{"id":473,"date":"2016-04-26T12:30:00","date_gmt":"2016-04-26T10:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africavenir.com\/pambazuka-goor-yombul-ou-un-homme-vaut-cher-rama-salla-dieng\/"},"modified":"2023-10-06T11:11:51","modified_gmt":"2023-10-06T09:11:51","slug":"pambazuka-goor-yombul-ou-un-homme-vaut-cher-rama-salla-dieng","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/pambazuka-goor-yombul-ou-un-homme-vaut-cher-rama-salla-dieng\/","title":{"rendered":"Pambazuka: Goor Yombul, ou \u00abun homme vaut cher\u00bb Rama Salla Dieng"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e8s qu\u2019elle entendit le mot \u2018takk\u2019, Buguma, perdit pied. \u2018\u2019Takk\u2019\u2019, litt\u00e9ralement, \u2018ligoter\u2019,\u2018enchainer\u2019, ainsi que les autres termes wolof relatifs au mariage, la rebutaient. Elle avait toujours trouv\u00e9 ces mots si peu po\u00e9tiques et r\u00e9v\u00e9lateurs des termes sexistes de l\u2019institution du mariage par rapport \u00e0 la jeune mari\u00e9e, malgr\u00e9 les explications de sa m\u00e8re.nSerign-Kemtaan-Men-Lep [1] &nbsp;se redressa sur son tapis et se gratta le front comme \u00e0 chaque fois qu\u2019il \u00e9tait perplexe. Cela faisait une demi-heure que l\u2019homme qui \u00e9tait venu lui rendre visite lui racontait \u00e0 quel point il avait besoin de son aide pour obtenir l\u2019immunit\u00e9. L\u2019homme avait r\u00e9alis\u00e9 une transaction fonci\u00e8re importante avec Mercenaire, le repr\u00e9sentant d\u2019une compagnie originaire de D\u00ebkk-bi-fog-ni-moo-nu-moom, l\u2019ancien colonisateur du Galguisen. Lelamaan-boromsuuf[2] de Figaalgiteene, un village de la Vall\u00e9e du Fleuve lui reprochait de ne pas l\u2019avoir consult\u00e9 car il avait autorit\u00e9 sur la terre, toute la terre autour de la vall\u00e9e du fleuve : Walo et Jeeri[3]. Seulement, l\u2019homme pensait que cette autorit\u00e9 \u00e9tait maintenant entre les mains des communaut\u00e9s rurales avec les lois sur la d\u00e9centralisation des ann\u00e9es 90 et ne lui avait donc pas vers\u00e9 de ndaalu[4]. En r\u00e9ponse, le lamaan-boromsuuf avait jur\u00e9 que l\u2019homme n\u2019obtiendrait jamais la terre et avait menac\u00e9 de le \u2018travailler\u2019 pour qu\u2019il ne soit pas r\u00e9\u00e9lu.nEn cette p\u00e9riode pr\u00e9-\u00e9lectorale, l\u2019homme avait peur que le contrat aakimoo-suuf[5] qu\u2019il avait conclu avec Mercenaire ne lui co\u00fbte son poste et il ne souhaitait pas que le scandale \u00e9clate. Le marabout se gratta la t\u00eate encore plus nerveusement devant l\u2019expos\u00e9 de la situation. Puis il cessa son geste quand il r\u00e9alisa que cela pourrait trahir son trouble. &nbsp;Sa m\u00e8re lui interdisait ce geste quand il \u00e9tait petit. Puis quand il \u00e9tait devenu un homme : \u2018un homme doit faire ceci, il doit \u00e9viter cela, etc.\u2019 Et la liste de ce qu\u2019\u00e9tait un homme, \u2018un vrai\u2019 selon sa m\u00e8re, \u00e9tait longue : il fallait avoir un travail d\u00e9cent, pouvoir r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de sa famille, savoir se faire respecter des femmes, bref, \u2018\u00eatre capable\u2019 de tout, en toutes circonstances. Elle concluait toujours ses longues tirades par :\u2019Goor Yombul\u2019[6].nPour se calmer, le marabout se mit \u00e0 penser \u00e0 la somme rondelette qu\u2019il aller r\u00e9clamer pour cette op\u00e9ration. &nbsp;Son sourire se fit brusquement carnassier. Sa m\u00e8re serait fi\u00e8re de lui si elle le voyait aujourd\u2019hui. Il \u00e9tait devenu un homme puissant, \u00e9cout\u00e9, respect\u00e9 et ob\u00e9i. La population du Galguisen, religieuse et croyante \u00e9tait grande consommatrice de services maraboutiques. Il jouait alors sur la crainte, l\u2019immat\u00e9riel, l\u2019inexistant car dans ce monde-l\u00e0, tout \u00e9tait possible. &nbsp;Serign-Kemtaan-Men-Lepp \u00e9tait devenu plus que capable et il avait tenu \u00e0 le signifier en choisissant son nom de marabout : \u2018le marabout-omnipotent-faiseur de miracles\u2019.nIl ordonna \u00e0 l\u2019homme une liste de sacrifices \u00e0 r\u00e9aliser et lui imprima une facture avec le montant des honoraires pour la consultation. A l\u2019oppos\u00e9 de beaucoup d\u2019autres marabouts, Serign-Kemtaan-Men-Lepp avait fait des \u00e9tudes universitaires et poss\u00e9dait un vrai bureau avec un ordinateur portable et une imprimante. Il avait une secr\u00e9taire et parlait quatre langues \u00e9trang\u00e8res pour ses affaires. Il disait avoir abandonn\u00e9 son affaire \u2018B&amp;B\u2019 pour se consacrer \u00e0 la noble mission qui lui avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e car un tel pouvoir ne saurait rester cach\u00e9 et il se devait de l\u2019utiliser pour abolir les souffrances des personnes qui l\u2019entouraient.nSerign-Kemtaan-Men-Lepp pour mettre un terme \u00e0 l\u2019entrevue, s\u2019adressa \u00e0 l\u2019homme d\u2019un ton qui lui fit lui-m\u00eame froid dans le dos : \u2018melal ni say aajo fajuna\u2019[7].n&nbsp;****nTrois mois plus tard, dans le quartier de Patdwa, situ\u00e9 \u00e0 &nbsp;Ndakaaru, se tenait cet \u00e9change :n- &nbsp; &nbsp; &nbsp; Ndayu-Mbilligi, merci de l\u2019accueil chaleureux. Je commence cependant \u00e0 m\u2019impatienter car Buguma n\u2019est m\u00eame pas l\u00e0 pour m\u2019accueillir et le mariage n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9. &nbsp;J\u2019esp\u00e8re officialiser l\u2019union avant ma tourn\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays. Je vais officiellement envoyer mes proches demander sa main avant la fin de ce mois.n- &nbsp; &nbsp; &nbsp; Buursaayna, Na sa xel dall. Yonnel say mbokk &nbsp;ma may la jabar.