprit. Il s&rsquo;agit de la Sainte Bible. Nous donnons la parole ainsi au premier livre de l&rsquo;Ancien Testament. En effet, dans \u00ab Gen\u00e8se \u00bb, chapitre premier, versets 27 \u00e0 29, nous lisons : \u00ab Dieu cr\u00e9a l&rsquo;homme et la femme. Dieu les b\u00e9nit et Dieu leur dit : soyez f\u00e9conds, [PAGE 47] multipliez, remplissez la terre, et l&rsquo;assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre \u00bb.nIl est donc clair que seuls les poissons, les oiseaux et les animaux ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s sous la domination des hommes. Il faut tout de suite pr\u00e9ciser que le fait pour les citoyens d&rsquo;un pays de se concerter pour mettre en place les organes l\u00e9gislatifs et gouvernementaux de leur pays ne constitue pas une violation de cette prescription de l&rsquo;Ecriture Sainte \u00bb. Mais le fait pour un pays de dominer un autre tombe sous cette infraction comme nous le verrons plus loin. En tout cas, si Dieu a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;homme \u00e0 son image, il serait inconcevable que Dieu accepte de soumettre son image \u00e0 un r\u00e9gime oppressif tel que le r\u00e9gime colonial. n<b>LA PATRIE, BIEN ETERNEL DES HOMMES <\/b><br \/>Les th\u00e9ologiens disent que les dix commandements sont divis\u00e9s en deux groupes : le groupe des lois qui r\u00e9gissent les rapports entre l&rsquo;homme et Dieu et les lois qui concernent les rapports humains. Dans le premier, comme dans le dernier groupe, une seule loi promet la r\u00e9compense ici-bas tandis que les autres promettent le bien du Paradis d&rsquo;au-del\u00e0 des morts. La loi dont l&rsquo;observance promet la r\u00e9compense ici-bas est celle o\u00f9 il est dit : \u00ab Tu ob\u00e9iras \u00e0 ton p\u00e8re et \u00e0 ta m\u00e8re pour avoir un s\u00e9jour heureux sur la terre que Dieu t&rsquo;a donn\u00e9e \u00bb. Cela nous permet de penser que le Kamerun est la Terre que Dieu nous a donn\u00e9e et que le fait pour d&rsquo;autres citoyens de laisser la Terre que Dieu leur a donn\u00e9e pour venir s&#8217;emparer de la Terre que Dieu nous a donn\u00e9e tombe sous le coup d&rsquo;un autre commandement qui interdit aux hommes de prononcer le nom de Dieu en vain. Il semble, d&rsquo;apr\u00e8s les th\u00e9ologiens, qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de pardon possible pour les gens coupables de prononcer le nom de Dieu en vain. n<b>DIEU ET LA LUTTE DE LIBERATION NATIONALE <\/b><br \/>Le fait que \u00ab Dieu cr\u00e9a l&rsquo;homme \u00e0 son image \u00bb correspond \u00e0 cette clause de la D\u00e9claration Universelle des [PAGE 48] Droits de l&rsquo;Homme o\u00f9 il est proclam\u00e9 que \u00ab tous les hommes naissent libres et \u00e9gaux en droit \u00bb. S&rsquo;il y a promesse divine pour la sauvegarde de la \u00ab Terre que Dieu nous a donn\u00e9e \u00bb, il est ais\u00e9 de comprendre que Dieu ne peut rester indiff\u00e9rent devant une lutte de lib\u00e9ration nationale.nLa Bible nous apprend que lorsque des envahisseurs philistins voulurent ravir la Terre d&rsquo;Isra\u00ebl, Dieu arma un jeune berger, David, d&rsquo;une fronde pour abattre le g\u00e9n\u00e9ral Goliath, chef des envahisseurs.nUn autre exemple qui d\u00e9coule de l&rsquo;Ancien Testament v\u00e9rifiable dans le livre d&rsquo;Exode, r\u00e9side dans la lutte des Isra\u00e9lites en captivit\u00e9 pour sortir de l&rsquo;Egypte sous Pharaon Manefta. C&rsquo;est encore un homme, un patriote isra\u00e9lite en fuite, Mo\u00efse, qui fut charg\u00e9 par Dieu d&rsquo;aller lib\u00e9rer son peuple des cha\u00eenes de l&rsquo;oppression. Pourquoi cela ? Dieu d\u00e9teste-t-il l&rsquo;Egypte qui allait prot\u00e9ger le b\u00e9b\u00e9 de son fils ? Il est seulement \u00e0 d\u00e9duire que Dieu ne voulait pas que les Isra\u00e9lites, cr\u00e9\u00e9s \u00e0 son image, fussent soumis \u00e9ternellement \u00e0 la domination des Egyptiens, \u00e9galement cr\u00e9\u00e9s \u00e0 son image. Les \u00e9v\u00eaques fran\u00e7ais du Kamerun admettront-ils que les Kamerunais, cr\u00e9\u00e9s \u00e0 l&rsquo;image de Dieu, soient les esclaves des Fran\u00e7ais et des Anglais \u00e9galement cr\u00e9\u00e9s \u00e0 l&rsquo;image de Dieu ? Il faut r\u00e9pondre \u00e0 cette question; il faut y r\u00e9pondre honn\u00eatement et franchement.nPrenons maintenant la partie de la Bible qui est la plus applicable \u00e0 l&rsquo;Eglise chr\u00e9tienne, le Nouveau Testament. Le Nouveau Testament prend sa source \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de J\u00e9sus-Christ. Or, l&rsquo;av\u00e8nement de J\u00e9sus-Christ est lui-m\u00eame fond\u00e9 en partie sur le principe de la lutte de lib\u00e9ration nationale.nEn effet, ce qu&rsquo;il faut conna\u00eetre avant tout c&rsquo;est que, au moment de la naissance de Christ, la Palestine, son pays natal, n&rsquo;\u00e9tait pas un pays ind\u00e9pendant. La Palestine \u00e9tait une colonie romaine comme le Kamerun est une colonie fran\u00e7aise ou trait\u00e9e comme telle d&rsquo;une part et une colonie anglaise ou trait\u00e9e comme telle d&rsquo;autre part. Mais les proph\u00e8tes avaient annonc\u00e9 la naissance du messie, fils de Dieu. Ainsi donc dans la pens\u00e9e des Juifs, l&rsquo;homme-Dieu qui devait venir du ciel allait \u00eatre un chef puissant capable de renverser le pouvoir de l&rsquo;imp\u00e9rialisme romain. [PAGE 49] Il est int\u00e9ressant de parcourir l&rsquo;histoire biblique sur la naissance de J\u00e9sus-Christ et sur sa vie pour se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence de ce qui vient d&rsquo;\u00eatre avanc\u00e9. Nous ne prendrons que quelques exemples.n1) Les mages \u2013 Les mages, hommes simples du pays, s&rsquo;\u00e9taient rendus aupr\u00e8s du gouverneur H\u00e9rode pour s&rsquo;enqu\u00e9rir sur la naissance du \u00ab nouveau roi des Juifs \u00bb; le Soucadaux ou le Roland Pr\u00e9[2] de l&rsquo;\u00e9poque ne voulut pas souffrir un concurrent. il ordonna le massacre des nouveaux-n\u00e9s, non pas pour se d\u00e9barrasser d&rsquo;un proph\u00e8te, car les proph\u00e8tes, il y en avait en quantit\u00e9 industrielle dans son r\u00e8gne, mais il n&rsquo;en \u00e9tait nullement g\u00ean\u00e9 parce que les proph\u00e8tes de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9taient en grande partie les complices de l&rsquo;imp\u00e9rialisme romain comme les Graffin, les Bonneau, les Bouque[3], etc&#8230; sont aujourd&rsquo;hui les complices du colonialisme oppresseur. Le Roi H\u00e9rode ne voulait pas d&rsquo;un nouveau chef autochtone dont la prise de pouvoir pouvait mettre fin au r\u00e8gne de l&rsquo;imp\u00e9rialisme romain; de m\u00eame aujourd&rsquo;hui, les Gouverneurs et les Administrateurs fran\u00e7ais au Kamerun n&rsquo;admettent aucune r\u00e9forme qui soit de nature \u00e0 contribuer tant soit peu au renversement du pouvoir colonial en vue de son remplacement par un gouvernement issu de la volont\u00e9 populaire.n2) Jean-Baptiste \u2013 L&rsquo;id\u00e9e de J\u00e9sus le Chef s&rsquo;est manifest\u00e9e lorsque Jean-Baptiste, proph\u00e8te annonciateur de sa naissance, envoya ses disciples aupr\u00e8s de J\u00e9sus pour s&rsquo;assurer que c&rsquo;est bien celui que l&rsquo;on attendait. Jean-Baptiste \u00e9tait alors d\u00e9tenu pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 les p\u00e9ch\u00e9s du Gouverneur H\u00e9rode. Nos \u00e9v\u00eaques sont-ils pr\u00eats aujourd&rsquo;hui \u00e0 d\u00e9noncer les p\u00e9ch\u00e9s d&rsquo;un Soucadaux ou d&rsquo;un Roland Pr\u00e9 ? J\u00e9sus rassura les envoy\u00e9s du d\u00e9tenu que c&rsquo;\u00e9tait bien lui-m\u00eame.n3) La gr\u00e8ve d&rsquo;imp\u00f4ts \u2013 Les Juifs consid\u00e8rent que le Chef du Pays, le Chef attendu, est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Ils ne veulent plus payer l&rsquo;imp\u00f4t aux colonialistes romains. Ils viennent consulter J\u00e9sus en ce sens. Quelle que soit l&rsquo;id\u00e9e de la contradiction ou de la tentation que les th\u00e9ologiens peuvent attribuer \u00e0 cette d\u00e9marche, un fait demeure : les [PAGE 50] Juifs ne voulaient plus de l&rsquo;oppression \u00e9trang\u00e8re, ils voulaient un chef du Pays \u00e0 qui ils voulaient verser l&rsquo;imp\u00f4t.n4) T\u00e9moignage de PoncePilate \u2013 Les th\u00e9ologiens accusent Ponce Pilate qui, magistrat du r\u00e9gime, avait condamn\u00e9 J\u00e9sus qu&rsquo;il savait innocent comme les magistrats du r\u00e9gime colonial condamnent des innocents en lieu et place des criminels et d\u00e9linquants de toutes sortes. N\u00e9anmoins, Ponce Pilate avait eu le courage de porter comme chef d&rsquo;accusation sur la croix une mention selon laquelle J\u00e9sus \u00e9tait \u00ab Roi des Juifs \u00bb. Une d\u00e9marche des accusateurs