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L'Identité Nationale

Dans un mouvement de résistance au discours sur l’immigration qui a progressivement gangréné le champ politique au cours de ces 30 dernières années et franchi un cap inadmissible sous le dernier mandat présidentiel, Valérie Osouf nous propose dans ce film d’écouter des paroles, en prenant le temps de les laisser se construire, se répondre les unes aux autres et s’articuler. Paroles rarement entendues, celles de sortants de prison étrangers ayant subi la double peine - qui, contrairement à l’effet d’annonce de Nicolas Sarkozy en 2003, existe toujours -, paroles d’élus, de professionnels de la justice ou de chercheurs, paroles qui se recoupent, se complètent et dessinent peu à peu la structure de ce que les Britanniques appellent Institutional Racism et que nous pourrions nommer Xénophobie d’État, traversant ainsi l’une des géographies de notre République : Police, Tribunaux, Préfectures et Prisons. En réfléchissant ainsi le rapport que notre État-Nation entretient avec l’Étranger, L’Identité Nationale nous invite à redéfinir notre position de citoyens et à questionner les contours comme les fondements de notre propre identité française.

Production

Valérie Osouf, Documentary, 95 min., France 2012
Produced by Granit Films

Distribution

Distribution en Allemagne, Suisse et Autriche
Contact: info(at)africavenir.org
Format: BluRay, DVD
Langues: Français avec sous titres anglais
Poster/Photos: Sont envoyés en version digitale sur demande

Synopsis détaillée

Les étrangers représentent 20% de la population carcérale en France. Que recouvre ce chiffre ? Que signifie-t-il ? Parmi ces quelques 12 000 individus, certains viennent d’atterrir, parfois pour fuir des dangers dans leur pays, alors que d’autres ont grandi ici. Certains sont en prison parce qu’ils ont refusé d’embarquer vers un pays d’origine qu’ils connaissent parfois à peine, et partagent leur quotidien en cellule avec des délinquants ou des criminels chevronnés.

Venus des quatre coins du monde ou voisins des mêmes banlieues, ils sont souvent regroupés dans des bâtiments à part, les bâtiments des étrangers, des sans papiers, les bâtiments au pied desquels la police de l’air et des frontières viendra les chercher à la sortie de leur détention s’ils ne sont pas parvenus d’ici-là à régulariser leur situation administrative.

Ces étrangers sont passés par différents corps de nos institutions, qu’ils connaissent souvent bien mieux que nous, Français : les commissariats (ils sont plus contrôlés et plus appréhendés), les tribunaux (ils composent l’écrasante majorité des comparutions immédiates), les préfectures et, pour nos témoins, la prison et les centres de rétention administrative.

Ce film abordera donc les liens entre ces différentes administrations, à travers l’expérience personnelle telle qu’elle sera racontée par ces témoins, mais également en allant à la rencontre d’acteurs de ces instances et d’universitaires capables de nous aider à comprendre davantage leur fonctionnement et la relation – plus ou moins cohérente - qu’elles entretiennent entre elles.

La réalisatrice à propos du film: "Les étrangers en prison sont des figures extrêmes de notre société. Le temps d’un film, l'identité Nationale se propose de bâtir un pont entre « eux » et « nous », afin de construire une réflexion intime et civique sur nos Institutions, mais surtout sur la profondeur de notre degré d’acceptation."

Notes et Critiques

“Si on ne se penche pas sur le sort des étrangers, si on ne voit pas ce que nos lois sont capables de produire, on ne mesure pas l’abaissement de notre degré de démocratie." (Simone Gaboriau, magistrate)

„On cherchera ainsi vainement dans ce film l'illusoire neutralité : il se définit dès le départ comme engagé et ne s'en cache jamais. Mais ses arguments sont taillés au scalpel : ils sont logiques et ils sont humains. Ils dénoncent les régressions du code pénal orchestrées par l'avalanche de lois sur l'immigration qui dénient chaque fois davantage le droit pour les étrangers d'être des citoyens.“ (Olivier Barlet, Africultures)

« Le sujet qu’embrasse Valérie Osouf va au-delà de la ques­tion de la double peine. Il a l’ambi­tion de retra­cer, à tra­vers l’empri­son­ne­ment, prisme per­ti­nent, l’his­toire de l’immi­gra­tion en France. Dans ce film, on fait la queue à la pré­fec­ture avec de nou­veau témoins, on parle avec des délin­quants sortis tout juste de tôle mais également avec un « sans-papier » casa­man­çais se retrou­vant en prison sans autre crime commis que l’entrée illé­gale sur le ter­ri­toire » (Clapnoir)

« Ce film va loin dans la réflexion reflexive. Il est simplement passionnant car le va et vient entre victimes et experts donne corps au mur (etat), l'éclaire de différents faisceaux, et est à l'image de mon négoce entre moi et ce mur : des horreurs subies acceptée dans un monde tellement confortablement dépressif. C'est un grand film documentaire de réflexion qui m'éclaire en effet sur MON identité nationale.... Bravo. A voir absolument!"(Zuschauer, Telerama)

"Félicitations à Valérie Osouf pour son documentaire qui c avec humanité des témoignages justes et poignants. Trés beau travail d'écoute, superbe montage et cadre brillant. A diffuser d'urgence sur les chaînes publiques!" (Zuschauer, Telerama)

„Film précieux qui remet en perspective plus de trente ans de "politique d'immigration" française et fait s'incarner dans des parcours poignants ce qu'on nous présente si souvent sous la forme de chiffres, de directives ou d'application de la loi. Un film qui porte à notre attention cet "angle mort" de notre société qu'est la prison et rappelle au passage quelques vérités (et non ! la France n'est pas un pays avec un gros pourcentage d'étrangers sur son sol...). Un film qui aide à réfléchir un sujet souvent présenté comme passionnel et abordé du simple point de vue du ressenti émotif. Un film qui expose la démarche politique faisant de l'étranger un délinquant. Un film utile, donc.“ (Zuschauer, Telerama)

„Merci a Valerie Osouf, pour ce film, et sa lucidité..Les temoignages et les intervenants sont d une clareté remarquable . La question de comment on est Français, ( ou comment on nait Français) est la vraie question de la République . On ne peut pas s 'en revendiquer, et adopter une attitude sans cesse contradictoire de rejet, et d 'exclusion . A voir absolument !“(Zuschauer, Telerama)

Directrice: Valérie Osouf

Après un bref séjour en facs d’Histoire et de Philo et une formation théâtrale chez Véronique Nordey, elle part vivre quelques années à Dakar, où elle réalise Sans Commentaire – le pays où l’on n’arrive jamais, avec des Sénégalais expulsés de France. S’ensuivent un master en journalisme, quelques années de presse radio et d’assistanat à la réalisation et une formation en scénario à la Fémis. En 2008, elle coréalise avec Gaëlle Le Roy Cameroun, Autopsie d’une Indépendance. Depuis, elle écrit son premier scénario de long-métrage de fiction, Marie et Djibril, un drame conjugal autour des résonances intimes de la politique d’immigration. En parallèle, elle développe avec le producteur Paul Saadoun Guns of Brixton, un documentaire historique et musical sur les émeutes londoniennes de 1981. De manière générale, Valérie Osouf travaille sur les échos contemporains de l’Histoire coloniale. Né de l’initiative d’Audrey Kiéfer, alors bénévole à la commission prison de La Cimade, produit par Granit Films, société fondée avec les cinéastes Newton I. Aduaka et Alain Gomis, L’Identité Nationale est son premier long-métrage.

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