[8]nEn s\u2019entendant faire une telle promesse, Ndayu-Mbilligi sursauta, paniqu\u00e9e. Que ferait-elle si elle perdait ce gendre id\u00e9al qui occupait une place importante dans le comit\u00e9 du Nguur de Galguisen ? &nbsp;Elle-m\u00eame avait mis les bouch\u00e9es doubles pour son invit\u00e9 : Cuuray[9] \u00e0 gogo, mets d\u00e9licieusement cuisin\u00e9s et dont l\u2019odeur vous accueillaient \u00e0 la porte, servis dans la vaisselle qu\u2019elle avait ramen\u00e9e de son voyage \u00e0de Dubaay, elle ne laissait rien au hasard. Il fallait que le poisson morde \u00e0 l\u2019hame\u00e7on, mieux s\u2019\u00e9trangle avec!nD\u00e8s son entr\u00e9e dans la maison de Ndayu-Mbilligi, Buursaayna, accompagn\u00e9 de son griot et conseiller Kant\u00e9, avait \u00e9tal\u00e9 ses largesses aux habitants de la maison : un cuub fara-fara[10] &nbsp;command\u00e9 sp\u00e9cialement du Mali pour la maitresse des lieux, deux IPad pour Saer et Yunuss, puis s\u2019ensuivit une longue distribution de billets de banque.nQue ferait-elle si elle perdait cette manne financi\u00e8re que lui enviaient ses amies du quartier ? Cela faisait maintenant deux mois que Buursaayna qui avait le m\u00eame \u00e2ge qu\u2019elle venait lui rendre visite au sujet de sa fille ain\u00e9e de 26 ans, Buguma. Il voulait maintenant une r\u00e9ponse ferme car cette derni\u00e8re allait retourner \u00e0 Figaalgiteene dans quinze jours pour terminer son enqu\u00eate de terrain dans le cadre de sa th\u00e8se de doctorat. Ndayu-Mbilligi ne comprenait pasBuguma, &nbsp;cette derni\u00e8re \u00e9tait trop \u00e9duqu\u00e9e et elles n\u2019arrivaient jamais \u00e0 communiquer. Pourquoi Buguma n\u2019\u00e9tait-elle pas comme Maajigeen sa petite s\u0153ur qui s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e durant sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e de licence et qui lui avait donn\u00e9e depuis un beau petit-enfant, Taawbugoor. Maajigeen ne s\u2019\u00e9tait pas pourtant faite prier car elle voulait plus que tout entrer dans le cercle tr\u00e8s \u00ab couru \u00bb de ses jeunes mari\u00e9es de copines.nBuguma elle, &nbsp;lui mettait plus de b\u00e2tons dans les roues : elle parlait de droits, de r\u00e9volution et d\u2019\u00e9quit\u00e9 ! Elle \u00e9tait obs\u00e9d\u00e9e par sa recherche et ne l\u2019\u00e9coutait jamais quand elle lui disait que la m\u00e9nopause approchait \u00e0 grands-pas. Celle-ci ne voulait pas se marier avant la fin de son doctorat.nR\u00e9cemment revenue \u00e0 Ndakaaru pour un mois, elle restait chez sa m\u00e8re deux semaines, et logeait \u00e0 Kolaudel le reste de son s\u00e9jour avant de retourner \u00e0 Figaalgiteene bient\u00f4t. Elle lui tenait fermement t\u00eate depuis qu\u2019elle lui avait interdit la zone Fann-Point-E-Plateau et surveillait ses moindres d\u00e9placements de peur qu\u2019elle ne se remette \u00e0 fr\u00e9quenter de nouveau son amoureux d\u2019opposant politique. Ndayu-Mbilligi pensait que \u00ab ses &nbsp;lois de l\u2019immigration \u00bb si fermes feraient \u00e0 sa jeune Ndate Yalla se languir de son bon-\u00e0-rien de bien-aim\u00e9 et se laisser mettre la bague au doigt par le r\u00e9v\u00e9r\u00e9 Buursaayna!&nbsp;nLe copain de sa fille \u00e9tait un jeune Ngembicain Nadem Nademademdem, id\u00e9aliste qui n\u2019avait aucun m\u00e9tier respectable sinon celui d\u2019opposant au r\u00e9gime en place en Ngembique qu\u2019il esp\u00e9rait un jour renverser. Bugumasemblait indiff\u00e9rente au chantage de sa m\u00e8re et pis avait l\u2019air d\u2019avoir tout son temps pour relever le d\u00e9fi que lui avait lanc\u00e9 celle-ci! Elle allait \u00e0 son wolonteeru-non-remun\u00e9r\u00e9-mais-en-contrepartie-de-laquelle-elle-aurait-une-grande-experience-du-plaidoyer-au-sein-d\u2019une-grande-ONG chaque jour, affronter ses deux superviseurs qui l\u2019exploitaient et l\u2019accablaient de travail. Elle revenait \u00e9reint\u00e9e mais Ndayu-Mbilligi ne se laissait pas berner par cette fatigue feinte car elle savait sa fille excit\u00e9e par son immersion dans cette organisation qui d\u00e9fendait la libert\u00e9 d\u2019expression et les droits humains m\u00eame si elle se plaignait que l\u2019ONG en question avait oubli\u00e9 les droits de ses employ\u00e9-e-s, \u2019di digle cangaay te dugnu sanggu\u2019[11].n&nbsp;****nNdayu-Mbilligi soupira en pensant \u00e0 l\u2019ingratitude de sa fille qui, au lieu de rester \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s pour reprendre son \u2018bizness\u2019[12] qu\u2019elle avait commenc\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant, ne parlait que de retourner \u00e0 Figaalgiteene pour faire ses interviews. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, Malamin son cadet avait pris soin de la fratrie mais lui a refil\u00e9 le fardeau d\u00e8s son retour en invoquant le droit d\u2019a\u00eenesse et s\u2019\u00e9tait enr\u00f4l\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e galguisennaise, fatigu\u00e9 de sa vie de ch\u00f4meur. Il avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en mission au Mali et donnait tr\u00e8s peu de nouvelles. &nbsp;S\u2019enr\u00f4ler dans l\u2019arm\u00e9e ? C\u2019\u00e9tait la faute du Nguur qui n\u2019arrivait pas \u00e0 cr\u00e9er des emplois pour &nbsp;les dipl\u00f4m\u00e9s-ch\u00f4meurs &nbsp;mais les envoyait mourir pour r\u00e9duire leur nombre! Ndayu-Mbilligi, am\u00e8re comme \u00e0 chaque fois qu\u2019elle pensait \u00e0 Malamin, n\u2019arrivait pas \u00e0 comprendre que son fils n\u2019ait pas r\u00e9ussi sa vie en suivant le chemin qu\u2019elle lui avait trac\u00e9.n\u2018Tchiip\u2019, Ndayu-Mbilligi \u00e9mit ce son qui valait tous les mots lorsqu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9pit\u00e9e et en col\u00e8re. Elle repensa de nouveau \u00e0 Buguma. Elle n\u2019arrivait pas \u00e0 lui faire comprendre qu\u2019il y avait bien plus important dans la vie d\u2019une jeune femme que les \u00e9tudes! Elle-m\u00eame s\u2019\u00e9tait mari\u00e9e \u00e0 seize ans! &nbsp;En plus, Buguma risquait de faire fuir le peu de soupirants qu\u2019elle avait en \u00e9tant si dipl\u00f4m\u00e9e. Qu\u2019attendait-elle donc ? N\u2019avait-elle pas appris de sa propre exp\u00e9rience ? Elle, Ndayu-Mbilligi, la femme d\u2019affaires veuve avait eu comme couronnement d\u2019une vie, deux \u00ab s\u0153urs \u00bb une qui n\u2019est pas all\u00e9e tr\u00e8s loin dans les \u00e9tudes et plus \u00e2g\u00e9e qu\u2019elle, et une autre \u2018intellectuelle\u2019 qui avait un an de moins que Buguma au moment du mariage ; &nbsp;que son mari, Alaaji Zolikeer de son vivant, allait rejoindre chacune deux nuits sur sept, \u00e0 tour de r\u00f4le. Mais c\u2019est \u00e0 elle, &nbsp;petite-fille d\u2019Albury Njaay, Buurba[13] Jolof que son mari accordait trois nuits. Et cela apr\u00e8s qu\u2019elle lui ait achet\u00e9 une voiture au retour du troisi\u00e8me \u2018Haj\u2019[14] qu\u2019elle lui avait offert et ajout\u00e9 un autre \u00e9tage \u00e0 leur maison de trois niveaux.nLe nombre d\u2019\u00e9tages est un signe ext\u00e9rieur de richesse, peu importe si les fondements de la maison le permettaient.Alaji Zolikeer s\u2019en \u00e9tait all\u00e9, il y a deux ans, mort d\u2019une crise cardiaque dans les bras d\u2019une jeunette mais cela, elleNdayu-Mbilligi avait \u00e9videmment veill\u00e9 \u00e0 ce que personne n\u2019en sache jamais rien. &nbsp;Buguma n\u2019avait-elle donc pas conscience de tous les sacrifices qu\u2019elle avait faits pour leur bien-\u00eatre car elle \u00e9tait rest\u00e9e avec Alaji Zolikeer pour l\u2019\u00e9quilibre familial.nOu \u00e9tait-elle d\u2019ailleurs ? Que lui pr\u00e9parait-elle donc? Elle \u00e9tait la seule \u00e0 ne pas r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel marital : toute la famille \u00e9tait l\u00e0 pour l\u2019occasion et attendait de jouer sa partition, sauf elle. Saer-B\u00ebn\u00eble feignait de lire en gardant un \u0153il bienveillant sur la table somptueusement dress\u00e9e, de temps en temps il se tournait vers de son cadet Yunuss D\u00ebg\u00ebr-Bopp, le petit dernier &nbsp;qui n\u2019arr\u00eatait pas de tomber de son v\u00e9lo pour y remonter pour retomber. Elle pensa alors \u00e0 Maajigeen sa fille \u00e0 elle qui la secondait dans ses affaires. Maajigeen, sa pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e qui \u00e9tait partir s\u2019installer chez sa belle-famille, comme le voulait la coutume. Elle lui avait donn\u00e9e un beau petit-fils mais Ndayu-Mbiligiattendait plus que tout les petits-enfants que lui donneraient ses fils, \u00e0 qui il revenait de perp\u00e9tuer le patronyme familial.nNdayu-Mbiligi soupira. &nbsp;De toute la journ\u00e9e, Buguma n\u2019\u00e9tait apparue que pour manger, l\u2019avait un peu aid\u00e9e \u00e0 faire les comptes de la semaine pour le magasin du march\u00e9 Achelem et les deux de Sindaga, puis s\u2019\u00e9tait retir\u00e9e \u00ab dans ses appartements \u00bb. R\u00e9solument, Ndayu-Mbilligi promit d\u2019un ton encore plus ferme \u00e0 Buursaayna : Alxames bi mujj si weer bi nga yonne ma say mbokk ma mayla jabbar[15] martela-t-elle en se levant &nbsp;pour rajouter deux fois plus d\u2019encens dans le \u00ab and[16] \u00bb comme si cela pouvait conjurer le sort &nbsp;tr\u00e8s