aupr\u00e8s du juge impuissant pour enlever cet \u00e9criteau fut vaine. C&rsquo;est l\u00e0 une derni\u00e8re preuve que, d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre dans la vie de J\u00e9sus-Christ, il y avait dans la pens\u00e9e de son peuple le d\u00e9sir de renverser l&rsquo;imp\u00e9rialisme romain. n<b>DE QUEL COTE SE TROUVE DIEU ? <\/b><br \/>Partant des indications que nous venons de donner, nous pouvons poser la question de savoir de quel c\u00f4t\u00e9 se trouve Dieu. Si Dieu se trouve du c\u00f4t\u00e9 de Goliath, de Pharaon, d&rsquo;H\u00e9rode ou de Pilate, il serait admis que Dieu approuve l&rsquo;oppression colonialiste; mais si, au contraire, comme le montrent les Ecritures, Dieu \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 de David, de Mo\u00efse, de J\u00e9sus-Christ et de la Palestine opprim\u00e9e, nous pourrons arriver \u00e0 la conclusion inverse, \u00e0 savoir que Dieu est avec ceux qui luttent contre le colonialisme afin d&rsquo;acqu\u00e9rir l&rsquo;ind\u00e9pendance de leurs pays respectifs. Pour conclure ce chapitre, nous pouvons livrer \u00e0 l&rsquo;attention des \u00e9v\u00eaques militants signataires de la fameuse \u00ab lettre commune \u00bb la citation suivante, tir\u00e9e de L\u00e9vitique, chapitre 19, verset 13 : \u00ab Tu n&rsquo;opprimeras point ton prochain et tu ne raviras rien par violence \u00bb, et dans \u00ab Proverbes \u00bb, chapitre 22, versets 22-23, il est \u00e9crit : \u00ab Ne d\u00e9pouille pas le pauvre, parce qu&rsquo;il est pauvre, et ne pousse pas le malheureux \u00e0 la porte car l&rsquo;Eternel d\u00e9fendra leur cause et \u00f4tera la vie de ceux qui les auront d\u00e9pouill\u00e9s \u00bb.nNous aurions pu commenter les passages de la Bible ici reproduits mais nous pr\u00e9f\u00e9rons laisser au lecteur le soin de former son propre jugement pour voir si Dieu est du c\u00f4t\u00e9 des colonialistes ou du c\u00f4t\u00e9 des patriotes [PAGE 51] Kamerunais en lutte pour l&rsquo;Unit\u00e9 et l&rsquo;Ind\u00e9pendance de notre pays. n<b>MISSION ET MISSIONNAIRES <\/b><br \/>Dans la \u00ab lettre commune \u00bb, il est dit que les \u00ab missionnaires sont calomni\u00e9s \u00bb. Tout d&rsquo;abord qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une calomnie ? Une calomnie c&rsquo;est le fait d&rsquo;imputer \u00e0 quelqu&rsquo;un les faits qui ne peuvent pas lui \u00eatre imput\u00e9s ou qui ne doivent pas lui \u00eatre imput\u00e9s. Nous demandons alors \u00e0 nos compatriotes catholiques si le fait de dire que les pr\u00eatres pr\u00eachent la politique \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, si le fait de dire qu&rsquo;ils trafiquent les sacrements \u00e0 des fins politiques constituent une calomnie, alors que cela se fait \u00e0 tout moment, au grand jour. Nous savons que la calomnie constitue une infraction \u00e0 la morale religieuse car il est dit quelque part dans la Bible : \u00ab Tu ne porteras point un faux t\u00e9moignage contre autrui \u00bb, ce qu&rsquo;est par exemple le fait de qualifier de communistes tous les militants syndicaux et les militants du Mouvement National Kamerunais sans \u00eatre en mesure de le prouver. On comprendra donc ainsi que les calomniateurs sont plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 des auteurs de la fameuse \u00ab lettre commune \u00bb. Dans le pr\u00e9ambule de la \u00ab lettre commune \u00bb, une autre id\u00e9e se d\u00e9gage, la tendance \u00e0 laisser croire que les patriotes kamerunais seraient des anti-blancs \u00e0 tout prix. C&rsquo;est faux, mais cette occasion nous permet de d\u00e9noncer certains faits qui trahissent l&rsquo;esprit raciste des \u00ab Missionnaires \u00bb catholiques et protestants. En effet, pour quelle raison dans les illustrations Dieu, les anges et les saints sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des \u00ab Blancs \u00bb et le Diable comme un \u00ab Noir \u00bb ? Pour quelle raison, au cours de la grande qu\u00eate mariale de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, qu\u00eate qui, soit dit en passant, avait fourni des sommes rondelettes aux seigneurs de l&rsquo;\u00e9glise catholique, la statue de la Vierge Marie repr\u00e9sentait une Blanche ou une Noire suivant qu&rsquo;elle \u00e9tait expos\u00e9e dans une ville \u00e0 population mixte ou dans les villages o\u00f9 la population est enti\u00e8rement africaine ? Pour quelle raison les chr\u00e9tiens noirs sont-ils oblig\u00e9s de mettre leurs charmantes fianc\u00e9es au \u00ab sixa \u00bb quand les chr\u00e9tiens blancs sont dispens\u00e9s de cette servitude ? Des faits de l&rsquo;esp\u00e8ce seraient mentionn\u00e9s sur des listes enti\u00e8res. [PAGE 52] nCe que nous voulons affirmer une fois de plus, c&rsquo;est que nous sommes contre les colonialistes et leurs hommes de main, qu&rsquo;ils soient Blancs, Noirs ou Jaunes, et nous sommes les alli\u00e9s de tous les partisans du droit des peuples et nations \u00e0 disposer d&rsquo;eux-m\u00eames, sans consid\u00e9ration de couleur.nLa mission \u2013 La \u00ab mission \u00bb d\u00e9coule de l&rsquo;Evangile selon Saint-Mathieu, chapitre 28, verset 19, qui est ainsi con\u00e7u : \u00ab Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du P\u00e8re, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur \u00e0 observer tout ce que je vous ai prescrit \u00bb. C&rsquo;est une mission de vaste \u00e9chelle, c&rsquo;est pourquoi les onze envoy\u00e9s par J\u00e9sus envoy\u00e8rent d&rsquo;autres \u00e0 leur tour. Une mission a une fin; lorsqu&rsquo;elle prend un caract\u00e8re permanent, on la compl\u00e8te en appellation en ajoutant le mot \u00ab permanente \u00bb \u00e0 la suite du mot \u00ab mission \u00bb. Or, dans la \u00ab lettre commune \u00bb, il est dit que l&rsquo;Eglise catholique a converti 700.000 fid\u00e8les, nous pouvons ajouter qu&rsquo;ils ont form\u00e9 des dizaines de pr\u00eatres Kamerunais, mais qu&rsquo;ils ont peur d&rsquo;en \u00e9lever quelques-uns au rang d&rsquo;Ev\u00eaque, car cela porte atteinte au statu quo du monde colonial. Ce que nous pouvons dire, ce que force nous est de constater, c&rsquo;est que la mission de l&rsquo;Evangile est termin\u00e9e, c&rsquo;est une autre mission qui continue. La mission de l&rsquo;Evangile est fond\u00e9e sur les 10 commandements. La \u00ab Mission nouvelle \u00bb, dont nous allons r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;origine, se base maintenant sur ce que nous pouvons appeler le onzi\u00e8me commandement, le \u00ab communisme \u00bb.nEn effet, d&rsquo;apr\u00e8s la \u00ab lettre commune \u00bb, l&rsquo;Eglise catholique est au Kamerun depuis soixante ans, elle a enseign\u00e9 aux chr\u00e9tiens \u00e0 observer les dix commandements inscrits dans la Bible. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Eglise a exhib\u00e9 un nouveau commandement qui ne figure nulle part dans la Bible. On dira que le communisme a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par les Tr\u00e8s Saints P\u00e8res. Il serait \u00e0 supposer ainsi que le communisme existe dans le pays des Blancs depuis de longues dates. Pourquoi dans ces conditions les pr\u00eatres catholiques n&rsquo;ont-ils pas d\u00e9nonc\u00e9 le mal plus t\u00f4t ? Faut-il conclure sur ce point qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la vieille mission coloniale qui consiste \u00e0 faire croire au colonis\u00e9 que tout est parfait au pays du colonisateur et que tout est mauvais au pays du colonis\u00e9 ? Quoi qu&rsquo;il en soit, tout le monde se rend bien compte de ce que la question du [PAGE 53] communisme ne serait jamais intervenue si le peuple kamerunais n&rsquo;avait pos\u00e9 le probl\u00e8me de son ind\u00e9pendance. Mais nous savons la mission dont sont charg\u00e9s les hommes du clerg\u00e9 catholique.nLe 22 mai 1804, Napol\u00e9on Bonaparte faisait la d\u00e9claration suivante en s\u00e9ance du Conseil d&rsquo;Etat : \u00ab Mon intention est d&rsquo;\u00e9tablir la maison des missions \u00e9trang\u00e8res. Ces religieux me seront tr\u00e8s utiles en Asie, en Afrique et en Am\u00e9rique; je les enverrai prendre des renseignements sur l&rsquo;\u00e9tat des populations. Leur r\u00f4le les prot\u00e8ge et sert \u00e0 couvrir les desseins politiques et commerciaux&#8230; Ils co\u00fbteront peu, et sont respect\u00e9s et, n&rsquo;\u00e9tant rev\u00eatus d&rsquo;aucun caract\u00e8re officiel, ils ne peuvent compromettre le gouvernement, ni lui occasionner des avanies \u00bb.nOn peut donner une autre citation \u00e9galement int\u00e9ressante. Il s&rsquo;agit cette fois d&rsquo;une d\u00e9claration de Louis XV \u00e0 propos de la traite d&rsquo;esclaves. Nous citons : \u00ab Louis XV mandait au Gouverneur de la Guyanne et \u00e0 celui de