certainement jet\u00e9 sur sa fille. Car celle-ci ne pouvait avoir toute sa raison!nBuursaayna la remercia avant de prendre cong\u00e9. Une fois dans sa voiture, il dansa de soulagement. Il allait unir sa voie \u00e0 celle de \u2018l\u2019\u00e9lue\u2019. Ses soucis seraient bient\u00f4t termin\u00e9s.n&nbsp;****nDans le bus 23 qui la ramenait chez elle \u00e0 Patdwa, Buguma repensait \u00e0 ses activit\u00e9s de ce mois de mai charg\u00e9 et dont elle avait h\u00e2te de voir la fin. Plus que quelques jours se dit-elle. Elle aurait pu prendre le bus 6 ou le P1 qui \u00e9taient plus rapides mais pr\u00e9f\u00e9rait le 23 qui lui permettait d\u2019avoir tout le loisir de lire ou de r\u00eavasser. A la radio, Professeur Jallo Joob s\u2019exprimait sur le parti politique qu\u2019il dirigeait et qui avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 clandestinement par l\u2019illustre anthropologue, historien et homme politique dont le nom fut donn\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Ndakaaru. &nbsp;Sa pens\u00e9e alla alors \u00e0 un autre fr\u00e8re Blondin Joob, &nbsp;qui \u00e9tait mort au m\u00eame \u00e2ge qu\u2019elle, dans sa cellule de prison \u00e0 Gor\u00e9e. Elle \u00e9tait fascin\u00e9e par Omar, ce brillant jeune r\u00e9volutionnaire dont les circonstances de la mort restait toujours non-\u00e9lucid\u00e9e m\u00eame si l\u2019administration p\u00e9nitentiaire et les autorit\u00e9s politiques de l\u2019\u00e9poque avaient avanc\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une mort par pendaison dans la nuit du 10 au 11 mai 1973.nPour sa part, apr\u00e8s avoir d\u00e9cortiqu\u00e9 tous les articles de presse, le livre blanc du Nguur de l\u2019\u00e9poque et la lettre deNdakaaru publi\u00e9e en 1978, &nbsp;elle \u00e9tait persuad\u00e9e qu\u2019Omar avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9. Fort de cette conviction, elle avait propos\u00e9 un article dans le bulletin d\u2019information de son ONG, sous forme de lettre ouverte au nouveau Nguurgalguisennais, lui demandant de rouvrir les dossiers d\u2019Omar Blondin Joob et de Suus Baabakar Sey, une autre personnalit\u00e9 assassin\u00e9e. Elle attendait toujours le retour de son superviseur pour savoir si l\u2019article serait publi\u00e9 ou non. &nbsp;nQuelques minutes plus tard, Bob Marley fredonnait \u2018Redemption Song\u2019. N\u2019\u00e9tait-ce pas ironique, ne put-elle s\u2019emp\u00eacher de penser, que Bob Marley et Omar Blondin Joob soient tous les deux morts le m\u00eame jour et que la jeunesse galguisennaise c\u00e9l\u00e8bre plus Marley que leur compatriote. Apr\u00e8s tout pensa-t-elle ce qui importe c\u2019est la conclusion de Thomas Sankara, Ancien Buuru Dekku-Gor-yi[17], une autre des figures qui l\u2019inspiraient : \u2018les individus peuvent \u00eatre assassin\u00e9s, &nbsp;pas les id\u00e9es\u2019. Cette pensa ne la r\u00e9conforta que peu.nLe bus qui freinait brusquement \u00e0 hauteur du Stade Demba Joob la ramena \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Maintenant, il allait rouler doucement jusqu\u2019\u00e0 la Sitedeezo \u00e0 partir d\u2019o\u00f9 il allait commencer \u00e0 ramer tranquillement jusqu\u2019\u00e0 la station MobileGaran-Medin o\u00f9 son trajet s\u2019arr\u00eatait. Et elle terminerait son chemin en prenant un taxi \u2018kalando\u2019[18]. Parfois quand elle \u00e9tait plus \u2018en forme\u2019, elle s\u2019arr\u00eatait \u00e0 la police des Parcelles-Yi-Dessee-Set puis marchait le reste du trajet. Pour l\u2019instant, elle pensait davantage \u00e0 ceux et celles qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019avant du v\u00e9hicule. Comme elle \u00e9tait assise derri\u00e8re, elle n\u2019\u00e9touffait pas autant que ces derniers, confront\u00e9s aux \u2018humeurs\u2019 et &nbsp;relents de corps actifs au repos cherchant \u00e0 investir chaque bout d\u2019espace disponible. &nbsp;nLe bus \u00e9tait maintenant arriv\u00e9 au rond-point Libert\u00e9 6 et s\u2019\u00e9tait immobilis\u00e9, elle aper\u00e7ut une affiche d\u2019Ellari Kiris-Koros, Envoy\u00e9e de Dekk-Bi-Epp-Doole-Yepp, le pays le plus puissant, certainement lors de sa visite \u00e0 Ndakaaru au d\u00e9but du mois et eut une moue incontr\u00f4l\u00e9e. Elle repensa \u00e0 son discours plein d\u2019espoir\u2019 sur l\u2019avenir radieux promis \u00e0 la d\u00e9mocratie galguisennaise et ne put s\u2019emp\u00eacher de faire le parall\u00e8le avec le discours paternaliste et humiliant tenu par le Buuru Dekk-bi-fog-ni-mo-nu-moom Nitki Sarkastik \u00e0 Ndakaaru en 2007. Elle en avait marre de ce n\u00e9o-imp\u00e9rialisme et pensait que seule Nguurgurafet, un mode de gouvernement \u00e9quitable et endog\u00e8ne, pouvait permettre au Galguisen et aux autres pays africains d\u2019aller de l\u2019avant et non pas les recettes de \u2018bonne gouvernance\u2019 toutes faites import\u00e9es et impos\u00e9es par les grandes Institutions-Jumelles-Associ\u00e9es bas\u00e9es \u00e0 Nioko-Yor.nA ce moment, elle entendit \u00e0 la radio, M. Polotik revenir sur les incidents du dimanche dernier en Ngembique. &nbsp;Trois galguisennais avait \u00e9tait ex\u00e9cut\u00e9s par le Buur de Ngembique, un petit Etat enclav\u00e9 voisin du Galguisen. &nbsp;L\u2019ONG pour laquelle elle travaillait avait d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs d\u00e9p\u00eaches, rapports et fait des communications pour &nbsp;pousser leNguur Galguisennais \u00e0 r\u00e9agir fermement \u00e0 ce nouvel affront du Buuru Ngembique qui se pensait tout-puissant. Elle-m\u00eame avait pass\u00e9 sa journ\u00e9e \u00e0 un sit-in devant l\u2019ambassade de Ngembique et \u00e9tait frustr\u00e9e par cette affaire.