Saint-Domingue : &quot;La Religion doit fixer les premiers regards sur l&rsquo;administration. C&rsquo;est surtout par le fait qu&rsquo;elle impose que peuvent \u00eatre contenus les esclaves&#8230; N\u00e9cessaire \u00e0 tous les hommes, elle l&rsquo;est plus dans les colonies peupl\u00e9es d&rsquo;esclaves qui ne peuvent \u00eatre contenus que par l&rsquo;esp\u00e9rance d&rsquo;une meilleure vie&quot; \u00bb.nLes deux citations ci-dessus sont trop \u00e9difiantes pour qu&rsquo;on y ajoute quelque commentaire que ce soit. Il est d\u00e9montr\u00e9 ainsi que les \u00ab missionnaires coloniaux \u00bb sont les avant-gardes de l&rsquo;appareil administratif et du gros colonat. Cela rejoint une opinion que j&rsquo;ai d\u00e9velopp\u00e9e le 27 avril 1955 \u00e0 Yaound\u00e9. J&rsquo;avais dit que la consigne donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme par Dieu \u00e9tait la suivante : \u00ab Tu mangeras ton pain \u00e0 la sueur de ton front \u00bb. Les pr\u00eatres et les pasteurs qui ont v\u00e9cu dans le pays au temps du travail forc\u00e9 et de l&rsquo;indig\u00e9nat n&rsquo;avaient \u00e9lev\u00e9 aucune protestation contre ces pratiques esclavagistes. L&rsquo;on pouvait voir des chr\u00e9tiens parqu\u00e9s dans des camions pour les envoyer aux mines d&rsquo;or de B\u00e9tar\u00e9-Oya, cela ne r\u00e9voltait la conscience d&rsquo;aucun homme de l&rsquo;Eglise. Lorsque l&rsquo;administrateur Salain mettait des chr\u00e9tiens en prison pour les envoyer aux entreprises de M. Coron o\u00f9 ils travaillaient comme des esclaves avec la b\u00e9n\u00e9diction de Bonneau, Graffin et tous les autres \u00ab Seigneurs de l&rsquo;Eglise \u00bb, cela ne r\u00e9voltait la conscience d&rsquo;aucun eccl\u00e9siastique. [PAGE 54] Lorsqu&rsquo;avant les gr\u00e8ves historiques d&rsquo;ao\u00fbt 1946, le tout-puissant M. Chamaulte faisait travailler son personnel 365 jours sur les 365 que compte l&rsquo;ann\u00e9e, dans les vastes plantations de la SAFA \u00e0 Dizangu\u00e9, les pr\u00eatres et les pasteurs se contentaient de dire la messe \u00e0 quatre heures du matin pour se rendre \u00e0 l&rsquo;ap\u00e9ritif chez l&rsquo;omnipotent Chamaulte \u00e0 10 heures, le coffre-fort \u00e9tait devenu le Paradis et le jour de Sabbat tra\u00een\u00e9 dans la boue. Mais apr\u00e8s les luttes d&rsquo;ao\u00fbt 1946, les travailleurs, devant l&rsquo;inspecteur de travail Gayon et l&rsquo;auteur de ces lignes alors d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical, obtiendront le repos de dimanche: les pr\u00eatres trouveront bon de dire leur confortable messe cette fois le jour pour condamner la CGT comme institution de Satan parce que&#8230; communiste. Il est inutile de continuer les citations; tout cela montre que l&rsquo;Eglise coloniale accorde son appui sans r\u00e9serve, non pas \u00e0 ceux qui mangent leur pain \u00e0 la sueur de leur front, mais \u00e0 ceux qui ont comme principe : \u00ab Nous mangerons notre pain \u00e0 la sueur de votre front \u00bb, et cela est dans les prescriptions du XIe commandement de la mission coloniale \u00e9manant de Napol\u00e9on 1e et de Louis XV. n<b>PATRIOTISME A SENS UNIQUE <\/b><br \/>Quand la guerre attaque la patrie des pr\u00eatres colonialistes, ceux-ci s&#8217;empressent de quitter la soutane pour endosser l&rsquo;uniforme et prendre les fusils pour tirer en direction ennemie o\u00f9 se trouvent, \u00e0 l&rsquo;autre bout, des chr\u00e9tiens citoyens de la patrie adverse. Ainsi, en d\u00e9pit de la loi religieuse \u00ab Tu ne tueras point \u00bb, des hommes appartenant \u00e0 la m\u00eame religion s&rsquo;entre-tuent pour sauvegarder des biens d&rsquo;ici-bas. Mais quand les chr\u00e9tiens citoyens de la patrie colonis\u00e9e veulent s&rsquo;organiser pour secouer le joug de la domination que font peser sur eux les exploiteurs de la patrie du \u00ab missionnaire \u00e9ternel \u00bb celui-ci exhibe le XIe commandement du communisme pour accomplir la mission prescrite par Louis XV et Napol\u00e9on Bonaparte. Ainsi la grande loi ordonn\u00e9e par J\u00e9sus : \u00ab Tu aimeras ton prochain comme toi-m\u00eame \u00bb se transforme en cet autre slogan : \u00ab Tu prot\u00e9geras les int\u00e9r\u00eats de la colonisation et les tiens propres au d\u00e9triment de la libert\u00e9 de ton fr\u00e8re de la m\u00eame croyance qui g\u00e9mit sous l&rsquo;oppression de ton fr\u00e8re de la m\u00eame patrie \u00bb. [PAGE 55] Les chr\u00e9tiens kamerunais doivent r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 cela et ils y r\u00e9fl\u00e9chissent, heureusement. n<b>UN AVEU DE TAILLE <\/b><br \/>Un fait demeure : la mauvaise foi et l&rsquo;esprit de classe n&rsquo;ont pas emp\u00each\u00e9 les \u00e9v\u00eaques fran\u00e7ais du Kamerun de reconna\u00eetre qu&rsquo;une aspiration commence \u00e0 se manifester un peu partout en ce moment o\u00f9 le Kamerun pr\u00e9pare son ind\u00e9pendance pendant que les ennemis de l&rsquo;Eglise veulent le s\u00e9parer des repr\u00e9sentants de&#8230; Dieu, etc.nLes colonialistes fran\u00e7ais ont toujours d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ONU que la question de l&rsquo;Ind\u00e9pendance ne se posait pas au Kamerun. Que diront-ils encore apr\u00e8s cet aveu contenu dans la \u00ab lettre commune \u00bb ? Amusons-nous \u00e0 faire une petite r\u00e9capitulation. Il y a 700.000 chr\u00e9tiens catholiques. Parmi ces 700.000 Kamerunais, la question de l&rsquo;ind\u00e9pendance se pose. Il y a un nombre de protestants \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9quivalent. Parmi eux aussi la question de l&rsquo;Ind\u00e9pendance se pose. Il y a plus d&rsquo;un million de musulmans; ils posent eux aussi la question de l&rsquo;Ind\u00e9pendance. Que dire alors des f\u00e9tichistes dont l&rsquo;Ind\u00e9pendance constitue le seul \u00ab Paradis \u00bb ? Apr\u00e8s cet inventaire des forces, il appara\u00eet nettement que le peuple kamerunais dans son immense majorit\u00e9 r\u00e9clame son Ind\u00e9pendance, mais les \u00ab Seigneurs \u00bb de la colonisation sont m\u00e9contents de voir qu&rsquo;en d\u00e9pit des attaques malveillantes et de la propagande mensong\u00e8re, l&rsquo;UPC a fait son chemin et a r\u00e9ussi \u00e0 jeter la lumi\u00e8re \u00e0 travers ce peuple que les colonialistes ont pr\u00e9tendu conserver comme grenier de leurs int\u00e9r\u00eats avec la b\u00e9n\u00e9diction des pr\u00eatres et pasteurs colonialistes. Les chr\u00e9tiens comprendront le danger que repr\u00e9sente une politique de complicit\u00e9 qui tend \u00e0 sauver les derniers d\u00e9bris de la colonisation. n<b>LE TEMPLE TRAHI <\/b><br \/>La Bible enseigne que J\u00e9sus risqua un jour de faire usage de la chicotte, ce qui d\u00e9note encore sa qualit\u00e9 de Chef des Juifs. Cela se passait au moment o\u00f9 il trouva des trafiquants en train de proc\u00e9der \u00e0 des op\u00e9rations commerciales, financi\u00e8res, dans le temple. Il chassa les affairistes en d\u00e9clarant : \u00ab Il est \u00e9crit que cette maison sera appel\u00e9e maison de pri\u00e8re, mais vous en avez fait une foire pour [PAGE 56] vos trafics \u00bb. Disons tout simplement que les trafiquants chass\u00e9s par J\u00e9sus-Christ semblaient se trouver au fond de l&rsquo;\u00e9difice. Quelle e\u00fbt \u00e9t\u00e9 la col\u00e8re du Seigneur s&rsquo;il avait trouv\u00e9 les commer\u00e7ants et financiers en pleine chair ? Sa r\u00e9volte e\u00fbt \u00e9t\u00e9 grande. Ainsi donc c&rsquo;est \u00e0 nous qu&rsquo;il appartient de lever les yeux aujourd&rsquo;hui et de dire au Seigneur que la Maison de pri\u00e8re est profan\u00e9e, non par les trafiquants occasionnels, mais par ceux-l\u00e0 m\u00eame qui ont accept\u00e9 de continuer son \u0153uvre parmi les hommes. n<b>NOUS SOMMES DES PARTISANS DE L&rsquo;INDEPENDANCE NATIONALE <\/b><br \/>Nous laissons aux Ev\u00eaques la responsabilit\u00e9 de calomnier et de d\u00e9nigrer l&rsquo;UPC. Nous prenons acte de l&rsquo;affolement qui s&#8217;empare des colonialistes \u00e0 la suite de la prise de conscience du peuple kamerunais et des difficult\u00e9s auxquelles se heurtent les pr\u00eatres catholiques dans la tentative de cr\u00e9er un Mouvement d&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;Union des Populations du Cameroun.nDevant cette situation, au lieu de r\u00e9pondre \u00e0 la provocation par la provocation, ou \u00e0 la querelle par la querelle, nous nous bornerons \u00e0 r\u00e9affirmer une fois de plus notre position non seulement vis-\u00e0-vis des pr\u00eatres de combat, mais vis-\u00e0-vis de toutes les religions. Nous avons appris que chacun r\u00e9pondra \u00e0 Dieu pour son propre compte. Nous en faisons notre principe. C&rsquo;est pour cela que nous consid\u00e9rons la question religieuse comme