&nbsp;n****nBuguma ferma les yeux et pr\u00e9f\u00e9ra penser au sujet qui la pr\u00e9occupait : sa recherche sur les &nbsp;contrats aakimoo-suufqui avaient eu lieu \u00e0 Figaalgiteene en octobre dernier. &nbsp;Ces contrats aakimoo-suuf portaient sur plus de 18 000 hectares accord\u00e9s \u00e0 un investisseur priv\u00e9 pour la production de patates douces et d\u2019\u00e9thanol et 4 500 hectares accord\u00e9s \u00e0 un autre investisseur dont l\u2019identit\u00e9 restait \u00e0 d\u00e9terminer pour qu\u2019il \u00e9tablisse une ferme nomm\u00e9e Saa-baay-a-g\u00ebn-sa-bos pr\u00e8s de Figaalgiteene. Ces contrats qui avaient d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 certaines populations de la terre qu\u2019ils cultivaient ou les avaient contraints \u00e0 se d\u00e9placer avaient pouss\u00e9 les populations locales \u00e0 se soulever violemment contre les comit\u00e9s ruraux repr\u00e9sentant le Nguur au niveau local depuis la d\u00e9centralisation. Ces soul\u00e8vements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s avec le soutien d\u2019ONG locales avaient fait quatre morts et plusieurs bless\u00e9s contraignant le Nguur \u00e0 suspendre provisoirement les activit\u00e9s des investisseurs. Buguma cherchait \u00e0 documenter les processus, acteurs et r\u00e9sultats des contrats aakimoo-suuf \u00e0 Figaalgiteene depuis les politiques agricoles qui devaient permettre l\u2019autosuffisance alimentaire \u00e0 Galguisen.n&nbsp;Cependant, son enqu\u00eate de terrain qu\u2019elle avait commenc\u00e9 il y a plus de 6 mois lui donnait du fil \u00e0 retordre : si elle avait pu obtenir des informations sur le premier cas de 18 000 hectares, elle se heurtait au silence et au manque de coop\u00e9ration des investisseurs et travailleurs de la ferme Saa-baay-a-g\u00ebn-sa-bos. &nbsp;Ceux-ci refusaient de r\u00e9pondre \u00e0 ses coups de fil, ne voulaient pas la recevoir ou participer au groupe de discussion qu\u2019elle avait organis\u00e9 il y a six mois lorsqu\u2019elle \u00e9laborait son &nbsp;questionnaire qu\u2019ils refusaient maintenant de renseigner. &nbsp;Elle ne savait plus quoi faire. Elle redoutait le moment o\u00f9 elle allait rencontrer le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du comit\u00e9 rural de Figaalgiteene qui avait sign\u00e9 le contrat. Non pas par peur car Buguma n\u2019avait peur de rien, mais elle souhaitait avoir le tact qui lui faisait tant d\u00e9faut, pour ce jour-l\u00e0 amener &nbsp;le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ses nombreuses questions.nLe long r\u00e2le du bus qui freinait sortit Buguma de sa torpeur, lui faisant remarquer qu\u2019il \u00e9tait temps pour elle de descendre. Buguma fut accueillie par Bajjan, la s\u0153ur de son d\u00e9funt p\u00e8re qui la serra dans ses bras en lui disant que sa m\u00e8re, Ndayu-Mbilligi l\u2019avait charg\u00e9e de lui transmettre un message. Buguma opina du chef et se laissa guider par sa tante vers la maison familiale. Elle \u00e9tait surprise que Ndayu-Mbilligi ait charg\u00e9 Bajjen de quelque chose car les deux femmes se parlaient rarement, Ndayu-Mbilligi disant du mal de Bajjan \u00e0 chaque fois qu\u2019elle le pouvait, lui reprochant d\u2019avoir pouss\u00e9 son fr\u00e8re Alaji Zolikeer \u00e0 lui trouver des \u2018s\u0153urs\u2019. Bajjan pour sa part reprochait \u00e0 Ndayu-Mbilligi ses nombreux d\u00e9placements \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et sa richesse subite. Buguma ne comprenait pas comment ces deux femmes qui \u00e9taient les meilleures amies du monde \u00e9taient devenues si distantes. La derni\u00e8re fois qu\u2019elle avait vu Bajjan c\u2019\u00e9tait au bapt\u00eame de Taawbugoor et avant cela le mariage de Maajigeen.n- &nbsp; &nbsp; &nbsp; Buguma, ma fille, mon ain\u00e9e, &nbsp;j\u2019ai tant attendu ce jour que j\u2019ai cru qu\u2019il n\u2019arriverait pas. Ton oncle Mayekat-bi et moi avons discut\u00e9 jeudi dernier apr\u00e8s que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e par ta m\u00e8re que l\u2019\u00e9v\u00e9nement aurait lieu aujourd\u2019hui. Il a de son c\u00f4t\u00e9 contact\u00e9 le responsable du quartier Kilif\u00eb-Kogn-bi et Xaritu-benn-Bakkan, l\u2019ami de ton p\u00e8re pour qu\u2019ils puissent proc\u00e9der au \u2018Takk\u2019, le mariage.nD\u00e8s qu\u2019elle entendit le mot \u2018takk\u2019, Buguma, perdit pied. \u2018\u2019Takk\u2019\u2019, litt\u00e9ralement, \u2018ligoter\u2019, &nbsp;\u2018enchainer\u2019, ainsi que les autres termes wolof relatifs au mariage : \u2018Maye\u2019 : donner en mariage, donner carr\u00e9ment, la rebutaient. Elle avait toujours trouv\u00e9 ces mots si peu po\u00e9tiques et r\u00e9v\u00e9lateurs des termes sexistes de l\u2019institution du mariage par rapport \u00e0 la jeune mari\u00e9e, malgr\u00e9 les explications de sa m\u00e8re. Selon cette derni\u00e8re, vouloir juger une culture avec des concepts et des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9trangers \u00e9tait une initiative vide de sens. Par le pass\u00e9, le mariage \u00e9tait une mani\u00e8re pour deux familles de raffermir leurs liens et de s\u2019allier. Malgr\u00e9 cela Buguma parlait d\u2019\u2018objectification\u2019 de la jeune femme et d\u00e9testaient ces mots. Il y avait aussi l\u2019expression qu\u2019elle venait d\u2019entendre Bajjan prononcer comme \u00e0 travers un cauchemar : \u2018So demee sa ker jekker, bul seyi, seeyil\u2019 : \u2018quand tu iras t\u2019installer dans la maison de ton mari, ne sois pas seulement sa femme, mais ne forme plus qu\u2019un avec lui et sa famille\u2019, en \u00e9cho a ces paroles, elle entendait : \u2018Fonds-toi\u2019.n&nbsp;****nDurant cet apr\u00e8s-midi de novembre, le D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du comit\u00e9 rural &nbsp;\u00e9tait pris de panique. Il venait de terminer une r\u00e9union de comit\u00e9 avec le Buuru Galguisenn qui venait de lui signifier que s\u2019il n\u2019arrivait pas \u00e0 justifier qu\u2019il n\u2019y avait aucun contrat aakimoo-suuf dans la semaine suivante pour faire taire les rumeurs, il n\u2019h\u00e9siterait pas \u00e0 se s\u00e9parer de lui. Le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 n\u2019avait pas l\u2019immunit\u00e9 malgr\u00e9 son cumul de fonctions et il voulait conserver ses deux positions. Il se d\u00e9p\u00eacha d\u2019aller chercher Serign-Kemtaan-Men-Lepp pour l\u2019amener \u00e0 sa r\u00e9union de 14 heures. Depuis le d\u00e9but de leur collaboration, Serign-Kemtaan-Men-Lepp s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 tr\u00e8s impr\u00e9visible. Ce dernier lui avait donn\u00e9 l\u2019ordre de r\u00e9aliser un sacrifice humain puis s\u2019\u00e9tait ravis\u00e9 pour lui demander d\u2019\u00e9pouser cette jeune femme qu\u2019il lui avait d\u00e9crite de mani\u00e8re pr\u00e9cise. Cette femme \u00e9tait l\u2019\u00e9lue, selon Serign-Kemtaan-Men-Lepp, et l\u2019\u00e9pouser lui permettrait d\u2019avoir l\u2019immunit\u00e9 pour \u00eatre invincible aux prochaines \u00e9lections.n&nbsp;****nBuguma relisait nerveusement son questionnaire. Elle se for\u00e7ait \u00e0 se retenir d\u2019empoigner le D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d\u00e8s qu\u2019il franchirait la porte de ce bureau ou son assistante l\u2019avait install\u00e9e quelques minutes plus t\u00f4t. &nbsp;Elle v\u00e9rifia une \u00e9ni\u00e8me fois son apparence dans le miroir en face d\u2019elle et observa ses yeux bouffis \u00e0 force de cumuler des nuits blanches. Ses gros yeux qu\u2019elle avait h\u00e9rit\u00e9s de sa m\u00e8re Ndayu-Mbilligi qui l\u2019avait d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e depuis qu\u2019elle lui avait signifi\u00e9 devant les parents de Buursaayna qu\u2019elle ne se marierait jamais avec ce dernier. Qu\u2019elle ne voulait pas d\u2019un mari dont elle ne serait pas l\u2019\u00e9gale. Un mari qui la couvrait de cadeaux alors qu\u2019il ne pouvait lui faire l\u2019honneur de la consid\u00e9rer, de lui parler, de lui demander ce qu\u2019elle pensait du \u2018takk\u2019. &nbsp;Un mari qui ne ferait que la montrer \u00e0 des r\u00e9unions politiques ou pour inaugurer des chrysanth\u00e8mes comme disait un fameux g\u00e9n\u00e9ral. Elle ne voulait pas d\u2019un mari qui l\u2019exhiberait comme un troph\u00e9e mais qui lui demanderait son opinion sur la campagne \u00e9lectorale.nA la fin de sa longue tirade, sa m\u00e8re s\u2019\u00e9tait lev\u00e9e et lui avait hurl\u00e9e :\u2019 Et tu te prends pour une femme ! Une &nbsp;intellectuelle! Tu ne connais rien de la vie ma petite Buguma. Tu penses que tu peux \u00eatre l\u2019\u00e9gale des hommes ! N\u2019es-tu plus croyante ? Je me demande comment tu as pu sortir de mes entrailles et me ressembler si peu ! Je ne comprends plus ce monde o\u00f9 les femmes veulent \u00eatre des hommes et les hommes ne sont plus capables d\u2019\u00eatre de vrais hommes. Est-ce que tu as oubli\u00e9 l\u2019histoire de Malamin ? Ton propre fr\u00e8re qui pr\u00e9f\u00e9rait fr\u00e9quenter des hommes qui satisfaisaient ses moindres d\u00e9sirs au lieu de se trouver un travail et une femme !? Malamin, qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rejoindre l\u2019arm\u00e9e surement pour avoir davantage d\u2019hommes autour de lui ? Tu veux \u00eatre la deuxi\u00e8me honte de cette famille ? Le Bon Dieu te donne la chance d\u2019avoir un vrai homme, capable de te prendre en charge et de r\u00e9gler d\u00e9finitivement les besoins de notre famille, et tu veux cracher dessus ? Buguma, ne comprends-tu pas que \u2018Goor Yombul\u2019[19] ? Tant que tu ne reviendras pas \u00e0 la raison, je ne veux plus te voir. Je veux que tu d\u00e9gages de ma maison et surtout ne laisse aucune miette de tes id\u00e9es de f\u00e9ministe occidentale d\u00e9sorient\u00e9e dans cette maison.