une question personnelle devant laquelle chaque individu prend personnellement position. Mais si pour la vie d&rsquo;au-del\u00e0 des morts chacun r\u00e9pondra pour son propre compte, les Kamerunaises et les Kamerunais doivent comprendre que tous nous r\u00e9pondrons devant l&rsquo;Histoire sur notre attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des revendications nationales du peuple kamerunais.nC&rsquo;est pourquoi catholiques, protestants, musulmans, f\u00e9tichistes et non-croyants, nous devons nous unir et agir ensemble pour h\u00e2ter l&rsquo;Unification et l&rsquo;Ind\u00e9pendance du Kamerun.nDouala, le 22 avril 1955<br \/>Pour le Bureau Politique de l&rsquo;UPC,<br \/>Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral,<br \/>Ruben UM NYOBE <br \/>________________________________________<br \/>[1] Devenu aujourd&rsquo;hui le chef de file des int\u00e9gristes fran\u00e7ais.<br \/>[2] Soucadaux, gouverneur des colonies, administra le Cameroun au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante. Roland Pr\u00e9 lui succ\u00e9da bient\u00f4t.<br \/>[3] Ev\u00eaques fran\u00e7ais plac\u00e9s \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Eglise catholique camerounaise \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du combat des patriotes pour l&rsquo;Ind\u00e9pendance. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ruben UM NYOBE. Article paru en nouvelle version dans la revue Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982), p. 45-56. Version originale sign\u00e9e Douala, le 22 avril 1955, pour le Bureau Politique de l&rsquo;UPC, Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral Ruben Um Njobe. |+| \u00a9 Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982) 45-56. RELIGION OU COLONIALISME ?&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[107],"tags":[],"class_list":["post-1716","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kolonialismus-und-dekolonisierung"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Religion ou colonialisme &#8211; AfricAvenir International e.V.<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Religion ou colonialisme &#8211; AfricAvenir International e.V.\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Par Ruben UM NYOBE. Article paru en nouvelle version dans la revue Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982), p. 45-56. Version originale sign\u00e9e Douala, le 22 avril 1955, pour le Bureau Politique de l&rsquo;UPC, Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral Ruben Um Njobe. |+| \u00a9 Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982) 45-56. RELIGION OU COLONIALISME ?&hellip;\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"AfricAvenir International e.V.\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/AfricAvenir\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2007-02-04T16:17:51+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-10-06T09:12:56+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1500\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1500\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"patrpaaa\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@AfricAvenir\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@AfricAvenir\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"patrpaaa\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd\"},\"headline\":\"Religion ou colonialisme\",\"datePublished\":\"2007-02-04T16:17:51+00:00\",\"dateModified\":\"2023-10-06T09:12:56+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/\"},\"wordCount\":4658,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#organization\"},\"articleSection\":[\"Kolonialismus &amp; Dekolonisierung\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/\",\"name\":\"Religion ou colonialisme &#8211; AfricAvenir International e.V.\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2007-02-04T16:17:51+00:00\",\"dateModified\":\"2023-10-06T09:12:56+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/religion-ou-colonialisme\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Startseite\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Religion ou colonialisme\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/\",\"name\":\"AfricAvenir International e.V.\",\"description\":\"African Renaissance, Development, International Cooperation And Peace\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#organization\",\"name\":\"AfricAvenir International e.V.\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/AfricAvenir-Logo_transparent.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/08\\\/AfricAvenir-Logo_transparent.png\",\"width\":1500,\"height\":1500,\"caption\":\"AfricAvenir International e.V.\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"},\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.facebook.com\\\/AfricAvenir\\\/\",\"https:\\\/\\\/x.com\\\/AfricAvenir\"]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\\\/fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd\",\"name\":\"patrpaaa\",\"sameAs\":[\"https:\\\/\\\/www.africavenir.org\"]}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Religion ou colonialisme &#8211; AfricAvenir International e.V.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Religion ou colonialisme &#8211; AfricAvenir International e.V.","og_description":"Par Ruben UM NYOBE. Article paru en nouvelle version dans la revue Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982), p. 45-56. Version originale sign\u00e9e Douala, le 22 avril 1955, pour le Bureau Politique de l&rsquo;UPC, Le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral Ruben Um Njobe. |+| \u00a9 Peuples Noirs Peuples Africains no. 29 (1982) 45-56. RELIGION OU COLONIALISME ?&hellip;","og_url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/","og_site_name":"AfricAvenir International e.V.","article_publisher":"https:\/\/www.facebook.com\/AfricAvenir\/","article_published_time":"2007-02-04T16:17:51+00:00","article_modified_time":"2023-10-06T09:12:56+00:00","og_image":[{"width":1500,"height":1500,"url":"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png","type":"image\/png"}],"author":"patrpaaa","twitter_card":"summary_large_image","twitter_creator":"@AfricAvenir","twitter_site":"@AfricAvenir","schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/"},"author":{"name":"patrpaaa","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/person\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd"},"headline":"Religion ou colonialisme","datePublished":"2007-02-04T16:17:51+00:00","dateModified":"2023-10-06T09:12:56+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/"},"wordCount":4658,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#organization"},"articleSection":["Kolonialismus &amp; Dekolonisierung"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/","name":"Religion ou colonialisme &#8211; AfricAvenir International e.V.","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#website"},"datePublished":"2007-02-04T16:17:51+00:00","dateModified":"2023-10-06T09:12:56+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/religion-ou-colonialisme\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Startseite","item":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Religion ou colonialisme"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/","name":"AfricAvenir International e.V.","description":"African Renaissance, Development, International Cooperation And Peace","publisher":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#organization","name":"AfricAvenir International e.V.","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png","contentUrl":"https:\/\/www.africavenir.org\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/AfricAvenir-Logo_transparent.png","width":1500,"height":1500,"caption":"AfricAvenir International e.V."},"image":{"@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/logo\/image\/"},"sameAs":["https:\/\/www.facebook.com\/AfricAvenir\/","https:\/\/x.com\/AfricAvenir"]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/#\/schema\/person\/b212b099a4ad75eefb18f17ae282ecfd","name":"patrpaaa","sameAs":["https:\/\/www.africavenir.org"]}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1716","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1716"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1716\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2149,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1716\/revisions\/2149"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1716"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1716"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1716"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}