\u2019 Puis elle lui avait crach\u00e9 au visage et \u00e9tait sortie.n&nbsp;****nBuguma &nbsp;inspira profond\u00e9ment en pensa en son for int\u00e9rieur : \u2018si \u00eatre f\u00e9ministe, c\u2019est refuser d\u2019\u00eatre \u00e9trang\u00e8re \u00e0 mon propre mariage et \u00e0 ma vie, si \u00eatre f\u00e9ministe c\u2019est me battre pour ne pas \u00eatre une citoyenne de seconde classe, si \u00eatre f\u00e9ministe, c\u2019est refuser d\u2019\u00eatre trait\u00e9e comme de la merde par une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale qui \u00e9tablit des privil\u00e8ges pour certains et asservit l\u2019autre moiti\u00e9 de la population, alors je suis f\u00e9ministe maman.\u2019 Buguma &nbsp;se regarda encore dans le miroir, elle avait envelopp\u00e9 ses longs locks dans un foulard assorti \u00e0 sa tenue de wax \u2018woodin\u2019 que son fr\u00e8re Malamin lui avait offert. Elle pensa \u00e0 lui nostalgique, Malamin le ch\u00f4meur \u00e0 qui sa m\u00e8re &nbsp;passait tous les caprices. Malamin, son petit fr\u00e8re qui avait le droit de sortir n\u2019importe quand et revenait \u00e0 des heures indues alors que son couvre-feu \u00e0 elle \u00e9tait 19h30. &nbsp;Malamin dont elle lavait les habits avant que Ndayu-Mbilligi ne d\u00e9cide de lui trouver une petite bonne comme il grandissait. Buguma et Maajigeen \u00e9tait leur propre bonne, car elles \u00e9taient des jeunes filles \u2018appel\u00e9es \u00e0 \u00eatre des \u00e9pouses respectables\u2019, d\u2019ailleurs Buguma \u00e9tait contre le principe d\u2019avoir une bonne chez soi, car ces derni\u00e8res \u00e9taient pay\u00e9es une mis\u00e8re, et trait\u00e9es de mani\u00e8re tr\u00e8s injuste par des patronnes qui cherchaient \u00e0 maximiser leur budget. Malamin, qui dormait jusqu\u2019\u00e0 13h tous les jours et ne se r\u00e9veillait que pour manger dans la maison familiale qu\u2019il appelait son \u2018B&amp;B\u2019, son \u2018Bed &amp; Breakfast\u2019[20]. Les larmes lui aveuglaient la vue quand elle pensa \u00e0 combien son fr\u00e8re lui manquait. Elle pensa au fait qu\u2019elle n\u2019avait plus aucune nouvelle de lui depuis plus de deux ans. Depuis que sa m\u00e8re l\u2019avait jet\u00e9 \u00e0 la rue quand elle avait d\u00e9couvert son secret. C\u2019est ainsi que la soci\u00e9t\u00e9 galguisennaise g\u00e9rait ce qu\u2019elle ne voulait pas comprendre : la fuite, le m\u00e9pris et le rejet au lieu de promouvoir le dialogue o\u00f9 de chercher \u00e0 comprendre. Comprendre que certains \u2018maux\u2019 de la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019en sont pas. Que ce sont les mots qui cr\u00e9ent les maux.nLa porte s\u2019ouvrit soudain. Buguma n\u2019en revenait pas. Malamin \u00e9tait la devant lui, en habits de marabout. Il \u00e9tait accompagn\u00e9 d\u2019une autre personne surement le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 qui la fixait intens\u00e9ment. &nbsp;Le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de Figaalgiteene, Buursaayna n\u2019arrivait pas \u00e0 d\u00e9tacher son regard de Buguma, la jeune femme que Serign-Kemtaan-Men-Lepp lui avait recommand\u00e9e d\u2019\u00e9pouser. \u2018L\u2019\u00e9lue\u2019 qui devait r\u00e9soudre ses probl\u00e8mes mais qui avait humili\u00e9 ses parents le jour o\u00f9 ils se sont pr\u00e9sent\u00e9s chez &nbsp;Ndayu-Mbilligi, sa m\u00e8re, pour c\u00e9l\u00e9brer leur union.nLEXIQUE DES NOMS PROPRES:[21]nSerign-Kemtaan-Men-Lepp : Le marabout-omnipotent-faiseur de miracles\u2019<br \/>Figaalgiteene : L\u00e0 o\u00f9 tout est pire<br \/>Ndayu-Mbilligi : La principale concern\u00e9e, la coupable<br \/>Buguma : Pr\u00e9nom f\u00e9minin, litt\u00e9ralement : \u2018je refuse\u2019, \u2018je n\u2019en veux pas\u2019<br \/>Buursaayna : Le roi est mort<br \/>Nguur : Gouvernement en wolof<br \/>Taawbugoor : L\u2019ain\u00e9 de sexe masculin<br \/>Maajigeen : Pr\u00e9nom f\u00e9minin, choisi dans ce texte par ce qu\u2019il contient le mot femme en wolof : \u2018jigeen\u2019<br \/>Ndakaaru : Ville imaginaire, Dakar en wolof<br \/>Kolodel : R\u00e9sidence universitaire pour jeunes filles imaginaire construit sur une wolofisation de l\u2019actuelle r\u00e9sidence Claudel \u00e0 Dakar<br \/>Ndate Yalla (Mboj) : Derni\u00e8re Lingeer (Reine) du Royaume du Walo, un ancien royaume du S\u00e9n\u00e9gal. Elle fut une combattante, une \u00e9ducatrice, une m\u00e8re et une figure embl\u00e9matique de la r\u00e9sistance coloniale.<br \/>Nadem Nademademdem : Refrain wolof scand\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral dans les manifestations politiques ou publiques et signifiant : \u2018Qu\u2019il (ou elle) parte! Qu\u2019il (ou elle) parte! Qu\u2019il (ou elle) parte! (Nous n\u2019en voulons plus comme dirigeant (e).<br \/>Alaaji Zolikeer : Elhadj est le titre donn\u00e9 \u00e0 tout homme qui a effectu\u00e9 le p\u00e8lerinage \u00e0 la Mecque, ce terme est wolofis\u00e9 dans ce texte et de m\u00eame que \u2018Zoliker\u2019 : Joli-c\u0153ur en fran\u00e7ais, s\u00e9ducteur<br \/>Saer-B\u00ebn\u00eble : Saer-le-gourmand<br \/>Yunuss D\u00ebg\u00ebr-Bopp : Yunuss-le-t\u00eatu<br \/>Patdwa : Quartier imaginaire, pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une wolofisation de l\u2019actuel quartier de la \u2018Patte d\u2019Oie\u2019 \u00e0 Dakar<br \/>Sitedeezo : Quartier imaginaire, pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une wolofisation de l\u2019actuel quartier de la \u2018Cit\u00e9 des Eaux\u2019 \u00e0 Dakar<br \/>Garan-Medin : Quartier imaginaire, pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une wolofisation de l\u2019actuel quartier de \u2018Grand-M\u00e9dine\u2019 \u00e0 Dakar<br \/>Parcelles-Yi-Dessee-Set : Quartier imaginaire, construit par opposition \u00e0 l\u2019actuel quartier de la banlieue de Dakar, \u2018les Parcelles Assainies\u2019 qui ne sont pas aussi propres que leur nom le laisse penser.<br \/>Buur : Roi (Reine) ou Pr\u00e9sident-e<br \/>Ellari Kiris-Koros : Nom imaginaire, Kiris-Koros est une wolofisation du groupe de rap am\u00e9ricain des ann\u00e9es 90, Kriss Kross<br \/>Nitki Sarkastik : Nom imaginaire, litt\u00e9ralement : l\u2019homme sarcastique<br \/>Saa-baay-a-g\u00ebn-sa-bos : Nom imaginaire, litt\u00e9ralement : \u2018Mon p\u00e8re vaut mieux que le tien\u2019<br \/>Bajjan : La marraine<br \/>Mayekat-bi : le marieur (le donneur en mariage)<br \/>Kilif\u00eb-Kogn-bi : le responsable du quartier<br \/>Xaritu-benn-Bakkan : l\u2019ami de longue date<br \/>Goor Yombul : Litt\u00e9ralement : \u2018un homme vaut cher\u2019 signifie que tous les hommes ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s comme \u2018hommes\u2019, renvoie \u00e0 la construction de la masculinit\u00e9 en fonction de la \u2018capacit\u00e9\u2019 \u00e0 \u00eatre homme. Cette capacit\u00e9 est socialement d\u00e9finie en termes de pouvoir \u00e9conomique et sociale, de la capacit\u00e9 \u00e0 se faire respecter des femmes et surtout de la sienne. Cette capacit\u00e9 est aussi d\u00e9finie sexuellement \u00e0 travers la notion de virilit\u00e9 et de sa capacit\u00e9 \u00e0 \u2018avoir\u2019 plusieurs femmes.nPar opposition, la f\u00e9mininit\u00e9 qui d\u00e9finit la construction sociale des attributs propres aux femmes renvoie \u00e0 la soumission, l\u2019ob\u00e9issance, la douceur, etc. Si ces notions de masculinit\u00e9 et de f\u00e9mininit\u00e9 sont quelques peu relatives car d\u00e9finies spatio-temporellement, quelques attributs sont universellement reconnus comme \u2018masculins\u2019 ou comme \u2018f\u00e9minins\u2019. Ce texte illustre ces concepts dans la soci\u00e9t\u00e9 \u2018wolof\u2019.n<link http:\/\/www.africavenir.org\/nc\/archive\/news-archive\/kategorie\/150.html - - \"\u00d6ffnet externen Link in neuem Fenster\">Lire plus<\/link>n<link http:\/\/www.pambazuka.org\/fr - - \"\u00d6ffnet externen Link in neuem Fenster\">Pambazuka<\/link>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e8s qu\u2019elle entendit le mot \u2018takk\u2019, Buguma, perdit pied. \u2018\u2019Takk\u2019\u2019, litt\u00e9ralement, \u2018ligoter\u2019,\u2018enchainer\u2019, ainsi que les autres termes wolof relatifs au mariage, la rebutaient. Elle avait toujours trouv\u00e9 ces mots si peu po\u00e9tiques et r\u00e9v\u00e9lateurs des termes sexistes de l\u2019institution du mariage par rapport \u00e0 la jeune mari\u00e9e, malgr\u00e9 les explications de sa m\u00e8re.nSerign-Kemtaan-Men-Lep [1] &nbsp;se&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[95,107],"tags":[],"class_list":["post-473","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrikanische-perspektiven","category-kolonialismus-und-dekolonisierung"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Pambazuka: Goor Yombul, ou \u00abun homme vaut cher\u00bb Rama Salla Dieng &#8211; AfricAvenir International e.V.<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.africavenir.org\/fr\/pambazuka-goor-yombul-ou-un-homme-vaut-cher-rama-salla-dieng\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Pambazuka: Goor Yombul, ou \u00abun homme vaut cher\u00bb Rama Salla Dieng &#8211; AfricAvenir International e.V.\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"D\u00e8s qu\u2019elle entendit le mot \u2018takk\u2019, Buguma, perdit pied. \u2018\u2019Takk\u2019\u2019, litt\u00e9ralement, \u2018ligoter\u2019,\u2018enchainer\u2019, ainsi que les autres termes wolof relatifs au mariage, la rebutaient. 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